DIRECTION NATIONALE DE LA MICROFINANCE
Le Dg suspendu fait des révélations sur son ministre
25 juillet 2008
par Adrien TCHOMAKOU
Aboudou Aboubakari ex directeur national du fonds de la micro finance |
Lire les grandes lignes de sa déclaration
« Depuis hier, une certaine presse a lancé un pavé dans la mare. Moi, je me suis demandé ce que cela voulait signifier puisque c’est un seul journal qui a publié l’information. J’étais surpris des allégations parce qu’en rien, je ne me reconnais dans ce qui a été dit et je répète ici, la main sur le coeur car, j’attends toujours qu’on m’apporte les preuves. Ce qui m’a poussé à dire, non trop, c’est trop même si je suis militant convaincu du chef de l’Etat et même un proche de lui. D’abord, je prends le titre de l’article : le directeur du fonds national de la micro-finance limogé. Hier soir, lorsque je suis retourné à mon bureau après une rencontre que j’avais eue, j’ai trouvé un arrêté de mon ministre sur ma table et cet arrêté porte sur la suspension du directeur national du Fonds de la micro-finance. Pour quelles raisons ? Fautes graves commises par l’intéressé et les manquements à l’autorité. Alors, à parler de malversation, je préfère répondre allégation par allégation. Il y a des choses qui se passent et je crois qu’en tant que militant de première heure et que je connais la réalité, je ne serais jamais d’accord avec cela parce que le changement pour lequel nous avons combattu et pour lequel nous, jeunes, nous nous sommes beaucoup investis n’est pas celui du mensonge et de la contre-vérité. Lorsqu’on a des raisons qu’on cache, autant les avouer que de dire n’importe quoi. Quand on est jeune, on n’a pas besoin de faire du tapage ou du bruit car si vous faites bien, on le saura. C’est le moment de clarifier certaines choses. Je veux parler avec des preuves. J’ai adressé une correspondance au président du Conseil d’administration, mais bizarrement, c’est mon ministre qui me répond. C’est pour vous dire que les choses ne fonctionnent pas bien. Il y a trop d’anomalie. On veut tout contrôler. Il y a une forte interférence dans ce qui se passe. Un président du conseil d’administration, c’est l’organe de décision de la maison. Il faut qu’on fasse la part des choses. La lettre dit : suite aux compte rendu relatif à votre note du 14 juillet dernier adressée au président de la Cncos qui est le conseil d’administration du fonds, qui m’a été fait par le président du conseil qui n’est que le directeur de cabinet du ministère, Djibrille Moriba. Voilà d’où les allégations sortent. On ne peut pas avoir un président du conseil d’administration qui est sous le ministre, puisque c’est le ministère qui a sa chose. Voilà ce sur quoi je me bats depuis pratiquement deux ans. Plus loin : suite au compte rendu, je vous demande de retirer du projet d’ordre du jour, ce n’est même pas les membres qui demandent de retirer, ce n’est pas le président lui même, Comment ça se passe ? Lorsque j’envoie un ordre du jour au président du conseil d’administration, c’est à lui de porter ses amendements. Puisque lui, il n’a aucune objection et que l’objection vient d’ailleurs. C’est la personne qui s’est dit que je n’ai pas d’arguments, donc je ne peux pas répondre et c’est la tutelle qui répond à sa place. Pourquoi l’accord d’établissement ? Nous sommes une structure financière et en toute logique, on devrait être accroché à la convention des banques et établissements financiers. Des gens qui gèrent des milliards. Celui qui a été refusé pour dire que nous sommes un établissement à caractère culturel. Entre nous, culturel pourquoi ? On veut l’argent des bailleurs de fonds ? Personne ne met son argent là où il n’est pas sûr de le récupérer et on est en micro-finance et c’est du business. Et c’est des points d’achoppement. Ce qui veut dire que c’est une structure qui est gérée sous forme de don ou de subvention. Si vous faites attention, depuis qu’on parle de micro-finance dans ce pays, aucun bailleur de fonds outre que la Boad (ceci sous l’influence personnelle du chef de l’Etat), n’a mis un sou dans la micro-finance. Il y a des problèmes et c’est de cela qu’il faut parler et non mentir et raconter ce qui n’existe pas. Voilà comment ça fonctionne avec le Conseil d’administration. Vous allez vous dire que voilà un jeune qui vient et qui nous roule dans la farine. Je ne marche pas avec cela car ceux qui me connaissent savent que je suis un homme de principe. Je ne m’engage pas dans ce que je ne connais pas et je pense que c’est ça qui a gêné et qui a toujours gêné. Puisque j’ai cru au changement et je me suis dit que tout doit être droit. Maintenant, si les gens ne veulent pas que cela soit droit, ils n’ont qu’à dire clairement leurs intentions et non nous coller ce qui n’existe pas. Le fonds est comme un bailleur de fonds. C’est à dire celui qui a l’argent et qui finance les institutions à la base. C’est pour cela que c’est un fonds de la micro-finance lorsqu’on a dit le micro-crédit aux plus pauvres. On m’accuse d’avoir donné une liste de bénéficiaires des micro-crédits. Quand et comment ?
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