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LA CROIX DU BENIN

 

Par l'Abbé André S. Quenum

31 janvier 2009

 

Cuillère, louche et chaudière au Bénin

 

Dans une conférence de presse qui fera date dans les annales crépusculaires du parti de la Renaissance du Bénin, le député Epiphane Quenum a décrit la situation de son parti par la métaphore de la chaudière, qu’il a eu la succulente précision de traduire en fon : « ganzin » !

 

Comme la chaudière qui est bonne à aller sur le feu pour faire cuire le repas, mais trop crasseuse pour être digne d’aller à table, la RB serait, selon l’honorable, la grande perdante au sein des G et F. Cette image serait la clef de lecture de la cassure que connaît la coalition et qui s’aggrave de jour en jour depuis le vote du budget général de l’Etat 2009. Des images de breuvage au compte  desquelles on allait «à la rivière» hier, aux imageries de cuillère, de louche et de chaudière, il ne manquera bientôt aucun ustensile de cuisine ni couvert de table pour consolider la conception de «la politique du ventre», dans la conscience collective d’une nation où, à en croire certaines de nos langues, la vie se mange comme la nourriture et vice versa. Que la bouche parle de l’abondance du cœur, on ne le sait que trop. Pourtant, cela ne suffirait point comme raison valable pour ne pas s’inquiéter de la facilité avec laquelle les politiciens eux-mêmes recourent au registre de la manducation pour puiser des analogies sur la politique, lorsqu’ils s’attaquent ou se défendent.


Du reste, il aurait fallu les remercier de cette franchise publique si ce n’est qu’ils en parlent pour se discuter sur qui mangeraient mieux que les autres selon que la mesure ou la position de service est la cuillère, la louche ou la chaudière.

 

 Maintenant, la rivière longtemps séchée, «Ganzin» réclame son tour de table. C’est dans ce moment et ce mouvement qu’il faut s’arrêter et réfléchir. Deux questions à contempler. Qui trouve son intérêt dans l’éclatement des G et F, dans l’émiettement des anciens grands partis et dans la multiplication et la montée des mouvements politico-socio-ethno-religieux ? Sans aller au fond des questions dont certains ne veulent pas qu’on parle, la coalition des partis de l’opposition non déclarée peut-elle tenir et compter ? Un avertissement pour ne pas conclure : l’embrouillamini politique dans lequel s’enfonce notre pays ne servira aucun camp, certainement pas la démocratie.

 

Abbé André S. Quenum

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Tag(s) : #EDITORIAL
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