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CHRONIQUE DU JOUR


Pour une histoire de Fac, le roi Boni 1er ressuscite le PRPB !!!

 

10 février 2009 - FRATERNITE

par Sulpice O. Gbaguidi

Le monde politique s’est enrichi de la création d’un nouveau mouvement inscrit dans le registre des instruments au service de la volonté d’hégémonie du régime du changement. Son nom de baptême : Force Agissante du Changement (Fac). Cette dénomination fait penser aux Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (Farc).

 

Mais de là à confondre nos Fac à ces Farc preneurs d’otage, le pas ne devrait pas être vite franchi même si dans le rang de nos Fac figurent d’illustres révolutionnaires, juste d’anciens théoriciens marxistes léninistes et non des guérilleros communistes. Tenez-vous tranquille ! Manuel Marulanda Velez, Raul Reyes et Ivan Rios n’ont pas une nouvelle vie au Bénin. L’histoire des Fac n’est donc pas celle d’une réincarnation des responsables de Farc tués en Colombie.

 

L’irruption des Fac dans le périmètre politique de Boni Yayi pose le problème de la vraie nature du changement. La vision du chef de l’Etat serait-elle condamnée à être vidée de son substrat, de son essence ? L’ossature des Fac annonce peut être l’apothéose de la perversion massive de la vision. Ces désormais ténors des Forces agissantes du changement avaient déjà agi dans un passé récent pour des résultats qu’ils auront horreur de revendiquer. Ali Houdou et Martin Dohou Azonhiho sont dans les annales du Prpb. Le Général a même connu une résurrection tardive au crépuscule de Kérekou III avec une nomination anecdotique dans les rayons du gardiennage au port, puis un sublime portefeuille de la défense malheureusement vite consumé par la fin de mandat du Kaméléon. D’autres chantres du kérékouisme, Idrissou Ibrahima et Timothé Adanlin....ont subitement la vocation de faire triompher le changement. Candide Azannai, infortuné transfuge de la Rb et Lionel Agbo, double candidat malheureux à la présidentielle (2001 et 2006) et porte parole lésé, portent volontiers la casquette Fac pour s’assurer une sécurité dans le changement.

Avec l’envahissement du système par une ribambelle de politiciens en disgrâce ou anéantis par la nouvelle vision du pouvoir, le changement court le risque de prendre l’eau. Le soutien des Fac peut mettre l’idéologie de Boni Yayi en souffrance et se révéler, de ce fait, encombrant pour le mandat. Le changement, puisqu’on en parle depuis bientôt trois ans, est en proie à un égarement avec ses recrutements politiques anarchiques qui banalisent la vision du chef de l’Etat.

 

Le poids électoral des Fac, même si on le sait négligeable, n’est pas la question fondamentale. Pour 2011, élection sans doute indécise, chaque voix devrait compter, et les Fac assumeront des miettes qui pourraient néanmoins intéresser. L’acceptation des Fac, mouvement drôlement peint au slogan forcené, met en péril la crédibilité du changement. Dans le choix de ses partenaires politiques, Boni Yayi gagnerait à ne pas s’acoquiner avec les politiciens de l’ancienne époque actuellement mis en quarantaine par les électeurs. Seules les urnes ont le pouvoir de désigner les politiciens du passé aptes à se mêler des affaires du changement. Les législatives de mars 2007 avaient notamment fait la sélection et indiqué la voie à suivre au chef de l’Etat dans ses négociations pour l’ouverture.

 

Maintenant que les G et F ont résolument fermé les vannes du rapprochement, le régime semble tourner désespérément vers l’instrumentalisation de forces incompatibles avec la vision du leader Boni Yayi. Pour malheureusement un dérèglement moral du rêve du changement.

Sulpice O. Gbaguidi


 

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Tag(s) : #EDITORIAL
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