CONDITIONS EXÉCRABLES DE TRAVAIL DES ENSEIGNANTS ET QUALITÉ DE L’ÉDUCATION
Bénin: " Ce qu’on fait aux enseignants est satanique "
6 octobre 2008
par Charles YANSUNNU
" Ce qu’on fait aux enseignants au Bénin est satanique ". Ainsi s’exprimait le communicateur, Bienvenue Ayihoun lors d’une conférence débat organisée par la Jeune chambre internationale (Jci) soleil au siège de la Cgtb. " Les conditions de travail des enseignants et l’éducation de qualité " est le thème retenu par cette organisation pour célébrer la Journée de l’enseignant. Nanti de plus d’une trentaine d’années d’expériences dans la profession enseignante, Bienvenu Ayihoun a peint un tableau sombre des conditions de travail des enseignants. Payé à 365.000Fcfa non compris le logement en Côte d’Ivoire où il a servi pendant 7 ans depuis 1982, le communicateur dira que son premier salaire au Bénin est de 30.000Fcfa avec un prélèvement de taxe civique avoisinant 1900Fcfa. 20 heures de cours en tant que professeur certifié, il ne sait à quand son salaire atteindra ce taux, a-t-il dit. Un tableau effiloché par endroits, une qualité de la craie qui laisse à désirer, des cahiers de notes remis en Janvier et un effectif pléthorique. Bref, des conditions de travail des enseignants qui sont peu reluisantes malgré le forum sur l’éducation et qui ne sont pas selon lui sans conséquence sur la qualité du travail. " Les conditions sociales déterminent la conscience de l’homme " dira Bienvenue Ayihoun.
Abondant dans le même sens, Raoul Affagnon a souligné qu’il y a un grand fossé entre ce que prévoient les textes et la pratique sur le terrain. Ceci dans le public comme dans le privé. Au nombre des facteurs favorisant une bonne éducation, figurent selon lui, la qualité des infrastructures scolaires, la formation initiale et continue, la charte horaire et le matériel didactique adéquat, le personnel auxiliaire et les congés et vacances. Face à un gouvernement qui joue au mythe de Pénélope, pour Raoul Affagnon, l’eldorado n’est pas pour demain. Mais il importe que tous les acteurs soient informés afin de mieux comprendre les enseignants. Pour la Jci, avec ses moyens de bord limités, les séances du genre seront multipliées afin de corriger le tir.
" Nous irons dans les salles sans travailler "
Loin d’être un oiseau de mauvais augure, l’année scolaire 2008-2009 se prépare à mettre à son actif des grèves. C’est le moins qu’a révélé un syndicaliste affilié au front des trois ordres d’enseignement en présence du porte-parole du front. " Nous allons faire des grèves à ne point finir. Parce que nous sommes restés à la maison et le gouvernement a fait des défalcations sur salaire au point où des enseignants ont perçu 7.000Fcfa. Maintenant, nous allons changer de stratégie. Nous irons dans les salles de classe mais cette fois-ci sans travailler. Et nous allons voir ce que le gouvernement va faire " a déclaré un syndicaliste lors de cette conférence débat. C’est dire donc que les syndicalistes changent de fusil d’épaule cette année pour se faire entendre par le gouvernement.
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