23-04-2009 - FRATERNITE
Le monde politique en pleine ébullition laisse envisager la présidentielle de 2011 sous l’angle de la recomposition. Le paysage aux attributs des cauris et des G et F est exposé à des impondérables aux effets déterminants dans les combats politiciens. Les signes avant coureurs des bouleversements font grimper les sensations. C’est de l’Assemblée nationale, siège de la politique, que proviennent les premières fumées de l’alerte avec le marché fumant de la transhumance. Les transactions se font à un rythme vertigineux avec des sommes parfois astronomiques. Depuis que Orou Sé Guéné et Zéphirin Kinjanhoundé ont retourné costume, pantalon et chaussures, la kermesse des transfuges connaît une belle animation. Dans ce contexte, l’échelle des valeurs se resserre. Personne ne veut être à la remorque. Des particularités contractuelles avec les acheteurs de députés viennent établir la valeur marchande des élus, objet de vente. La politique droguée par les intérêts et l’égotisme fait flamber les passions dans la grille des coups les plus imprévisibles.
Mais le nomadisme ne peut s’expliquer par la seule quête de plus-value. La gestion du changement produit un océan de frustrations. Les effets conjugués de l’instinct alimentaire et la déception politique réservent d’énormes surprises pour 2011. Aucun parti ou alliance politique ne peut se vanter d’être à l’abri des secousses. Mouvance et opposition sont toutes frappées de fissures. Les défections sont en puissance. Reste à les dénombrer en actes.
Le bloc des G et F continue d’augmenter la dose de peinture pour cacher l’état de son architecture. Mais la renaissance du Bénin doit gérer les soucis financiers qui amènent à voter par erreur en faveur de la cause Fcbe et combattre le devoir de mémoire à l’origine du louvoiement et des appétits gouvernementaux. Le Madep réussirait un grand coup à nous convaincre de la nécessité d’une présence de son secrétaire général et d’un de ses députés au gouvernement Fcbe. Le Prd et Le Psd devraient démontrer, sans bluff, que les anciens faiseurs de roi, ont des ressources pour protéger leurs cadres contre les ondes des milliards de la transhumance. Pour Force-Clé, le maintien de la cohésion du groupe impose des sacrifices et le dégoût face à l’argent. Et le G13 doit éviter que le méga transfert de l’année fasse école.
Même Fcbe, l’hôte privilégié au banquet du changement masque mal ses lézardes. Elle ressemble fort bien à un château de cartes exposé en permanence à l’écroulement facile. La famille cauri en plein doute soigne désespérément son image malgré des voix internes peu enthousiastes. Le coup de gueule d’André Dassoundo sur le mensonge à Fcbe et les fausses fiches faites au chef de l’Etat, l’intervention à contre-courant de Janvier Yahouédéou au conseil national de l’Undp et les réserves d’Edgar Alia ainsi que le marmonnement de certains députés cauris apportent la preuve du malaise dans le camp du pouvoir.
La jungle politique est en mouvement et toutes les espèces se battent pour survivre. Le débauchage revient d’emblée au cœur de la politique et parraine la transhumance. Les déplacements pourraient s’intensifier les prochains mois .Les alliances et autres regroupements sont menacés de précarité du fait d’une présidentielle à plusieurs inconnues. Avant l’indécise échéance de 2011, la politique aura déjà livré ses secrets et on saura qui restera avec Boni Yayi et qui ne quittera pas G et F et ceux là qui feront la campagne en félons de la politique.
Sulpice O. Gbaguidi
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