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Report de la suspension de Areeba et Moov:La décision courageuse de Yayi Boni [12 juillet 2007]
Selon des sources, le président Yayi Boni aurait décidé de surseoir à la décision de suspendre provisoirement les opérateurs Mtn et Moov. C’est là une décision courageuse qui permet de mettre fin à la nébuleuse mafieuse entretenue par l’autorité de régulation incompétente qui confond vitesse et précipitation. Car, au bout du rouleau, c’est le président Yayi Boni qui sera comptable de tout échec économique. En sa qualité de banquier, donc d’homme averti, le peuple ne comprendra pas cette décision suicidaire vers laquelle le poussent des laudateurs sans foi ni loi. ...

La nature se trompe rarement. C’est pour cela qu’il y a des personnes prédisposées à la fonction publique et d’autres au privé. Mais quand, par la génuflexion, des fonctionnaires se retrouvent en train de gérer un domaine purement privé, la catastrophe n’est plus à craindre, mais purement imminente. A cause des intérêts inavoués, des individus veulent mettre à genou tout un peuple au nom du changement dont ils ignorent les fondements. Lorsqu’on est capable de traficoter des données financières pour plaire au chef, il est clair que la première personne que l’on veut abattre, c’est ce chef lui-même. Et quand ce dernier s’en rend compte finalement, on est baba. Les impôts, ce n’est pas pour des chiens. Ils s’appliquent aux hommes et aux structures. Quand des individus décident de s’adonner à des acrobaties financières en ignorant les impôts, c’est qu’ils sont louches. Il est vrai qu’un éminent membre du machin truc de l’instance de régulation des télécommunications a eu hier ces paroles dignes d’un locataire de Jackot : « Aux impôts, ce sont des pourris. C’est pour cela que nous n’avons pas pris en compte leurs données. Les bilans établis sont faux et les cadres des impôts ont été corrompus ». C’est ce que pense quelqu’un d’une supposée instance de régulation des cadres des impôts. Vous comprenez aisément que cette instance puisse conduire le Bénin dans le décor. S’il est vrai que des choses peuvent se passer avec des entreprises nationales, il est carrément impossible que des multinationales comme Moov ou Mtn trichent avec les impôts. Evidemment, lorsqu’on veut tricher, la manière la plus simple est de diaboliser l’autre. Il est clair aujourd’hui que l’instance de régulation manque de compétence dans certains domaines. Notamment en matière commerciale. Et le chef de l’Etat ne peut les suivre dans leur délire. Lui un banquier qui a fait ses preuves sur le plan international.

La négociation avant tout…

En décidant de ne pas « couper » ce soir Mtn et Moov, le « patron », comme on l’appelle là-bas a fait preuve d’une dimension qu’il convient de louer. C’est vrai qu’il a recommandé la fermeté durant les négociations qui vont s’engager. Mais cette fermeté doit se baser sur du réel et non du fictif comme le préconisait l’instance de régulation. Car, si l’on devrait s’en tenir à cette dernière, on foncerait tout droit vers le gouffre. Or, ils ne seront pas comptables de la gestion du président Yayi Boni à la fin. Ils sont même capables, après cette forfaiture, de crier : « on l’avait prévenu ». Combien gagnent les opérateurs Gsm ? Combien dépensent-ils ? Quelle est leur place actuellement sur le plan économique ? Quel rôle jouent-ils sur le plan social ? Combien injectent-ils dans l’économie ? Quelles sont les incitations fiscales et douanières que l’Etat doit leur accorder si les licences doivent être révisées ? Ce n’est qu’à cette condition que toutes les parties tireront leur épingle du jeu. L’économie, ce n’est pas l’armée. Et même dans l’armée, la souplesse est parfois recommandée. De toute façon, dans les prochains jours, Le Matinal se propose de revenir en détail sur l’état des télécommunications au Bénin. Du ministre (actuel) aux simples directeurs en passant par des sociétés privées, chacun a sa part de responsabilité dans le délabrement de ce secteur. Un dossier explosif qui situera les responsabilités. Aujourd’hui, le ministre par exemple joue le saint. Mais a-t-il déjà oublié sa participation dans le dossier Titan qui a sonné le glas des télécommunications au Bénin ? On parle de licences bradées à 120 millions. Mais on oublie de dire que c’est une société privée qui a attesté que Libercom en trois ans ne peut dépasser les 20.000 abonnés. Le droit de licence avait alors été fixé en conséquence. Or trois mois après Libercom frôlait les 50.000 abonnés. Aujourd’hui, le fils de ce directeur de société, conseiller du chef de l’Etat, joue les donneurs de leçons. Alors que son papa a été l’alpha de cette catastrophe digne du livre Guiness des records. Affaire à suivre…

Charlie Bakoreguy

 
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Tag(s) : #Actualités Béninoises
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