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Bénin: 3 ans + 2 ans de campagne

 

LA CROIX DU BENIN - 10 avril 2009

 

Par l'Abbé André S. Quenum

 Est-il possible de changer le Bénin par des activités ininterrompues de campagne politique ? Après 3 ans d’observation et face à deux ans d’appréhension, la question mérite d’être posée pour aider à comprendre qu’il ne suffit pas, en guise de bilan, de faire la liste de chantiers attaqués en 3 ans. Il faut aussi apprécier la manière dont notre société change. Et voici ce que devient une société en perpétuelle campagne. Elle est traversée par une contradiction mal gérée entre, d’une part, la satisfaction immédiate de certains besoins ponctuels par un gouvernement toujours en campagne et, d’autre part, la résolution, grâce à la contribution de tous, des problèmes de société au niveau des structures, des institutions, des habitudes collectives et des systèmes sociaux.


Pour se maintenir en campagne, l’Etat providence débourse sa «valise  enchantée» (pour citer un maire) et la générosité du «docteur» se poursuit au gré de ses humeurs et de ses impulsions, avec l’encouragement des localités au sein desquelles on s’organise et on rivalise pour les cérémonies de remerciement et les marches de soutien. Il vaut mieux ne pas demander d’où vient l’argent qui finance toutes ces démonstrations incessantes. Car on n’est pas sans le savoir. Il vaut mieux se contenter de remarquer, pour le regretter et pour y trouver un indice important, que la machine de communication et le discours officiel n’ont guère cru avoir besoin de communiquer, d’abord aux leaders mais aussi aux citoyens, les messages moins populaires et pourtant indispensables, comme, par exemple, plus de patience, plus de rigueur, plus de sacrifices. Car il faut alors sortir de la campagne pour de tels messages. Il faut alors vouloir vraiment résoudre les problèmes à leur racine et dans le long terme, et non en traiter des symptômes. Il faut alors vouloir enclencher la phase difficile d’un travail plus méthodique, plus systématique et plus long. Notre changement est si facile, si glorieux, si triomphal qu’il faut se poser des questions.

Qui ne se rappelle avec quelle rapidité, le soir même de son élection, Barack Obama est passé du langage enflammé de la campagne au réalisme de la gestion d’un pouvoir ? Prends garde, Bénin.   

Abbé André S. Quenum

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Tag(s) : #EDITORIAL
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