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CHRONIQUE DU JOUR
La danse du ventre et le piège des recalés politiques 

25 juillet 2008

par Sulpice O. Gbaguidi

A la queue leu leu, ils défilent sur les écrans, crachent sur les ondes pour croquer la matière offerte par les crises alimentaire et politique qui émeuvent la nation béninoise. Les amuseurs de galerie et les pantins se mettent en évidence. Nous sommes dans l’arène des acrobates du cirque politique.

 

Que viennent-ils dire, ces opportunistes rejetés par les populations ? Pourquoi font-ils irruption en pleine crise ? Et pourtant, la situation politique nationale et l’inflation impitoyable sont si préoccupantes qu’elles ne tolèrent la dangereuse intrusion des recalés. Comme une malédiction, les eaux troubles de l’actualité ont mis en scène ces sinistres nageurs maîtres dans l’art de polluer l’environnement à chaque plongée. D’anciens députés et autres jeunes politiciens en mal de popularité sèment la confusion.

 

Des sorties médiatiques inexplicables permettent en effet à de politiciens véreux de fondre dans des déclarations au miroir de leur précarité. Il est vrai que l’accumulation des échecs et la peur d’être enterré par l’oubli peuvent désorienter l’esprit. Je suis profondément consterné par l’attitude de ces gens incapables de prouver leur utilité et qui, en mauvais joueur marient l’instinct à l’échec.

 

On exploite la crise à des fins politiques pour sortir des profondeurs de l’eau. On s’érige en avocat du diable dans l’espoir d’obtenir de contrepartie. Les transfuges délaissés excellent dans cet exercice et assument, éhontés, la tricherie dans le discours. La production du zèle et de l’agitation est intense. Même le mensonge vient le plus souvent soutenir la volonté de séduire le chef de l’Etat. Mais Boni Yayi n’est certainement pas dupe. En spectateur averti, il observe les numéros de nos clowns laissés-pour-compte ; nos clowns aux gants cloutés mués en boute-en-train. Ces politiciens savent si bien patiner qu’ils n’hésitent pas à défier la réalité. Quand on n’a pas réussi à se faire réélire député après la transhumance, on devrait sagement éviter de s’inviter gauchement et cyniquement dans un débat aussi sensible que celui de blocage à l’Assemblée nationale. De même, le défaut d’audience et l’effondrement dans l’opinion doivent beaucoup plus pousser à mieux gérer sa carrière politique. Aussi, de jeunes politiciens, adeptes de formules et mouvements artificiels devraient-ils cesser d’importuner le peuple avec de conférence de presse visant à quémander l’estime du président de la République. Bossuet dirait que ``la sagesse humaine apprend beaucoup quand elle apprend à se taire’’. Mais la danse simiesque d’anciens députés aux abois et les glapissements de jeunes désoeuvrés politiques ont brisé le silence souhaité.

 

Le souci de plaire à Boni Yayi est un mal qui affaiblit certains politiciens en disgrâce. Et la crise n’a pas discipliné cet instinct. Les opportunistes continuent de sarcler du granite et de malaxer la boue. Mais, à trop s’enfoncer dans la glaise du ridicule, ils risquent le suicide politique. Yayi doit jouer la carte de la méfiance devant les flatteurs et les démagogues sevrés de prébendes. Le soutien des poids plume est encombrant. Leur discours est suspect.

 

La situation de crise est propice à la réconciliation politique. Elle a implicitement désigné les vrais interlocuteurs de Boni Yayi. La rencontre avec Nicéphore Dieudonné Soglo inaugure le temps du dégel. D’autres initiatives d’apaisement avec les autres grosses écuries de la politique sont attendues.

 

A l’heure de la conjoncture difficile, la mendicité politique développée dans la galerie des recalés est à décourager. Dans une levée en masse, il est souhaitable de confondre ces politiciens désespérés et obligés de grimacer sur les écrans pour vivre. C’est à Yayi d’éviter le piège des légers courtisans. Seul le dialogue avec Soglo, Houngbédji, Amoussou, Idji et les leaders du G13 et de Force Clé peut débloquer la situation.

Sulpice O. Gbaguidi

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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