16 septembre 2009
André Dassoundo :« Yayi va perdre ses vrais lieutenants »
Médecin de formation, André Dassoundo a su aussi se forger une carrière politique admirable. Avec ses fonctions politiques au titre desquelles il siège pour la deuxième fois consécutive à l’hémicycle, le natif de Dassa Zoumè revient à cette occasion sur son parcours de médecin et d’homme politique. Grand rassembleur depuis ses premiers pas à l’école puis à l’Université, l’actuel 1er vice-président de l’Assemblée nationale se présente comme celui qui fut l’initiateur d’un regroupement à travers lequel toutes les forces qui soutiennent les actions de Yayi Boni se sont retrouvées.
L’ancien militant de l’Ugeed, a démontré dans cet entretien qu’il a œuvré pour l’élection du chef de l’Etat et de ce fait a l’obligation de l’accompagner dans ses actions. De sa position, il trouve que certains ont pris par la petite porte pour être aux cotés du Président de la République. Ils les traitent d’opportunistes qui se battent pour leur poste et non pour l’intérêt de la Nation. Malheureusement, se désole t-il, ils font la pluie et le beau temps et veulent devenir les chefs de ceux qui étaient là avant eux, les vrais lieutenants. Ces derniers que Yayi Boni risque de perdre si les choses ne changent pas.
Lire l’interview à travers laquelle, il est revenu sur son départ du Fades suivi de la création de son nouveau parti le Psed.
Les Béninois vous connaissent parfaitement. N’empêche, les lecteurs, voudront mieux. Quel a été l’enfant qui se cache aujourd’hui derrière cette personnalité qui est devant nous ?
Je suis natif du département des Collines, dans la petite ville entre temps de Dassa-Zoumé. Cette ville a eu le temps de grossir avec une population actuellement d’environ 90.000 habitants alors que nous étions partis avec une population de 5.000 habitants. Donc André Dassoundo est né le 30 novembre 1955 à Dassa-Zoumé. J’ai fait le cours primaire et le collège dans cette localité aussi jusqu’en classe de 3e. La seconde partie du collège a été accomplie au Ceg1 de Gbégamey, à Cotonou. J’ai ensuite fait le Baccalauréat en 1977 et le Doctorat d’Etat, 9 ans plus tard en 1986, suivi d’une formation complémentaire à Bordeaux jusqu’en 1994. Voilà, je suis actuellement médecin, promoteur de la polyclinique de l’Amitié à Cotonou.
Dites-nous où est-ce que vous l’avez rangé le service militaire et patriotique. Vous l’avez fait comme beaucoup d’autres cadres béninois ?
Oui, quand je dis 9 ans après, soyez sûr que c’est à l’université du Bénin pour être médecin, c’est durant 7 ans. Il y a une année de préparation et la soutenance de thèse qui est donc la 8e. Et si je dis 9 ans, c’est que entre temps, je suis passé au service militaire et je crois, c’était en 1981.
Vous aviez fait jusqu’en classe de 3e à Dassa-Zoumè avant de vous retrouver à Gbégamey, l’un des grands collèges de Cotonou. Pourquoi avoir changé de ville avant de poursuivre les études ?
Justement en ce moment, le Ceg1 de Dassa-Zoumè était un petit collège qui ne disposait exclusivement que du premier cycle. Donc pour faire le second cycle, il fallait aller dans un collège disposant de ce cycle d’études et en ce moment, nous faisions ce qu’on appelait l’entrée en seconde. Ce que j’ai fait avec succès. Ce qui m’a permis d’être clacé au Ceg1 de Ouidah. Cela a fait que, jeune homme, ne connaissant personne à Ouidah où j’étais, j’ai dû me soumettre à mes parents qui m’ont dit qu’il fallait que ça se fasse à Cotonou parce que là, je pourrai avoir quelqu’un avec qui habiter, avec qui rester et avec qui je peux faire le chemin pendant les 3 ans. C’est ce que nous avons fait. J’ai atterri en l’occurrence chez mon très cher frère Gédéon Dassoundo qui m’a guidé de main de maître durant cette seconde partie. Donc c’est lui qui m’a instruit et qui m’a éduqué. C’est lui qui m’a moulé, même déjà depuis Dassa-Zoumé.
