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SILENCE: Sous le "changement", on détourne des milliards !!!

 

  Pour mauvaise gestion:Le directeur du fonds national des micro finances limogé

 

24 juillet 2008 - LE MATINAL


Le directeur du fonds national des micro finances, Aboubacari Aboudou, sur lequel pèsent de nombreuses charges de malversation dans la gestion des 20 milliards de francs Cfa destinés aux couches les plus pauvres, comme nous l’annoncions en manchette dans notre parution d’hier mercredi, a été limogé. Ainsi en a décidé le chef de l’Etat, le Dr Yayi Boni, qui a enfin compris qu’il y a des brebis galeuses dans son entourage et qu’il a le devoir de s’en débarrasser.

L’épée de Damoclès est tombée sur la tête du directeur du fonds national des micros finances, Aboubacari Aboudou. Le président de la république, Yayi Boni, l’a purement et simplement limogé de son poste, suite aux conclusions d’une commission d’enquête mise en place pour connaître des nombreuses dénonciations de prévarication qui pèsent sur lui dans la gestion des 20 milliards de francs cfa destinés à sortir de la pauvreté des milliers de femmes béninoises. Des poursuites judicaires et financières seront également entreprises à l’encontre de l’intéressé. Votre journal qui, très souvent est dans le secret des dieux, avait, depuis hier mercredi, dans sa parution 2899, prédit cette fin malheureuse à M. Aboubacari Aboudou que plusieurs sources crédibles affirment être l’un des jeunes très proches du président Yayi Boni. En fait, la commission d’enquête a relevé contre lui des manquements graves à l’orthodoxie financière dans la gestion de ce fonds dont il a la charge au point où les membres du Conseil s’en ont offusqués et ont ouvertement décidé de ne pas cautionner de tels comportements. Le président de ce conseil avait même menacé de déposer le tablier. On reproche également à celui qu’il faut désormais nommé ex-directeur du fonds national des micro finances, d’avoir octroyé des fonds à des personnes fictives en vue de se remplir les poches.

 

Insubordination, octroi d’avantages financiers à des employés en contradiction des négociations avec les travailleurs encore, sont entre autres, des griefs relevés à l’encontre de M. Aboubacari Aboudou. Tous ces actes étaient posés avec la bénédiction du ministre de la micro finance des petites et moyennes entreprises, de l’emploi des jeunes et des femme, Sakina Alpha Orou Sidi, sous prétexte qu’ils sont tous deux originaires de la même région du Nord Bénin, et donc de la même famille. La décision que vient de prendre le président Yayi Boni met ainsi fin à cette fraternité septentrionale qui nuisait gravement à la santé financière du fonds national des micro finances et du trésor public.

Chapeau pour Yayi Boni

Ainsi donc un gestionnaire indélicat des deniers publics béninois vient de subir la foudre du chef. Sans coup férir et sans aucune pitié, Yayi Boni a encore frappé. Et il a frappé fort et juste. Comme il en a l’habitude depuis qu’il est arrivé au pouvoir. Pourtant, le directeur du fonds national de micro finances qui vient de recevoir ce sacré coup, est sensé être un ami du président. Entre-temps conseiller technique du ministre Sakina Orou Alpha Sidi, c’est le président de la République qui l’a imposé comme directeur de ce fonds, lorsque celui qui occupait ce poste, M. Jean-Claude Apithy a été nommé ambassadeur du Bénin près la République populaire de Chine. M. Aboudou se targuait d’ailleurs de ces relations privilégiées avec le chef de l’Etat et narguait tout le monde. Aujourd’hui, il vient de se rendre compte mais, un peu tard, que pour Yayi Boni, aucune fraternité ou confraternité, aucune amitié ne compte à ses yeux, lorsque les intérêts du peuple sont en jeu. C’est pourquoi, il faut saluer le courage et la détermination du président Yayi Boni. Une décision qui soit dit en passant, n’augure rien de bon pour son ministre de tutelle Sakina Alpha Orou. Elle doit s’estimer heureuse pour n’avoir pas été boutée dehors comme son directeur indélicat. Elle ne perd rien pour attendre. Donc pour revenir à nos moutons, qu’on l’aime Yayi Bon ou qu’on le haïsse ; qu’on soit de l’opposition ou de la mouvance, on doit aujourd’hui se rendre à l’évidence. L’impunité n’a plus de beaux jours au Bénin. Par ce limogeage, Yayi Boni vient de démontrer que les copinages politiques et autres affinités parentale ou régionale sont révolus. Nord ou Sud, Est ou Ouest, le Bénin est un seul pays et les fossoyeurs de l’économie nationale doivent être punis avec la dernière rigueur. Mais ce nettoyage à sec de l’entourage présidentiel et de l’administration béninoise auquel on assiste depuis plus de deux ans, ne doit pas s’arrêter là. Toutes les brebis galeuses tapis dans l’ombre, au Palais de la République, dans les ministères, et autres structures de l’Etat, au nom du Changement qui torpillent ce même Changement, doivent être dénoncées et punies au nom de la loi. C’est à ce prix que l’Emergence dont ont nous miroite les avantages, aura des chances de se réaliser.

 

Boubacar Boni Biao

 

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Tag(s) : #EDITORIAL
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