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  Suite aux révélations de la Bceao: Les causes de la crise financière au Bénin

 

22 juin 2009 - LEMATINAL

 

Les indicateurs sont au rouge. La direction locale de la Bceao l’a confirmé vendredi dernier. La situation qui n’a en fait rien à voir avec la crise financière mondiale, peut s’expliquer par plusieurs raisons.



Ce sont d’abord les récentes mesures de reversement de plusieurs agents dans la fonction publique pour résorber la pénurie de personnel dans tous les secteurs d’activité. S’il est un fait que les besoins sont réels, il faut reconnaître que la décision n’a pas tenu compte des capacités de l’Etat à payer tout ce monde. Avant, dans les écoles, c’étaient les parents d’élèves qui se cotisaient pour le paiement des enseignants vacataires et communautaires dont le nombre crève l’œil. Et le gouvernement qui n’a pas pris soin d’évaluer les coûts de l’opération, a décidé de faire greffer tout ce beau monde sur le budget national. Entre temps, il y a la décision de rendre gratuite l’école alors que tous les contours ne sont pas encore maîtrisés. Dans la foulée, on a parlé de gratuité de l’inscription à l’université, de la gratuité des soins aux enfants de zéro à cinq ans, la gratuité de la césarienne, l’octroi de 30 000 f cfa aux femmes dans le cadre du programme de la micro crédit. Un ensemble de décisions initiées sans une projection. Aujourd’hui, le pays qui doit rechercher les solutions à la crise financière internationale, se trouve face à une difficulté de trésorerie. Parce que les multiples chantiers initiés sans une vision prospective sont confrontés à la baisse drastique des recettes publiques. A cela s’ajoutent, les nouvelles primes qui ont gravement alourdi les charges de l’Etat. Au début, les salaires dans l’enseignement ont connu une augmentation de 25%. A un moment, on parlé des primes spéciales de motivation jamais connues jusque là. Au finish, l’accessoire que constituent les primes dépassent à bien d’égard les salaires. A la douane comme au niveau des autres régies, les espoirs ont été déçus. Pire, la pression fiscale a obligé nombre d’opérateurs économiques à ne plus prendre de risques. Au Port autonome de Cotonou par exemple, le flux des affaires a connu un ralentissement inquiétant. La production du coton sur laquelle on comptait pour faire des prévisions chute de façon exceptionnelle depuis quelques années. Sur les marchés, la mévente et les dettes se sont accumulées. Plusieurs commerçants sont asphyxiés et croupissent sous le poids des dettes et ne peuvent plus honorer leurs engagements vis-à-vis du fisc alors que l’économie béninoise est essentiellement fiscale.   Les dépenses extrabudgétaires   La situation critique actuelle a été renforcée par les multiples dépenses extrabudgétaires au sommet de l’Etat. Pour des raisons de propagandes surtout, le pouvoir ne cesse de faire des dons imprévus aux populations. Selon une source proche du ministère de l’Economie et des finances, il y a eu tellement de sorties de fonds au point où l’on a été obligé de puiser dans toutes les rubriques en violation flagrante du principe de la non affectation. Mieux, on chiffre à plusieurs milliards les multiples voyages du chef de l’Etat à l’extérieur du pays. Les fonds mis dans la réparation de l’avion présidentiel ont contribué à grever les finances publiques. C’est dans ces conditions qu’est intervenue tout dernièrement la grève des praticiens des centres de santé dont la résolution coûte plusieurs milliards au gouvernement. Dans le pays, plusieurs chantiers ont été ouverts au même moment et sans un plan. Selon des observateurs avertis, on tend vers le blocage à tous les niveaux. Parce qu’il n’y a vraiment plus de l’argent pour continuer dans les mêmes lancées. Et si aucune solution n’est trouvée rapidement, les difficultés actuelles de trésorerie peuvent entrainer la cessation de paiement des salaires.   Menaces sur les salaires   Le recours à un collectif budgétaire n’est pas la solution dans le cas présent. Car, une chose est d’obtenir ce collectif budgétaire de l’Assemblée nationale, une autre est de pouvoir trouver les moyens pour le mettre en exécution. Parce que les ressources se raréfient de plus en plus, ce n’est pas une autorisation parlementaire qui permettra une porte de sortie. Pour les experts, c’est seulement la solution de l’abattement des salaires qui peut aider le gouvernement à se tirer d’affaires. Seulement, les abattements pourraient entraîner d’autres crises sociales au moment où les agents de santé n’ont pas vraiment déposé les armes. Et en octobre prochain, on ne pourra plus parler de budget qui dépasse 1000 milliards. Selon les experts, c’est autour de 700 milliards qu’on risque de descendre pour le budget 2010 afin de mieux contenir la situation. 

J-C H (Br.Ouémé Plateau)

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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