Gédéon Dassoundo, qu’est-ce qu’il a été réellement dans votre vie ?
Il est tout pour moi. Il est plus que mon père. Voilà un frère qui déjà depuis mon bas âge m’envoyait depuis la France des cahiers, des stylos « bic », et qui payait ma contribution scolaire pour que j’aille à l’école. Et quand il est rentré au pays, il a poursuivi cela jusqu’à ce que nous ayons le Bepc au Ceg1 de Dassa. Et quand je devais continuer le second cycle, c’est encore lui qui m’a récupéré à Gbégamey puisqu’il habitait ce quartier à l’époque. Donc Gédéon Dassoundo a été un père pour moi, un éducateur, un formateur et plus encore. Donc voilà, je lui dois tout, absolument tout.
André Dassoundo était-il un élève calme ou agité ?
Je suis passé d’une extrémité à l’autre. En réalité, durant le cours primaire et peut-être durant le premier cycle au collège, j’étais parmi les enfants les plus calmes, à la limite de la timidité. Et puis arrivé à Cotonou, j’ai poursuivi une première année de vie suffisamment calme. Ensuite, moi-même j’ai découvert qu’à partir de la classe de première, les choses ont changé. Je m’intéressais à tout, je me suis intéressé à la coopérative des élèves au point de devenir le premier responsable des élèves de Gbégamey avant le Baccalauréat. Donc j’étais rentré un peu dans le dispositif politique à ce moment déjà en prenant part aux débats politiques. Au sein du collège, c’était moi qui regroupais les élèves, et qui manageais tout le collège.
Vous nous amenez là sur le terrain de votre militantisme. Comment l’aviez-vous vécu sur les bancs ?
Vous savez, en ce moment-là, il y avait très peu d’élèves non militants de l’Union générale des élèves et étudiants du Dahomey (Ugeed) parce qu’au début, c’était l’une des rares organisations mobilisant les élèves et disciplinant tout ce qui se passe au plan politique dans les collèges et à l’université. Ce n’est qu’après qu’il y a eu d’autres structures comme le Front d’action commun des élèves et étudiants du Nord (Faceen) à cause de quelques descensions au sein de l’Ugeed. Même si ces deux associations se sont réunifiées plus tard. Pour ce qui concerne le cursus scolaire, j’étais tout le temps dans les structures de l’Ugeed, et responsable souvent.
Bachelier puis jeune étudiant, comment se sont passés vos premiers pas à l’Université ?
A la faculté de médecine de Cotonou, j’étais parmi les plus calmes. Vous savez, la faculté de médecine est une faculté d’étude et de discipline. Le regretté professeur Edouard Goudoté, nous tenait de main de maître, comme les autres enseignants d’ailleurs. Et donc, la discipline était de rigueur, tout était surveillé y compris l’habillement. Vous ne pouvez pas porter n’importe quoi, vous ne pouvez non plus dire n’importe quoi, ça nous a façonnés. Nous avons aimé cela parce que ça répondait déjà à la manière avec laquelle nos parents nous tenaient. Discipline, rigueur, travail bien fait, le bon sens et surtout le respect du bien public sont des valeurs qui nous ont aidés à avancer très facilement. Donc, nous n’avons eu aucun problème à la faculté de médecine de Cotonou. J’ai fait les études normalement. J’avais voulu faire la médecine légale et je suis parti à Bordeaux et puis après médecin conseil de compagnies d’assurances avant de rentrer au pays.
Après votre formation, quelle a été la suite ?
Nous, on est sorti au moment où le gel du recrutement avait juste commencé. Et puis on s’est dit, il faut se former, il faut être pointu où aller en France et compléter sa formation étant donné qu’on ne pouvait pas avoir la bourse et tout ça en ce moment, nous nous sommes consultés entre médecins de la même génération pour dire, désormais débrouillons-nous. Donc on s’est regroupé en de petites équipes de 03 ou 04 médecins pour démarrer une expérience, c’est-à-dire l’expérience de cabinet où on se relaye pour faire des consultations. Et tout cela s’est passé avec beaucoup de réussite parce qu’on était quand même bien formé. En tout cas les populations nous ont appréciés. Deuxièmement nous avions tous la volonté et nous avions décidé de servir la population. En retour nous avions quelques moyens de subsistance. Ce qui a fait qu’on a pu épargner quelque chose pour suivre la formation. Et quand nous sommes revenus, nous avons continué. En réalité, nous n’avons jamais servi dans l’administration publique et puis je ne le regrette pas du tout.
