MALVERSATIONS AU DEPÔT DOUANE PORT : Les Colonels Françis KAKAÏ GLELE et BAWA Limogés
14 avr, 2009 | Par lautrefrat | Rubrique : A La Une, Nation
Contrairement à une rumeur qui se fait assez persistante, il est à noter que pour une fois encore le chef de l’Etat, le Dr Boni YAYI, n’a pas du tout hésité à remettre un peu d’ordre dans l’administration douanière en faisant relever de leurs fonctions le colonel Françis K.GLELE ainsi que l’administrateur des douanes BAWA, désormais ex chef dépôt douanes port de Cotonou.
Arthur SETONDJI
Informé de ce que la magouille comme corollaire de la haute corruption s’est incrustée au port, Boni YAYI n’a pas mis les gants pour essayer de remettre quelques pendules à l’heure.
Pour l’instant le calme semble quelque peu revenir dans le rang des importateurs qui avaient complètement perdu tout espoir dans le système de prédation mis en place par de très hauts cadres de la douane avec la sainte bénédiction de quelques brebis galeuses puissamment installées dans le premier cercle autour du chef de l’Etat.
Faut-il encore rappeler que l’orthodoxie en matière de respect des textes régissant la procédure de confiscation des marchandises admises sous dépôt n’était plus du tout à l’ordre du jour.
Beaucoup de dysfonctionnements se sont introduits dans la machine et personne n’a visiblement envie d’y mettre un terme. Surtout pas le ministre des finances.
De la présidence de la république au ministère des finances, des mains souillées interviennent et donnent leur onction afin que d’honnêtes importateurs soient dépossédés de leurs biens sans le moindre souci de leur donner une seule chance de récupérer les miettes lors des simulacres de ventes aux enchères, conformément aux dispositions réglementaires toujours en vigueur, non seulement au Bénin mais également dans les autres pays membres de l’UEMOA.
Boni YAYI doit identifier et punir tous les coupables
Pour la plupart des acteurs du secteur portuaire donc, Boni YAYI vient de redonner espoir à cette multitude qui n’a jamais pu trouver une oreille attentive à leurs gémissements qui ne faisaient qu’amuser les princes des différents régimes qui se sont succédé depuis environ une vingtaine d’années.
Mais, avouent certains, Boni YAYI ne doit pas sacrifier les seconds couteaux car les véritables instigateurs de cette pratique qui ressemble beaucoup plus à du vol et à un délit d’initiés qu’aux ventes aux enchères sont toujours des très proches de tous les régimes. Aussi est-il impérieux que le chef du gouvernement accorde une attention plus discrète au fonctionnement de toutes les régies financières de notre pays.
Quant à la douane, il n’est plus un seul doute que le mal a ses racines assez profondes et que les simples limogeages de quelques fonctionnaires fautifs ne saurait corriger le tir. Une réforme structurelle devient obligatoire à la douane, surtout au dépôt. C’est à un suivi régulier des activités au dépôt que le chef de l’Etat doit impérativement s’astreindre afin que l’année 2009 ne soit pas celle des plus grandes désillusions budgétaires.
Lorsqu’on sait que la masse salariale au Bénin est passée de 143 milliards FCFA en 2007 à 218 milliards FCFA en 2009 en passant par l’année 2008 où ce chiffre culminait à 182 milliards FCFA, on imagine ce que l’Etat pourrait encaisser sur les comptes bancaires du trésor public de notre pays si la discipline et le respect des textes deviennent le bréviaire de tous les disciples de St Mathieu.
Mais le chemin sera long si le Dr Boni YAYI ne mette la pression et ne fasse le ménage dans son entourage immédiat mais aussi et surtout au ministère des finances qui implicitement n’arrive point à assainir le milieu douanier. Tout porte à croire que rien ne peut plus venir de ce côté-là si effectivement le pouvoir veut de l’ordre dans la gestion de cette névralgique régie financière.
Le quota alloué à la douane de notre pays peut normalement être atteint et devrait dépasser ce taux ridicule si on estime les pertes enregistrées pour cause de concussion et de prévarication notoires à tous les cordons douaniers. C’est, d’ailleurs, l’une des conditions pour que la confiance revienne totalement entre opérateurs économiques et administration douanière après tant d’années de ventes aux enchères purement sauvages.
