Direction des services de liaison et de la documentation (dsld)
vendredi 20 février 2009, par DP Le Grand Journal
La Direction des services de liaison et de la documentation DSLD communément appelée services des renseignements n’a plus de titulaire depuis juillet 2008. A la tête de cette structure névralgique pour le contrôle efficace des leviers du pouvoir, Boni Yayi veut jeter son dévolu sur Patrice Houssou Guêdê.
Titus FOLLY
Le président de la République pourrait bientôt mettre un terme à l’Intérim du colonel Toui à la tête de la DSLD, une structure qui est sous la coupole du chef de l’Etat. Depuis juillet de l’année dernière et même depuis l’avènement de Boni Yayi, cette direction et ses actuels patrons ont été inefficaces sur plusieurs dossiers surtout en ce qui concerne le hold up sanglant de Dantokpa du 21 novembre dernier. C’est pour cela que le chef de l’Etat veut insuffler à cette direction un nouvel élan. Dans la course à la succession, Boni Yayi, selon les informations ébruitées par le premier cercle du pavillon stratégique du Palais serait entrain de privilégier la piste du colonel à la retraite Houssou Guêdê.
Si le premier magistrat tente de recourir à l’actuel maire de Calavi, c’est pour plusieurs raisons. D’abord sur le plan professionnel, cet officier formé dans les écoles soviétiques les plus rompues d’alors a des qualités intrinsèques à revendre.
En effet Patrice Houssou Guêdê, en matière de renseignement n’a pas d’égal au Bénin. Ces appréciations n’émanent pas d’un non averti comme nous, mais des experts occidentaux très circonspects en matière d’éloges à l’égard de leurs confrères du sud. Les lauréoles tiennent à son efficacité dans la maîtrise des canaux de recoupement de l’information concernant la sécurité en générale, mais surtout de la sécurité d’Etat en particulier.
Aussi faut-il tabler sur sa longévité à la tête de cette structure (1996- 2005), structure qu’il a formatée à sa guise à travers des réformes salutaires. Mais si ce parcours intéresse à plus d’un titre Boni Yayi, c’est surtout pour des raisons stratégiquement politiques. En effet à deux ans de 2011, le président de la République dont le pouvoir est de plus en plus sclérosé du fait des coups de boutoirs de l’opposition a besoin d’un homme de la trempe du colonel de Houssou Guêdê pour connaître les stratégies électorales de ses rivaux politiques. Cet orfèvre, en 10 ans de gestion de la DSLD est une boîte à mémoire, une immense mine d’or d’éléments d’appréciation contre tous les pontes de l’opposition. Toute chose qui pourrait susciter la convoitise du chef de l’Etat pour déstabiliser ses adversaires qui ont le vent en poupe pour 2011.
Depuis que les indiscrétions ont cours sur cette bouée de sauvetage que recherche le chef de l’Etat, certains observateurs se demandent si dans le contexte actuel, le colonel Houssou va t-il accepter de jouer ce rôle d’ours qu’on veut lui confier ? Dans leur majorité, ils sont sceptiques quant à la matérialisation de ce projet du chef de l’Etat. Leur premier argument se fonde sur la grille de lecture que pourrait avoir Mathieu Kérékou, qui ces derniers temps est très remonté suite aux insinuations et allégations de la ministre Madougou. Boni Yayi dans ces conditions peut-il encore pousser le bouchon loin en provoquant Mathieu Kérékou par la nomination de Patrice Houssou Guêdê qu’il a, rappelons-le, congédié en octobre 2005. La seconde raison qui fait que le Colonel pourrait rejeter l’offre, c’est qu’il occupe aujourd’hui, une place de choix en matière de décentralisation dans la gestion de la seconde ville démographique du Bénin qu’est Calavi. Va-t-il donner son accord de principe pour laisser ce chantier de développement endogène à la base pour retourner à la DSLD où après quatre ans, il doit être déconnecté.
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