André Dassoundo, Ministre de la santé, sur quel levier pourriez-vous agir pour changer ou pour opérer une révolution au niveau de ce secteur ?
Moi je pense que le meilleur ministre de la santé pour le Bénin devait venir du secteur privé parce que connaissant un peu plus les populations, parce que connaissant un peu plus la rigueur dans le travail, au-delà concrètement des combines et des magouilles des couloirs de l’administration. Un privé est complètement calé dans le règlement des problèmes de la nation parce que les privés ont appris à gérer les hommes pour la réussite des opérations. Contrairement à ce que nous voyons dans notre administration, notre administration a besoin de très grandes reformes et donc un médecin du secteur privé à la tête du ministère de la santé sera mieux qu’un médecin du public.
Ça vous tente ?
Non, le ministère de la santé publique ne me tente pas particulièrement mais je suis un cadre politique, je suis un cadre de la nation et je pourrai donc servir partout où la nation m’amène, ça c’est clair. Dans tous les cas nous ferons mieux que beaucoup à la tête de ce ministère.
La politique sanitaire du pays, qu’en dites-vous ?
Je suis déconnecté un peu depuis un moment comme vous le savez parce que ça fait bientôt 8 ans que je suis au Parlement donc les discussions avec le ministère tout ça, je pense que nous avons mis entre parenthèse donc je ne peux pas dire aujourd’hui avec précision ce qui se passe et quelle est la politique sanitaire nationale de notre pays, ça c’est sûr, nous parlons et je vois de loin un peu et ce n’est pas suffisant pour apporter des réponses avec des précisions. Mais néanmoins, je constate que nous sommes loin des objectifs que nous nous sommes fixés depuis quelques années, c’est dire faire en sorte de réduire sensiblement la mortalité infantile, de réduire sensiblement la mortalité maternelle. Mais je constate malheureusement que cela persiste et puis je me demande même si ça baisse réellement contrairement à des pays comme la Tunisie où aujourd’hui le taux de mortalité maternelle dans les hôpitaux est presque nul. Nous aspirons à cela et c’est très important de pouvoir faire la qualité. Nous avons des médecins de très grande qualité dans le Bénin. Le Bénin regorge de médecins de très grande qualité, de très grande qualification, malheureusement les infrastructures, les matériels et surtout le niveau de vie et le niveau d’entretien des médecins font que nous assistons à quelques balbutiements. Les médecins du secteur public sont tentés de plus en plus d’être des responsables dans les ministères, dans les structures internationales ainsi de suite, tout simplement et exclusivement à cause de la rémunération. Malheureusement, c’est cela, le constat. Si aujourd’hui nous décidons de régler cette question de rémunération et d’entretien des médecins, les logements, le déplacement, je pense qu’on va atteindre un niveau très appréciable dans la lutte contre la mortalité infantile et dans la lutte contre la mortalité maternelle.
Alors en étant médecin, vous avez embrassé une carrière politique. D’où vient cette ambition ?
Comme je vous l’ai dit, on avait été élevé par des parents qui ont le sens du bien public et qui ont le sens du travail bien fait. Cela a constitué peut-être une prédisposition. A la suite de ça, nous avons été très attentifs à tout ce qui se passait dans notre pays, donc très attentif aux discussions et aux questions liées à l’amélioration de cadre de vie pour l’amélioration de panier de nos ménagères, pour l’amélioration des conditions de travail de nos populations rurales parce que nous sommes venus des coins très ruraux et nous avons été sensibles à la souffrance de nos parents qui croyez-moi mon père était un de ces agriculteurs qui cultivaient le tabac vendu à la société Kaïta à l’époque. Une entreprise française qui leur achetait le tabac. Je sais que c’était très dur emblavions quelque chose comme 3 hectares, mais c’est le travail de notre père, de nos mamans, de nous-mêmes pendant toute une année et puis à la vente annuelle n’a jamais dépassé 50.000Fcfa. Vous comprenez aujourd’hui que, nous sommes capables de dépenser 5 fois 50.000F dans une journée, vous comprenez la souffrance de ces populations qui travaillent pour une quinzaine de personnes pendant toute une année, pour récolter au meilleur des cas 50.000F l’an. Il faut manger, il faut de se vêtir, il faut s’abriter et à partir de ce moment, nous avons dit, il faut faire les choses autrement pour que ceux qui travaillent sous le soleil, sous la pluie etc., il faut que tout ce monde-là puisse avoir une bonne répartition du revenu national de manière à ce que tout le monde se sente à l’aise dans le pays. Et c’est pour ça que nous nous sommes mis dans la bagarre pour pousser les choses dans le bon sens, faire les choses pour qu’ensemble nous puissions relever les grands défis. Le défi contre la maladie, le défi contre la mort, le défi contre la pauvreté, le défi contre la mauvaise gouvernance, le défi contre le sous développement. Et nous sommes attelés à cela depuis le bas âge. C’est pour cela que nous avons été militants dans beaucoup de structures au plan national, pour faire avancer ces dossiers-là. Voilà.
Est-ce qu’on peut retenir que votre combat aux côtés des paysans vous a prédestiné à la carrière politique.
Mon combat de tout le temps a certainement joué parce que je ne vous le cache pas, au moment où je devais être élu pour la première fois, à la 4e législature, je n’ai pas moi-même personnellement pris la décision d’aller au front. C’est les populations elles-mêmes, c’est dans les rues, c’est dans les villages que les gens nous ont désigné avec l’ancien maire comme leur représentant. Un jour ce dernier m’a dit, carrefour de Dassa au tour d’un café, en présence de trois amis, que si notre région doit avoir un député et un bon, il faut convaincre le jeune docteur-là pour qu’il se mette dans la bagarre. Que « c’est lui seulement qui peut faire l’affaire ici et que si c’est lui, il est convaincu que les populations vont suivre ». Ça a été un premier déclic et j’ai dit mais, puisque de plus en plus, les gens remontaient l’information nous avons dit si c’est la population qui décide de ça, il faut s’y mettre. Il ne faut pas les décevoir parce que si je faisais la marche contre elles, cela sera vécu comme un recul, une fuite de responsabilité, alors que je les avais galvanisées, je les avais poussées, je les avais mobilisées à défendre leurs intérêts et elles ont vu en moi celui qui peut les défendre et les conduire à bon port. C’est pour ça et presque unanimement qu’elles ont décidé à ce que cela soit moi. Et puis nous nous sommes lancés et nous voilà à la deuxième mandature et parce que là je peux vous affirmer, l’histoire est là. C’est la toute première fois dans l’histoire de ma région et surtout de ma localité qu’un député ait été élu deux fois de suite. C'est la toute première fois qu’un député ait brigué le mandat deux fois de suite. L’autre aîné qui a eu ce privilège, vient de l’autre côté des Collines, Glazoué. Je veux parler de l’honorable Dominique Houngninou qui, lui a été au parlement trois fois.
Le Fades, parlons en à présent. Pourquoi aviez-vous rompu les amarres avec vos camarades.
Le Fades dont nous étions déjà le président avait pris la décision de voir autrement les choses. La raison de cette décision n’était pas de nous séparer de nos amis d’hier, mais plutôt de prendre notre distance vis-à-vis de deux personnes dont les manières de faire ne plaisaient plus à la troupe. Cela faisait très longtemps que les camarades se sont réunis pour souhaiter la séparation avec ces deux membres. Mais nous avions suggéré de les convaincre au lieu de vouloir leur exclusion, en forçant un peu les choses. Après plusieurs années d’observation, nous avions constaté qu’à défaut de leur exclusion, la troupe courrait le risque d’enregistrer beaucoup plus de départs. Elle était donc sur le point de connaitre une certaine saignée, au point où le bureau directeur s’était réduit à une petite poignée de cadres. Cette situation ne devant pas continuer, j’ai décidé de concerter les amis pour envisager ce qu’il faillait faire. Des différentes concertations menées, il est ressorti l’incontournable nécessité de faire partir ces deux camarades. Ce que nous avons réussi à faire de façon intelligente. Nous n’avons pas décidé de les chasser, mais nous avons pris des dispositions de façon politique, en regroupant ceux qui sont favorables à une démarcation par rapport à ces deux camarades. Et nous avions continué le travail, les deux camarades en question, ont compris plus tard qu’ils ont été mis en quarantaine. Nous n’avons pas fait de déclaration publique, ni écrit. Mais, nous avons fait en sorte qu’à travers nos comportements que la rupture était consommée. C’est après l’avoir compris qu’ils ont voulu faire du bruit. Averti de cette éventualité, nous avions apprêté tous les documents statutaires de notre organisation, Par ce que nous le savions par expérience que ces genres de situations suscitent généralement beaucoup de polémiques. Si vous vous renseignez le ministère de l’intérieur vous prouvera que les documents requis ont été déposés avant la sortie officielle que vous avez vue. Donc, il ne s’est pas agit d’une quelconque exclusion de quelqu’un. Nous avons tout simplement pris nos responsabilités de nous séparer de ces deux là en créant le Psed.
Vous êtes parti pour créer votre parti politique. C’est bien cela ?
Comme vous le saviez, il est inutile de continuer de s’entredéchirer entre camarades de combat. Point n’est besoin de continuer de se disputer et de se retrouver devant les tribunaux pour revendiquer la paternité d’un parti. Nous avons dit le parti a un nom, la qualité des hommes, celle des idées, et la qualité de ce que vous faites comme travail sur le terrain. C’est cela. La qualité de mobilisation, la sincérité en vers les populations et le sens du devoir national. Et vous le voyez si bien, nous, nous avons gardé cette ligne, pendant que les autres décident de faire de la politique superficielle. Rien ne sert de clamer sa présence en prétendant de se battre au niveau supérieur, sans rien faire en direction des populations. Pour notre part, nous ne sommes pas dans une pareille logique. On peut commenter notre nouvelle position comme l’on veut ; mais le fait est là, nous, nous sommes fidèle à notre ligne politique celle de défendre, les intérêts des populations.
Depuis que votre parti a été porté sur les fonts baptismaux, on a comme l’impression que les démembrements tardent à être installés.
Vous savez entre l’efficacité et le bruit, le choix est clair, pour nous qui préférons le premier. Point n’est besoin de faire un battage médiatique en mobilisant la télévision pour montrer que l’on procède à l’installation des structures décentralisées de sa formation politique. Notre parti a été créé en même tant que ses structures à la base qui ont été installées dans les deux semaines qui ont suivi sa naissance. Nous l’avons fait sans grand bruit et de façon très efficace. Si par exemple vous étiez à Lokossa, vous vous rendrez compte de notre présence dans ce département. Il en est de même dans plusieurs régions du pays comme Parakou, Natitingou Kétou et autres, nous sommes représentés comme parti soutenant les actions du gouvernement. Nous savons ce qu’il faut et le faisons de façon très méthodique et efficace.
Suite à la création de votre parti, l’on vous avait soupçonné de vouloir rompre les amarres avec la famille politique du chef de l’Etat. Que répondez-vous ?
Vous convenez avec moi que, lorsque vous rentrez de cette façon dans une bagarre à l’intérieur d’un parti politique, chacun veut toujours tirer le drap de son coté. Malheureusement ceux qui criaient sur le départ de Dassoundo, il y a en parmi eux qui ont été élus sur la liste « Force Clé ». Si c’est eux qui prétendent que nous sommes en train de partir, c’est quand même, une honte. Même pour la répartition dans les organisations de La Lépi, il y en a qui sont rentrés dans ces structures par le G13. On connait tout ça. Alors, ceux qui clament le départ des autres sont ceux qui sont déjà partis depuis longtemps. Je leur ai souvent dit, qu’ils sont mal placés pour s’ériger en donneurs de leçons. En ce qui concerne notre position par rapport au soutien aux actions du chef de l’Etat, nous nous sommes objectifs. Nous avons décidé de le soutenir, il est notre candidat, nous sommes parmi ceux qui ont travaillé, pour son élection. Nous sommes donc en droit de dire si ça marche ou pas. Ce serait une fuite de responsabilité de notre part si nous nous taisons sur les dérives qui surviennent. Nos populations sont appelées à nous le reprocher, un jour. C’est ce que nous faisons, pour que le moment venu, chacun soit situé par rapport à ses responsabilités. La question que nous défendons est une question d’idéal ; elle n’est pas liée à un individu. Nous disons que nous luttons contre la corruption, le vol, la mauvaise gouvernance. Nous disons que nous luttons également contre les mauvais résultats, tout en réglant les questions de santé de nos populations qui, ont besoin des infrastructures routières. Nous avons inscrit toutes ces actions à mener dans le programme de société du chef de l’Etat que nous avons eu le privilège de préparer avant même son élection. A partir de ce moment, s’il y a des lenteurs par rapport à ce que nous avons proposé s’il y a