5 août 2009 par La Presse du Jour
Le mea-culpa de Boni Yayi a secoué les sondages qui lui étaient défavorables dans la capitale économique Cotonou. L’émission du 1er Août 2009, a eu le mérite de présenter le chef de l’Etat comme l’incarnation de l’énergie en mouvement. Le Président a adopté une posture de pécheur au confessionnel. Devant le prête incarné par les caméras qui ont été braquées sur lui, Boni Yayi dans l’angoisse a parlé, mais alors il a beaucoup parlé. Si dans le schéma psychosociologique adopté, ce fut un succès, il n’en demeure pas moins que l’émission a été par endroit, des incendies parcellaires d’indiscrétion.
Certains font passer déjà les épines de l’émission pour des pétales de rose. Le Président de la République, dans le torrent de la parole libre s’est exposé. On peut retenir qu’il préside le conseil des ministres de façon buissonnière ; les ministres violent constamment la charte du gouvernement ; l’Inspection Générale d’Etat est son poignard d’action ; le premier de ses ministres est Pascal Koupaki, la commission » Pognon » a pour mission de réhabiliter Noudégbessi, le Président a déjà fait son opinion, sinon son intime conviction sur le dossier Cen-Sad.
Boni Yayi pourra-t-il réécrire la charte de son gouvernement à dix-huit (18) mois de la présidentielle ? S’imaginer dans un nouveau boubou blanc présidentiel était crucial, mais le redéfinir, c’était redémarrer. Ce sont trois ans de retard dans son » marketing moral » que Boni Yayi doit réaliser en dix-huit mois: disons que seul Hercule ne suffit plus, il faut se référer à Merlin.
Mais bien avant, Shakespeare a dit : » Certains sont nés grands, d’autres parviennent à la grandeur, et d’autres ont la grandeur qu’on leur impose « . Pour Boni Yayi, il importe de lui imposer la méditation de Néhémie2.12 et verset 16 : » Je sortis de nuit…sans avoir dit à personne ce que mon Dieu m’avait mis à cœur d’entreprendre… » Si nous sommes trop bavards, nous ne serons pas dignes de confiance. La Bible dit : » Qui veille sur ses paroles préserve sa vie, mais celui qui ouvre grand la bouche court à sa ruine » (Proverbes 13.3). Retenons que les décisions prises à huit clos doivent être tenues secrètes. Certains entretiens confidentiels ne doivent jamais être étalés sur la place publique. Pour l’avenir de la fonction présidentielle et de celui qui l’incarne, il est de mon devoir de dire cette vérité.
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