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lundi 22 juin 2009, par dp 24 H

 
 
Acquisition de l’avion présidentiel:
Tension entre Boni Yayi et Robert Gbian ( Des têtes doivent tomber)

 
Les dénonciations de votre journal sur les insuffisances de l’avion présidentiel commencent par porter leur fruit. De sources crédibles, on apprend que le Chef de l’Etat Boni Yayi a adressé dans la soirée du vendredi 19 juin 2009, une demande d’explication à son directeur de cabinet militaire, le Général Robert Gbian qui a joué un rôle très déterminant dans l’acquisition ou la réparation du très controversé Boeing 727-200.
 

Moins d’un mois après sa réception à Cotonou, le Boeing 727-200 du Bénin est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport Bernardin Cardinal Gantin pour des raisons qu’on ignore. Pour ses deux derniers voyages au Nigéria et surtout au Gabon, le président de la République a été obligé de recourir à un avion de ligne. Un autre camouflet pour le régime du Changement lorsqu’on se rappelle du tapage médiatique fait par le gouvernement pour justifier l’acquisition de cet appareil. Cet énième scandale qui fragilise le pouvoir exécutif en proie à une vague de contestation sociale, a obligé le président de la République Boni Yayi à demander des explications à son directeur de cabinet militaire, le Général Robert Gbian. C’est dans la soirée du vendredi 19 juin 2009 que la nouvelle est tombée. Le directeur de cabinet militaire est sommé par la Haute Autorité de lui faire le point détaillé de toutes les opérations effectuées sur cet aéronef. Selon des sources bien informées, le mécontentement du Chef de l’Etat est tellement profond qu’il aurait refusé de rencontrer tous les émissaires envoyés par son directeur de cabinet militaire pour le dissuader. Il y a donc une crise de confiance entre les deux hommes. Une situation qui va s’empirer dans les jours à venir lorsqu’on apprend que la Représentation nationale se prépare à interpeller le gouvernement sur ce sujet.

 

Des points à éclaircir

 

Pour l’instant, personne ne peut dire avec exactitude les raisons de l’immobilisation de l’aéronef présidentiel. On parle tantôt de son coût d’exploitation (ce que votre journal a dénoncé avec vigueur compte tenu de l’âge de l’appareil), tantôt de panne technique. En attendant les réactions officielles sur ce sujet, il convient de rappeler que le premier vol inaugural du Boeing 727-200 a eu lieu le 9 février 1963. La chaîne de production a été arrêtée en 1984. C’est dire que cet avion a au moins vingt cinq ans d’âge. Il est de vieille génération et donc vieux. Or, il est de règle en aéronautique qu’une vieille génération d’aéronefs plus grand âge de l’appareil entraine maintenance délicate, souvent onéreuse et un faible taux de disponibilité de l’aéronef (fréquences des petites pannes, entretien etc…). C’est cette vérité que certaines personnes ont caché au Chef de l’Etat. Aujourd’hui le pot au rose est découvert et les sanctions doivent tomber.

 

Etablir les responsabilités

 

Dès son retour à Cotonou à bord du Boeing 727-200 suite à un long séjour de plus de deux mois en Espagne, le général Gbian avait déclaré que l’appareil a subi des aménagements intérieurs en Espagne pour se conformer aux normes présidentielles. Certaines sources indiquent qu’on l’aurait même équipé des balises anti-missiles. Autant de dépenses de prestige qui auraient augmenté le coup de réparation estimé à plus de 7 milliards de francs Cfa selon la presse. Pour les spécialistes en aéronautique, l’essentiel n’est pas l’habillage intérieur (présidentiel ou pas) comme on a voulu le faire croire à l’opinion publique. C’est plutôt la coque, les moteurs, l’avionic, la nature des commandes etc. A ce jour, des informations sur la fiche technique de l’avion, sa date de mise en service et surtout les conditions de son acquisition demeurent un mystère. Le Général Robert Gbian et surtout le ministre porte-parole du gouvernement sont restés muets depuis que votre journal a dans son numéro 116 du mardi 2 juin 2009 montré les limites techniques de l’appareil. Compte tenu des multiples points d’ombre que présente ce dossier, la réaction du Chef de l’Etat viendrait à point nommé. On espère que ce ne sera pas un effet d’annonce comme on a eu à le constater dans plusieurs dossiers par le passé où les mis en cause demeurent dans le dispositif politique du président de la République.

Judicaël ZOHOUN



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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