Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

 
Bénin: La grève des travailleurs a été largement suivie

Paralysie de l’administration publique : Les menaces de Boni Yayi n’ont pas émoussé l’ardeur des syndicalistes

29 juillet 2009 par La Presse du Jour 

 

Les travailleurs réunis au sein des différentes centrales syndicales du Bénin observent depuis hier 28 juillet 2009 un mouvement de grève de 48 heures pour protester contre la confiscation des libertés syndicales. Visiblement, la menace de défalcation sur les salaires agitée par le gouvernement n’a pas émoussé leur ardeur. Il reste maintenant au Chef de l’Etat d’en tirer les conséquences.
En dehors de quelques services comme le Cnhu où le mouvement n’a pas été suivi à 100 %, la grève de 48 heures déclenchée depuis hier par les centrales syndicales du Bénin pour protester contre la confiscation de leurs libertés chèrement acquises à l’historique conférence des forces vives de la Nation au prix de hautes luttes a connu un grand succès sur toute l’étendue du territoire national. De Cotonou à Malanville en passant Natitingou, Djougou, Abomey, Bohicon, Porto-Novo, Lokossa…les travailleurs ont respecté le mot d’ordre de leurs centrales syndicales respectives. Pour le régime du Dr Boni Yayi qui a menacé de faire des défalcations sur salaire, il faut avouer qu’il s’agit là d’un grand camouflet. D’ailleurs dans sa déclaration à nos confrères de la chaîne de télévision privée Canal 3, le secrétaire général de la Cgtb a dit qu’on a déjà vu des éléphants danser dans ce pays. Son collègue de la Fédération des syndicats du ministère des finances ira loin disant que ce sont eux qui traitent les salaires et que rien ne peut leur arriver. Comme on peut le constater, loin de leur saper le moral, le communiqué diffusé par le gouvernement a plutôt apporté du tonus aux syndicalistes qui s’inscrivent désormais dans une logique jusqu’auboutiste. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à mettre en garde le gouvernement si d’aventure, la marche qu’ils projettent pour le jeudi 30 juillet prochain étaient empêchée comme ce fut le cas le 21 juillet dernier. Visiblement, c’est désormais le bras de fer entre le gouvernement du Dr Boni Yayi et les responsables syndicaux qui reçoivent du soutien de jour en jour.

Affissou Anonrin

 

La grève des travailleurs a été largement suivie


La grève de quarante-huit (48) heures mise en exécution hier mardi a été un succès. C’est du moins l’avis de plusieurs secrétaires généraux qui ont reçu les échos venant du pays profond. Les travailleurs, dans un mouvement d’ensemble, ont observé à travers tout le pays, le mot d’ordre de grève lancé par leurs leaders syndicaux. La conséquence immédiate, c’est la paralysie de l’administration publique. Une paralysie qui, malheureusement, devrait continuer ce jour. A Cotonou, malgré ce que les syndicalistes appellent l’intimidation du gouvernement, aucune administration n’a fonctionné normalement. Que ce soit au ministère des finances et dans ses régies que sont le Trésor, l’Impôt, la Douane, que ce soit au ministère de la fonction publique ou celui de la santé, qu’il s’agisse des entreprises para publiques et autres, les travailleurs n’ont pas cédé aux menaces du communiqué du gouvernement qui qualifie la grève d’illégale et d’illégitime. Mieux, le spectre de la défalcation brandie sur les travailleurs par rapport à leurs salaires, n’a pas émoussé leur ardeur et leur détermination à aller jusqu’au bout. Comme l’ont soutenu certains secrétaires des centrales et confédérations syndicales des travailleurs du Bénin rencontrés à la Bourse du travail hier, la menace du gouvernement a été plutôt source de motivation. On avance même un taux de succès de la grève avoisinant les 95%. S’il est arrivé que même la chaîne de communication publique ne se soit limitée qu’à un service minimum, tout porte à croire que la cause est vraiment entendue. En témoignent les divers courriers adressés aux centrales et confédérations syndicales, pour soutenir le combat des travailleurs.

Denis Magnidet

 

La marche a reçu un large soutien

 

