| La psychose d’un remaniement |
| 12 juin 2007 Il paraît que plusieurs ministres du président Yayi Boni n’ont plus le sommeil tranquille depuis plusieurs semaines. Dans le lot, certains auraient même carrément élu domicile chez des marabouts et auraient déjà dépensé des millions pour être maintenus dans le prochain gouvernement. La situation serait identique pour tous ceux qui ont eu des promesses de faire partir de cette équipe gouvernementale de l’ère du changement. ... Le chef d’Etat même serait aussi dans tous les états depuis que ce remaniement a commencé par s’imposer à lui. A vrai dire, c’est surtout le cas du chef de l’Etat qui est bien préoccupant. Simplement parce que les problèmes à régler avant tout sont énormes et son avenir politique dépend désormais de la manière dont il aura géré cette phase de son quinquennat. Surtout que plusieurs groupes politiques continuent de ruminer les conséquences des promesses non tenues ainsi que les autres cas de trahison difficiles à digérer. Dans ces conditions où les cas à gérer au même moment sont élevés et le bout du tunnel encore très loin, Yayi Boni doit être visiblement le plus souffrant. Comment gérer la pléthore des éléments cauris pour ne pas créer des mécontents en plus des recalés des législatives de mars dernier qui veulent la tête du chef de l’Etat et de certains de ses proches qu’on accuse de tous les noms ? Faudra t-il enfin impliquer les forces qui s’agitent déjà comme des opposants après leurs débâcles de mars 2007 ? Quel sera dans ces conditions le nombre de ministres pour le prochain gouvernement ? Qui sont les hommes politiques de l’opposition qui accepteraient encore de faire chemin avec le président Yayi Boni ? Autant de préoccupations qui amènent aujourd’hui d’intenses réflexions avant ce remaniement très attendu. En prenant en compte toutes ces préoccupations avant de faire le choix des hommes qui composeront son prochain gouvernement, le chef de l’Etat pourra se frotter les mains et se serait donné les moyens pour diriger pour un temps sans difficultés. Mais en se trompant de cible, il aura signé son arrêt de mort. Avec les nouveaux groupes parlementaires à l’Assemblée nationale, la mouvance est devenue miraculeusement plurielle et le nombre de bouches à nourrir est élevé. En écartant certains du prochain gouvernement, c’est l’opposition qui se cherche depuis bientôt un an qui trouvera les ouvertures nécessaires pour sa cause. Et tous les mécontents du changement pourront facilement se retrouver pour adopter une stratégie commune contre Yayi Boni. Malheureusement, les marges de manœuvre sont de toutes les façons très réduites pour le chef de l’Etat. Et ce n’est les moyens d’attaque qui manquent. Déjà, tous les projets initiés à grand renfort publicitaire battent toujours de l’aile et plusieurs députés critiquent le chef de l’Etat d’avoir déjà violé un certain nombre de fois les textes de la République. La présidente de la Renaissance du Bénin, Mme Rosine Vieyra Soglo n’a pas eu foi aux yeux en critiquant le lundi dernier le fait que Yayi Boni ait lancé des projets avant l’autorisation de ratification de l’Assemblée nationale. Du côté du Parti du Renouveau Démocratique (Prd), c’est la précipitation, la navigation à vue et les échecs répétés des initiatives qui sont quotidiennement décriés. Alors que le gouvernement ne peut aussi justifier d’un seul succès en 14 mois de gestion. Et puis, certains grands chantiers démarrés sans un minimum de précaution ont été arrêtés en catastrophe. C’est le cas de la route Akpro-Missérété- Kpédékpo en passant par Dangbo-Adjohoun-Bonou qui est bloquée depuis des mois. L’entreprise Kara Fadoul a plié bagage après avoir demandé en vain le déblocage de complément de fonds et les ouvriers mécontents se sont repliés sur d’autres chantiers. Dans cette situation où rien ne bouge véritablement et où les adversaires sont à tous les niveaux, le remaniement est plus un souci pour le chef de l’Etat que les autres qui veulent simplement en profiter. Jean-Christophe Houngbo |
La psychose d’un remaniement
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