| MEURTRE DE CATHERINE PUZEY: Le rapport d’expertise du FBI attendu
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| Écrit par Hénoc ADE
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| 23-08-2009
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| L’affaire de la volontaire américaine du corps de la paix, Catherine Puzey retrouvée sans vie dans sa résidence n’a pas encore révélé son mystère. Voilà bientôt cinq mois que sont incarcérés à la prison civile de Natitingou les nommés Jacques Constant Bio, Jacques Aurélien Bio et Gafari Amoussa suspectés d’être trempés dans l’affaire. Pour les besoins de l’enquête, il a été recommandé une expertise qui est d’ailleurs menée de mains de maître par le FBI. En principe, seuls les experts agréés par les cours d’Appel du Bénin devraient être saisis de ce dossier. En ne suivant pas la procédure de mise, les juges laissent planer un doute sur la réelle indépendance de la justice béninoise. Et c’est à raison que les prévenus soupçonnent les Américains d’exercer des influences sur le gouvernement béninois. Sinon qu’est ce qui justifie le retard observé dans le dépôt du rapport d’expertise sans que le tribunal de Natitingou ne rappelle à l’ordre la partie américaine ? En principe, le délai a expiré depuis le 18 juin. Malgré le rallonge de quinze jours accordée, le juge n’est toujours pas en possession du fameux rapport d’expertise. Ce qui laisse croire que l’on joue les prolongations avec le sort de ces prévenus dont la culpabilité reste à prouver. « Un coupable en liberté vaut mieux qu’un innocent en prison », cette maxime vaut tout son pesant d’or dans le cas d’espèce où les Américains ne rapportent aucune preuve de culpabilité. Aussi est il qu’il urge que la justice se prononce sur les conditions difficiles d’incarcération des prévenus qui font l’objet de tortures physiques et morales. A ce sujet, les dénonciations et autres plaintes adressées au Procureur Général près la Cour d’Appel de Parakou et transmises au ministre de la Justice sont restées lettres mortes. Faire triompher la vérité, éviter le déni de justice Peu de Béninois pourraient aujourd’hui affirmer n’avoir pas, en son temps, entendu parler de Kate, cette volontaire américaine retrouvée morte à Badjoudè, cette localité du nord-Bénin où elle avait servi avec dévouement comme enseignante. La nouvelle de la mort de Kate avait bouleversé beaucoup de monde. Comme le rapporte sur son blog cette personne, une amie, une connaissance de Kate, cette dernière « n’était pas tombée d’une échelle en essayant de sauver une salamandre poursuivie par un rat géant. Elle a été victime d’un meurtre ». C’est bien cela qui a suscité l’indignation, mais également la honte que ce soit ici au Bénin que pareil drame se produise, sur la personne d’une volontaire, une personne qui est venue servir au Bénin, simplement par amour. Comme le Béninois moyen, les autorités ont voulu donner le meilleur d’elles-mêmes pour élucider ce meurtre. Elles ont, comme pour manifester leur bonne volonté, laissé les agents du FBI dépêchés pour la circonstance, faire l’essentiel du travail d’enquête et d’investigation. Apparemment, on n’aurait à présent peu à redire sur le dévouement comme sur leur intention, du reste, louable. Car, il s’agit dans cette situation de sauver l’honneur national et le sens légendaire de l’amitié et le respect de l’étranger auxquels s’identifient nos traditions. Aujourd’hui, avec le temps que prend la mise à disposition des éléments d’enquêtes recueillis par les agents du FBI, il y a lieu de poursuivre le travail sans trop tordre le coup à l’essentiel, c’est-à-dire les droits de la personne humaine, une préoccupation constante de la politique des Etats-Unis tant sur le sol américain que dans leurs relations avec le reste du monde. On ne devrait pas, donc dans le souci de faire triompher la vérité, encourager le mensonge, le déni de vérité. Qui donc est Kate ? Appelée affectueusement Kate par ses amis, Catherine Puzey, âgée de 24 ans, travaillait pour Peace Corps au Bénin depuis juillet 2007. Elle est originaire de la Géorgie. Elle est née en Allemagne où ses parents étaient enseignants détachés au département de la défense. A 7 ans elle s’est retrouvée à Okinawa avec ses parents dans le sud du Japon, où elle a fait sa scolarité jusqu’au Lycée, qu’elle a terminée avec brio. Elle est diplômée de la William & Mary College en Virginie. Ce texte, extrait de son blog, donne un aperçu de sa personnalité. Kate est une personne sensible, attachante, Pour te faire sentir un peu ces qualités, voici un extrait d’un de ses nombreux posts, où Kate parlait de son expérience des bruits du Bénin : « Je me suis rendu compte depuis quelque temps, que ce que j’apprends ici va bien au-delà de la langue et des coutumes locales. Je me familiarise aussi avec de nouveaux sons. Je sais maintenant le cri d’un poulet qu’on égorge, d’une chèvre qui met bas, d’un bébé quand il a faim. Je connais le son des répétitions tonales dans la langue locale que s’échangent deux amis qui se croisent en passant, le bruit du moulin provenant d’un lieu distant de deux maisons, et le bourdonnement d’un générateur de proximité, le bruit des souris et des lézards qui courent autour de mon plafond la nuit et le boucan du tonnerre qui s’ensuit lorsque l’un chasse l’autre (je suis toujours du côté du lézard), le son du marché en face qui suit son cours dans la nuit, le son guttural des bovins lorsqu’ils paissent devant chez moi, le faible claquement de langue du berger leur intimant des ordres ; geignement des chevreaux contre bêlement des chèvres, et je peux jurer qu’une chèvre semble toujours dire d’une voix grognonne et profonde «Baddddd!»; sans oublier tous les divers appels d’oiseau et d’insecte. J’apprends même à discerner la voix de chaque étudiant qui, en passant et me voyant préparer mon dîner à la lueur d’une bougie me lance au cœur de la nuit un vibrant «Bonsoir Madame Catherine!» » |
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