La grève des travailleurs contre la violation des libertés syndicales au Bénin, a eu des soutiens divers. Le plus expressif est celui adressé hier aux secrétaires généraux de la Cstb, de la Cosi, de la Csa-Bénin, de la Cgtb et de l’Unstb, par la Confédération générale du travail (Cgt) de France. La motion de soutien partie de Montreuil le 28 juillet 2009, stipule que  » la Cgt de France, attentive aux luttes que vous menez, vous apporte tout son soutien, particulièrement dans cette période aux difficultés accrues pour les travailleuses et travailleurs béninois…..La Cgt et ses affiliés se retrouvent pleinement dans votre combat contre un gouvernement qui, comme vous l’écriviez avec justesse et pertinence dans votre motion commune,  » s’acharne à noyer les travailleurs et les populations des villages et des quartiers de ville dans les effets meurtriers de cette crise pour sauver le capital financier dont il a la garde et la défense…..Nous vous souhaitons plein succès dans vos revendications …….et vous  demandons de transmettre à tous vos affilié(e)s…l’expression de notre solidarité pleine et entière….  » Outre la Cgt, les centrales syndicales ont aussi reçu le soutien des organisations de la société civile. Hier, elles étaient allées rencontrer les responsables des centrales. A la Bourse du travail où les deux parties ont eu une séance d’écoute et d’échange sur la situation socio politique actuelle au Bénin, notamment celle relative aux atteintes aux libertés individuelles et collectives, il dégage que ces dérives conduisent inexorablement le Bénin vers un recul de la démocratie, de la paix sociale et des autres acquis de la conférence nationale. Face à ceci, il a été décidé, entre autres, de la création des forces positives pour combattre les déviances qui mettent dangereusement en péril nos acquis démocratiques. Les travailleurs de Bénin Télécom Sa, ne sont pas restés en marge des messages de soutien. Pour ceux réunis au sein du Syndicat libre des travailleurs de Bénin Télécom Sa (Syltra-Bt), c’est un combat partagé par tous ses acteurs qui en appellent à la mobilisation de tous les travailleurs pour la marche du jeudi 30 juillet prochain.

Denis Magnidet

 

Des responsables syndicaux apprécient

 

Gaston Azoua, Cstb: Les travailleurs viennent de déclencher une grève pour protester contre la mauvaise gestion du pays et la violation des libertés individuelles et collectives. Ils exigent du gouvernement le respect scrupuleux des libertés démocratiques et syndicales… Je puis vous assurer que la grève est bien suivie sur toute l’étendue du territoire national depuis ce matin. Il suffit de s’en rendre compte à travers toute l’administration centrale des finances, à la Sobemap, à l’Ortb, au ministère de la fonction publique et ailleurs dans les autres ministères. Le peuple ayant compris que nous nous installons progressivement dans un régime totalitaire, il était temps de se lever pour barrer la route à un gouvernement anti-populaire et anti-démocratique. Voilà ce qui explique ce sursaut patriotique national qui dénonce la nature tyrannique du gouvernement.

 

Emmanuel Zounon, Unstb : Nous sommes satisfaits du mouvement de grève. On ne s’attendait pas à un tel résultat. Le communiqué du gouvernement au contraire nous a aidés. A l’Unstb, nous faisons la part entre la lutte politique et la lutte syndicale. Dès lors que les libertés démocratiques sont touchées, il n’y a plus de raison que l’Unstb soit en marge de cette lutte. Et c’est à ce titre que nos militants ont participé à la lutte tant dans les administrations que dans les collectivités locales. Même les tribunaux de première instance, que ce soit à Porto-Novo, à Abomey, à Parakou, à Kandi et à Lokossa sont bloqués. C’est la preuve que le pouvoir appartient aux travailleurs. C’est un signal fort au gouvernement du Dr Boni Yayi qu’il n’a aucun intérêt à bloquer la marche de jeudi prochain. S’agissant de la mesure de défalcation proférée par le gouvernement, c’est un faux-fuyant. Le peuple a compris que le pouvoir est aux abois et qu’on lui cachait quelque chose. La menace de défalcation est apparue comme pour galvaniser l’ardeur des travailleurs. La mesure paraît illégale, puisqu’elle viole le droit des travailleurs. Et ce sont là des dérives sur lesquelles se fondent les travailleurs pour défendre leurs acquis.

 

Dieudonné Lokossou, Csa-Bénin : Le mouvement que nous avons déclenché pour protester contre l’interdiction de la marche du mardi 21 juillet dernier, est suivi par tous les travailleurs. Le constat que nous avons fait nous conforte que le mouvement est suivi à 95%. S’agissant de la mesure de défalcation dont parle le gouvernement, il faut comprendre que c’est une manœuvre dilatoire qui constitue en même temps un élément de motivation supplémentaire pour les travailleurs. Le gouvernement ne s’est pas arrêté à son communiqué. Il a recruté des laquais pour constituer une certaine association des fonctionnaires ni mouvanciers ni opposants, dirigée par un certain Cyriaque Agboton et, une autre union dite de travailleurs libres que dirigerait un certain Guy Lagoyi, des individus que nous ne connaissons pas en tant que syndicalistes… En tout cas, ces menaces de déstabilisation et de brisure  de mouvement se sont heurtées à la résistance des travailleurs qui savent où ils vont. Je crois qu’il faut remercier tous les travailleurs qui ont répondu positivement au mot d’ordre de grève.  Nous rassurons que ce n’est pas une grève dirigée contre un gouvernement, mais contre une pratique que nous avions décriée hier, à savoir la prédation des libertés publiques et des libertés d’expression. C’est cette confusion que fait le gouvernement qui va contre lui, lorsqu’il gère mal les relations sociales en banalisant les travailleurs.

Propos recueillis par Denis Magnidet

Publicité
Tag(s) : #Actualités Béninoises
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :