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CORRUPTION AU BENIN: l’audace d’une loi

 

Par l'Abbé André S. Quenum

17/09/2009 

 

 

Nous avons ici marché et transpiré, dans notre lutte contre la corruption, alors que dans les lieux climatisés où se passent les marchés et se négocient les grands chantiers, elle continue de s’installer de manière éhontée. Si cette pieuvre de la corruption avait des dents, elle aurait ri et bien ri de notre  comédie politique de marche contre elle. Car, de ses crocs, elle continue de mordre vicieusement et insidieusement dans notre espoir de voir les choses changer.


Nous avons vu ici l’Exécutif menacer, de façon ostensiblement velléitaire, de faire lever l’immunité de députés ‘’mouvanciers’’ que sont Célestine Adjanohoun et Luc da Matha. Pour ce faire, il a suffi de réduire cette menace à des événements médiatiques ayant permis aux actions et déclarations de soutien de brasser davantage de l’air, au lieu de suivre la procédure qui aurait tout au moins donné l’illusion d’espérer que la démarche ait été fructueuse. Aujourd’hui, ces honorables députés passent dans une certaine histoire, à l’instar des ministres qui servaient dans son gouvernement quand le général Kérékou lui-même déclara que tous ses ministres sont corrompus, qu’ils sont des voleurs. Hier tout comme aujourd’hui, quand il s’agit de la corruption, presque personne n’ose défendre son honneur! Le cas de l’ex-ministre Gbégnonvi mérite étude. Il se contenta de saisir les médias au cours d’une opération de contrôle de dommages pour son image, au lieu d’emprunter les voies administratives et judiciaires face à la corruption dans son ministère. Pour tout dire: de ses crocs, dame corruption doit bien se gausser de nous tous. Dans ces conditions, comment pouvons-nous voter une loi sérieuse contre la corruption alors que, de l’Hémicycle aux ministères, de la Marina aux Cours et Autorités ou Hautes Autorités, des urnes aux bourses, des sanctuaires aux écoles, des royautés aux maisons, aucun lieu n’est épargné ? Comme problème de société, ce mal nous embarque toutes et tous, presque sans exception, corrupteurs et corrompus, directement ou indirectement. Voter une loi efficace contre la corruption, c’est oser mettre sur pied un instrument juridique capable de punir ce mal en nous tous sans discrimination de camps ni de catégories de citoyens, c’est oser dépasser les petits et mièvres calculs, du genre de ce que fait l’Observatoire de lutte contre la corruption avec sa version de loi qui serve ses intérêts. Il faut l’oser et y travailler.

 

Abbé André S. Quenum
Source: La Croix du Bénin


 

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Tag(s) : #EDITORIAL
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