des résultats contraires à nos espérances, c’est encore à nous de le dire. Ce n’est pas aux autres qui veulent faire de l’opportunisme de le faire à notre place. Dans ce rôle, je me sens bien à l’aise parce que, je suis persuadé que c’est ma chose. Par contre, il y en a qui sont venus par la petite porte et veulent devenir les chefs de ceux qui étaient là avant eux. Ils veulent proposer des choses qui ne tiennent pas en faisant croire que ça marche, alors que c’est le contraire. Ils le font tout simplement, parce qu’ils veulent conserver leur position. Nous, ne pouvons pas être dans cette situation, c’est pourquoi, nous crions tous les jours haut et fort, sans complaisance, pour ramener l’ordre et faire avancer la république. Il faut reconnaitre ou tout au moins admettre qu’il n’y a pas d’œuvre humaine parfaite. Nous n’avons peut-être pas raison en le disant tout le temps. Mais nous pensons qu’en le disant cela permettra d’ouvrir le débat. Et là, en ouvrant le débat l’on pourrait être amené à prouver que nous ne sommes pas sur la bonne voie. Mais nous voulons le débat pour que, de façon consensuelle, nous arrêtions une manière de faire pour que les résultats soient meilleurs car nous avons des comptes à rendre à nos populations. En nous présentant aux élections en 2006, nous avons promis des choses de façon formelle, nous avons le devoir de retourner devant les populations. Si nous n’avons pas pu régler tous les problèmes, nous devons savoir pourquoi et pouvoir l’expliquer aux électeurs. C’est pour ces raisons que nous estimons qu’il ne faut se complaire dans un silence calculateur de manière à laisser tout se gâter, avant de prétendre à un quelconque rattrapage. Nous ne partageons pas cette manière de faire. Mais plutôt, nous sommes partisans de la méthode qui consiste à attirer l’attention au bon moment pour que la correction puisse être faite à temps. Et c’est ce que nous faisons.
A vous entendre, on dirait qu’autour du chef de l’Etat se trouvent tapis dans l’ombre plus d’opportunistes que de vrais lieutenants.
Dans l’entourage du chef de l’Etat se trouvent des gens de très grandes compétences. Il y a des cadres qui abattent un bon travail et qui ont à cœur, le développement du pays. De jour comme de nuit, ceux là travaillent d’arrache pied. Par contre, il y a en qui mentent et ne sont là que pour profiter. Et ce sont eux qui mentent au président Yayi Boni. Ils trouvent que les premiers fidèles au chef de l’Etat sont mauvais. Nous l’avons dit au cours des rencontres, si nous ne savons pas faire, nous risquons d’être amenés à exécuter les meilleurs lieutenants. Je dirai que le chef de l’Etat va les perdre l’un après l’autre, si les choses ne changent pas dans son entourage. Et nous constaterons, un jour que la baraque n’est composée que d’éléments venus pour profiter du système. Et ce serait dommage. Nous devons donc tout faire pour la réussite du mandat du Pdt Yayi Boni.
Comment envisagez-vous les échéances de 2011 ?
Le Bénin est un pays tout à fait démocratique Ceux qui animent la vie politique le savent .Tout comme les populations qui savent où se trouvent leurs intérêts. Les politiciens procèdent à des regroupements, des candidatures se préparent, en attendant qu’elles se déclarent. Des candidats seront en compétition, et je pense que le peuple aura à trancher en 2011.
On évoque de plus en plus la candidature de Bio Tchané. Certains évoquent même un rapprochement de ce dernier et vous.
Je ne connais pas outre mesure le président Bio Tchané. Je sais tout simplement que l’actuel président de la Boad a été ministre des finances et l’actuel député, président de la commission des finances de l’assemblée était son directeur de cabinet. Puis il a été ministre après lui. Nou avons côtoyé ceux-ci a l’époque. Le président de la Boad est un citoyen qui a ses droits civiques comme tout autre béninois. Il a donc la possibilité de se présenter devant les électeurs, pour solliciter leurs suffrages. Comme moi-même ou tout autre citoyen. Personne ne peut le lui refuser.
