Les Béninois réapprennent à vivre sans le Gsm… Conclusion hâtive ! Très peu de mes compatriotes accepteront que le requiem soit dit sous une forme aussi expéditive et sans appel. Le portable est si bien entré ancré dans les habitudes, et les uns et les autres l’ont adopté si rapidement et si promptement, qu’on ne peut aller à de pareils extrêmes, sans attirer la foudre des accrocs.
La décision remonte à deux semaines – deux mois, on dirait déjà. Elle est tombée comme un couperet. Télécel Bénin… suspendu ! Areeba… suspendu ! L’Autorité Transitoire de Régulation des Postes et Télécommunications met de l’ordre dans la fourmilière de la téléphonie sans fil. Le pouvoir de Boni Yayi aura décidé de mettre fin à la pagaille et de faire nettoyer les écuries d’Augias ! Qu’importe le prix à payer.
D’aucuns considèrent, en effet, que les pouvoirs publics sont allés trop vite en besogne dans la guérilla contre les milieux qui contrôlent le Gsm au Bénin. Ces milieux détiendraient des arguments massus, tant financiers que juridiques pour faire payer cher, la traque yayiste. Les arguments juridiques seraient si forts que les représentants du peuple à l’Assemblée nationale ont craint, jeudi dernier, lors du passage du Ministre chargé de la communication à l’hémicycle, à la suite d’une question orale avec débats, que l’Etat ne fasse les frais d’une assignation en règle qui se solderait par un échec cuisant. L’Etat béninois a l’habitude de perdre ses procès, cela est une constante, et les honorables craignent que des tracasseries juridiques et une condamnation en règle ne couronnent l’aventure, par autorité transitoire interposée, contre les maîtres africains de la téléphonie cellulaire.
Prudence
L’Etat béninois en aurait manqué. C’est pourquoi Télécel et Areeba traîneraient des pieds dans les rounds de négociations. L’exploitant Areeba affirme même détenir une autorisation pour son passage à Mtn. Faux rétorque la partie béninoise ! Il suffit de se rapporter aux correspondances échangées avec l’administration de tutelle pour se convaincre qu’il y a erreur sur la chose. Aucune autorisation expressément relative au passage de Areeba à Mtn, n’a été délivrée. Et si jamais l’équivoque a pu naître, elle ne pouvait faire long feu et les échanges épistolaires sont là qui témoignent des clarifications opérées suite à la saisine du Ministère de la Communication par Areeba sur le dossier. Il s’agirait d’une fausse querelle. Débat d’autant clarifié par l’actuel Maître des lieux et l’Autorité Transitoire de Régulation des Postes et Télécommunications, qui indiquent que la mutation envisagée ne pouvait se réaliser qu’après introduction d’un dossier devant l’Autorité et après une autorisation sur étude et en bonne et due forme.
Télécel aurait également quelques griefs majeurs, cela d’autant qu’à Moov l’on était déjà réellement passé. De grandes manifestations avaient entouré cette mutation, il y a déjà bien des mois. A l’époque, nous avions parlé de changement de marque. Mais l’Autorité Transitoire de Régulation est revenue sur le pot aux roses. Changement de marque, vous n’y êtes pas du tout. Cela s’appellerait modification de la structure de l’actionnariat, mutation non autorisée par les clauses contractuelles, sans une procédure spécifique.
Et dans tout cela, dans cette discussion qui aurait pu être passionnante et que l’on nous sert tant à l’Assemblée Nationale, sur les plateaux TV, à la radio et dans les colonnes de la presse écrite, qu’est-ce qui participe de la conciliation des positions afin que le téléphone portable se remette à vibrer et à sortir du son numérique a faire pâlir un hi fi ?
Les avis restent partagés. Areeba et Télécel savent que la filière est d’or et jamais ces deux sociétés qui ont réalisé d’importants investissements pour développer leur réseau ne seraient prêtes à claquer la porte des négociations. Une fois pour de bon…
D’autres pensent plutôt que les discussions s’enlisent proprement. Que des multinationales tapent à la porte. Cette menace pourrait également aider à trouver un compromis rapide.
Sale temps pour le consommateur. Vivement la clarification du débat pour une communication cellulaire moins …onéreuse et de meilleure qualité.
Euloge R. GANDAHO
23 Juillet 2007
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