Voici un cas palpable de vente aux enchères (vol) fantaisiste
Un société que allons appelée par X et implantée dans un pays voisin au Bénin importe un conteneur d’huile végétale. Le navire transportant cette marchandise accoste à la date du 25 septembre 2008.
Si nous considérons que cette marchandise bénéficie de 10 (dix) jours de franchise et de 120 (cent vingt) jours avant d’être admise sous dépôt, on découvre l’horreur qui se commet au quotidien au dépôt des douanes du port autonome de Cotonou.
Pourquoi parler d’horreur ?
Dans les jours qui ont suivi le débarquement de ce conteneur, le propriétaire de la marchandise effectue normalement toutes les formalités et s’acquitte de tous les frais comme en témoignent les documents ci-dessous. Rien que le dédouanement lui a coûté la bagatelle de 4.374.990 (quatre millions trois cent soixante quatorze mille neuf cent quatre vingt dix) franc CFA. Ce montant fut payé contre quittance douanière N° R 336392 du 17 novembre 2008.
Si nous considérons qu’avant que le dépôt ne frappe une marchandise celle-ci doit avoir séjourné plus de 120 jours (trois mois calendaires), on pourrait envisager, tout au moins, que ce conteneur ne pourrait être confisqué qu’après le 25 décembre 2008 à savoir trois mois après le 25 septembre 2008, date de son débarquement.
Mais quelle n’a été la surprise de l’importateur lorsque son transitaire (Trancis Bénin) lui annonce après le payement de ces frais que la douane déclare avoir déjà vendu aux enchères ce conteneur d’huile végétale ! Voilà comment les douaniers béninois opèrent au dépôt. Pur vol avec la complicité de personnalités toujours dans les rangs du pouvoir.
Ce commerçant, un étranger, n’avait alors d’yeux que pour pleurer sa douleur, en attendant de confier, éventuellement, ce dossier bien sulfureux à la justice. Mais faut-il recourir d’abord à la justice dont tout le monde reconnaît la lenteur et la lourdeur avant de poursuivre son commerce ?
Seul Boni YAYI pourra convenablement répondre à cette légitime interrogation quand bien même il ne serait pas l’auteur direct de ces actes de vandalisme perpétrés par ses proches. Le risque est donc devenu très grand pour la destination Cotonou pour les importateurs de la sous région singulièrement ceux de l’hinterland qui ont compris progressivement que c’est l’administration douanière béninoise qui s’est érigée en vampire pour les tuer.
Dans ces conditions on peut imaginer la réticence des opérateurs économiques qui entourent notre pays à venir à leur « Port naturel », pendant que la Côte d’Ivoire et le Togo leur déroulent le tapis rouge. balle est résolument dans le camp du Dr Boni YAYI.
A suivre
ENCADRE
De sources généralement dignes de foi, le colonel Françis KAKAÏ GLELE et son collègue BAWA sont effectivement relevés de leurs fonctions respectives de Directeur Régional Atlantique et Littoral des Douanes béninoises (puis affecté au Secrétariat Général du Ministère de l’Economie et des Finances) tandis que l’ex Chef Dépôt, BAWA, est simplement retourné à la Recette Cotonou Port d’où il quitta pour le Dépôt.
Aux dernières nouvelles, Françis K. GLELE pourrait introduire une demande en congés réglementaires de trois mois qui aboutiront au 1er juillet 2009 où l’intéressé devrait, en principe, faire valoir ses droits légitimes à la retraite après de « bons et loyaux » services rendus aux opérateurs économiques qui ont choisi le Bénin comme destination de leurs marchandises. Souhaitons à BAWA plus de respect des textes qui régissent sa profession et que la sagesse prenne le pas sur les autres considérations.
Pour leurs collègues, ces deux cadres de la Douane sont de bons vivants qui ont pratiquement leur cœur dans la main. Ils auraient été victimes des chants de sirène de quelques brebis galeuses qui se sont introduites dans le changement afin de corrompre ce beau concept.
René LOKOTIN
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