Le G4 et Force Clé viennent de signer un protocole d’union. Qu’en dites- vous.
On attend de voir ce que cette union va donner. Parce que nous sommes au stade théorique et de celui des documents. Ils auront à coup sûr à passer au stade pratique, dans la mesure où, ils doivent désigner un représentant. Ils veulent avoir un candidat unique dès que cela sera fait tout le monde avisera. Moi je crois c’est la marque de la manifestation de la liberté d’association. Je crois que c’est une bonne chose, si cela peut contribuer au bonheur du peuple béninois. Dans tous les cas la signature de cet accord a permis de clarifier le paysage politique du pays.
Quel est le meilleur souvenir de votre vie ?
Le meilleur souvenir de notre vie c’est ce que nous faisons aux côtés de nos populations. Et nous sommes rassurés qu’elles nous font confiance. Elles trouvent en nous des éléments capables de contribuer à faire leur bonheur. Nous sommes très contents et ravis de le constater. Nous sommes très heureux d’être, le premier acteur politique ayant réussi à regrouper dans un même creuset toutes les forces qui soutiennent les actions du chef de l’Etat. Je me souviens que c’est ma modeste personne qui était devant un parterre de 16 forces politiques, pour parler de la candidature du président Yayi Boni en 2006. C’est un souvenir très merveilleux.
Réalisé par Fidèle Nanga
Source: LEMATINAL
Transcription : Idelphonse Akpaki et Djibril Ibrahim
Abadjè Koussémou, Enseignant, natif de Dassa et membre du Psed « C’est un homme du peuple. Il aime ses frères et sœurs. »
« C’est est un homme du peuple qui vit au milieu de son peuple comme le poisson vit dans l’eau. Il est donc un homme sensible aux souffrances et à la misère de ses frères et sœurs Ce qui justifie ses prises de position qui lui collent l’image d’un homme critique. Or il ne fait que dénoncer tout ce qui sort des normes d’une bonne gouvernance. C’est l’une des qualités qui caractérisent sa personnalité. Il cultive l’amour et l’humanité. Au plan national, le député André Dassoundo a commencé à faire parler de lui durant la 4ème mandature au cours de laquelle il a été élu 2ème secrétaire parlementaire, donc membre du bureau de cette Institution. Et tout au long de la mandature, il s’est fait agréablement remarquer par ses prises de position sur des questions et des enjeux d’intérêt national. Qu’il nous souvienne que sur la fameuse question de la loi sur la résidence d’un an comme critère pour être candidat aux élections présidentielles, c’est l’intelligence politique de l’honorable André Dassoundo qui a sauvé le Bénin des abus de l’arbitraire puisque c’est sa sortie de la salle au moment du vote de cette loi qui a permis à la Cour constitutionnelle d’invalider le scrutin pour permettre au candidat Yayi Boni de se présenter aux élections présidentielle de mars 2006. En cela je trouve qu’il est un homme politique courageux qui n’hésite pas à dire Non, quand le Oui n’est pas possible.Au plan local et pour ce qui concerne les communes sœurs de Dassa et de Glazoué où les actions de l’homme sont plus que spectaculaires, je dirai d’abord qu’il est un homme doté d’une valeur exceptionnelle. Car, « La valeur d’un homme politique réside dans sa capacité à rassembler les hommes pour la réalisation de bien – être et du bonheur social, individuel et collectif ». Et, dans ce domaine le député André Dassoundo s’est illustré par les efforts qu’il accompli depuis des années pour rassembler dans un creuset de réflexion et d’actions positives ses frères et sœurs du « Pays des 41 collines ». Comme la plupart des jeunes cadres de sa localité, il est un homme politique de la gauche démocratique qui prône la solidarité, l’égalité des hommes donc une juste répartition des fruits du travail social. Et depuis qu’il est élu député de sa localité il n’a cessé de travailler dans ce sens. C’est dire qu’il œuvre au quotidien pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des couches défavorisées de la société .C’est ce qui explique son implication personnelle dans les plans et actions de développement élaborés par les conseils communaux de sa localité.. »
Propos recueillis par Sévérin Balerou
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