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Surenchère des produits vivriers sur les marchés:Les prix grimpent et se stabilisent [15 novembre 2007]
Après le prix du pain qui a connu une augmentation de 36% il y a quelques semaines, ce sont les produits vivriers locaux qui connaissent une hausse de pris inquiétante. ...

Le kilogramme de riz qui coûtait 350 est passé à 400 Fcfa ; la mesure de gari vaut 200 au lieu de 125 Fcfa ; celle du maïs s’emporte à 250 au lieu de 125 parfois même 100 Fcfa ; le sachet de spaghetti est passé de 150 à 175 Fcfa. Quant à l’huile, le litre coûte désormais 700 contre 650 Fcfa il y a quelques semaines. La douzaine de concentrée de tomate de 900 Fcfa, a connu une augmentation de 50Fcfa. Pour acheter ½ Kilo de poisson congelé, il faut débourser 375 au lieu de 350 Fcfa. Voilà autant de produits importés et exportés qui depuis que l’on parle de la hausse du cours du pétrole sur le plan mondial, ont connu aussi une hausse parfois exagérée. Pour Camelia C. une étudiante qui achète et revend des produits vivriers dans sa concession à Godomey, cette situation est anormale. « On ne sait pas pourquoi du jour au lendemain, les prix du gari et du maïs peuvent passer du simple au double », se plaint-elle. Pendant que dit-elle, on se plaint de ce que le revenu du Béninois est faible, tout coûte cher sur le marché et le gouvernement ne semble pas s’en inquiéter. Les principaux acteurs de cette surenchère à savoir les commerçants des marchés, se plaignent aussi. Pour dame Irène Agondanou, une vendeuse de produits vivriers, l’augmentation du prix de transport est à la base de l’augmentation de ses marchandises. « Je vais chercher mes marchandises à Bohicon. Le transport coûtait 1200 Fcfa au plus, mais depuis quelques jours, c’est 1500 Fcfa ou rien. Quand c’est comme cela, je suis obligée de vendre mes produits plus chers pour ne pas vendre à perte », confie la commerçante. D’une vendeuse à une autre, le constat et la justification sont les mêmes. Du paysan, au transporteur en passant par la commerçante et le consommateur, tout le monde se fait passer pour la victime dans cette situation. Où trouver alors la vraie explication à cette hausse qui de prime abord, parait injustifiée ? Anagonou, une vendeuse de sacs de mais au marché de Missèbo à Golo-djigbé, fait savoir que les producteurs se sont plus adonnés cette année à la culture du coton qu’à celle des autres produits. Ce qui a fait chuter la production des produits vivriers. Omolabi, quant à lui est un cultivateur. Il accuse la nature à cause de la faible pluviométrie qui a occasionné le faible rendement des récoltes. Pour Judicaël T., ce sont les associations de défense des consommateurs qui ne jouent pas leur rôle. Pour lui, ses associations auraient déjà dû réagir comme au Sénégal, pour amener le gouvernement à prendre des décisions allant dans le sens de la sauvegarde des intérêts des consommateurs.

Possible répercussion du cours mondial du pétrole

A la Ligue pour la défense du consommateur béninois (Ldcb), l’on n’est pas sans ignorer cette situation aux dires de l’assistant aux programmes, Etienne Badou. Il reconnaît que les consommateurs ont raison de penser que les associations de défense des consommateurs ne font rien. Mais, précise-t-il, celles qui sont dignes du nom, ont à cœur la résolution de cette hausse des prix qui n’a que trop duré. Pour lui, il ne faut pas tout de go jeter la pierre aux commerçants qui pratiquent des prix plus élevés que de coutume, même pour les produits locaux. Il faut dit-il, rechercher les déterminants de cette surenchère avant de se rapprocher des gouvernants pour leur faire des propositions comme cela a été récemment le cas au Sénégal. « Le cours du pétrole y est pour quelque chose dans la hausse des prix des produits importés, mais pour ce qui est des produits locaux tels que le gari et le maïs, cela n’est à priori pas raisonnable. On peut encore moins parler de pénuries car nous sommes à la fin de la petite saison pluvieuse, et le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche n’est non plus monté au créneau pour nous dire que la campagne agricole a été mauvaise. Il faut pousser plus loin les études sur le marché et dans toutes les structures compétentes de l’Etat pour ne pas donner dans le verbiage », explique Etienne Badou. Il ne faut cependant pas ignorer que cette hausse du cours du pétrole peut agir sur les transports, les coûts de production et sur les autres domaines de la vie. Ainsi, le cultivateur qui achète le pétrole lampant et la boite d’allumettes plus chers dans un tel contexte, répercutera ce surplus sur le prix de vente de ses produits. Le transporteur qui ramène les produits en ville en fera autant et la commençante aussi. Et finalement c’est le consommateur qui paie le prix fort. Mais il faut être prudent dans ce genre d’analyses. C’est cette prudence dans l’action qui soutient Etienne Badou, a caractérisé la prise de position de la Ldcb à travers le communiqué du 7 novembre dernier face à la hausse du prix du pain. Concernant justement la question du pain, la Ldcb invite le gouvernement à trouver une modus vivendi avec les boulangers dont les raisons en faveur de l’augmentation touchent au renchérissement des prix des prix des matières premières sur le marché mondial, pendant que les prix du pain sont restés bloqués pendant des années. Elle souhaite aussi que les services compétents du ministère de l’Industrie et du Commerce procèdent à un contrôle de la qualité et du grammage du pain servi aux consommateurs nonobstant l’augmentation des prix. « Il faut que nous ayons des propositions qui tiennent la route avant d’aller négocier avec le gouvernement en place. Il ne manquera pas de nous écouter puisqu’il a fait de la gouvernance concertée, son cheval de bataille », conclut Etienne Badou. Vivement que cette situation trouve une solution et que les commerçants ne profitent pas du cours du pétrole sur le marché mondial pour ne plus baisser les prix lorsque tout redeviendra normal.

Christian Etèkpo et RA

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Tag(s) : #Le matinal
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