Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 14:34

BENIN - Experts Lépi: Kwabo !

 

 

2 février 2012 par  

 

 

Une délégation de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), séjourne actuellement à Cotonou dans le but d’évaluer la Liste Electorale Permanente Informatisée (Lépi) en dix (10) jours. Le délai semble être très court pour examiner une Liste Electorale Permanente Informatisée (Lépi). Tant les problèmes sont énormes. En effet, la Lépi  » Bako  » du nom de son coordonnateur est handicapée de plusieurs maux. Par exemple, il y a la masse des exclus. Ensuite, la création des villages supposés fictifs qui ne correspondent à rien de physique sur le terrain, notamment dans le mono. Il y a aussi la répartition des électeurs sur les listes électorales et la création fantaisiste des bureaux de vote. Peut-on raisonnablement faire l’audit et tirer des conclusions fiables en si peu de temps ? C’est une course contre la montre. La Lépi sera encore utilisée pour les élections communales et municipales. Voilà pourquoi, l’évaluation revêt un caractère de grande utilité.

 

La délégation de l’OIF peut dévoiler, -nous sommes curieux de le savoir- ses objectifs spécifiques, sa méthodologie et les résultats auxquels le commanditaire de l’évaluation désire aboutir. En l’absence d’une méthodologie clairement définie, le travail pourrait pécher par amalgame. Les experts sont les bienvenus dans un pays où la tolérance intellectuelle est encore de mise. Ils auront à présenter un rapport qui contiendra un cheminement, une logique, des faits, des graphiques. Ce qui augure d’une belle empoignade juridico -littéraire. Il n’y aura pas de place pour la diversion. Ce qui compte, ce sont les recommandations, les failles du dispositif et les essais d’amélioration.

 

Le délai peut paraître court. On peut supposer qu’un travail préliminaire a été fait. La longue liste des audiences institutionnelles peut être à l’origine de plusieurs pertes de temps. Aller à l’essentiel est le meilleur choix possible. Les audiences institutionnelles à l’africaine ne sont pas chronométrées. Les échanges se transforment souvent et très rapidement en discussions d’arbres à palabres. Voilà pourquoi cette étape de l’emploi du temps doit être gommée pour examiner les épines de la Lépi.

 

Evaluer suppose aussi mettre en exergue les faiblesses et les atouts. Les experts internationaux de l’OIF vont répondre à des questions substantielles dont voici la teneur :

 

-Est-il possible de réinscrire les citoyens béninois qui n’ont pas pu s’inscrire lors de la dernière opération de lancement ?

 

- Combien coûtera à l’Etat béninois le réexamen ou la correction de la Lépi ?

 

-Quelle expertise informatique est -elle requise pour continuer le travail au Sap/Céna ?

 

- Le vote électronique proposé par le séminaire de la Cour Constitutionnelle à Grand-Popo est-il pertinent et opportun ?

 

- Dans le cas échéant, de combien de machines devrions-nous disposer pour atteindre les indicateurs de performance préalablement définis ?

 

Ce sont autant de questions qui montrent que l’arrivée des experts a un double intérêt, politique et technique, pour tous les acteurs. A s’y méprendre, les experts pécheraient de n’avoir pas pris en compte les centres d’intérêt des uns et des autres. La paix précaire du pays doit être renforcée. Cela passe par la justice, l’équité. Le travail des experts peut être scientifique. Dans une telle perspective, il convient d’explorer les règles immuables de la statistique appliquée au monde des vivants. La Lépi n’est pas seulement un instrument de désignation de gouvernants. Elle est aussi un outil au service de la croissance économique en ce sens qu’elle constitue une aide à la décision. Pris sous cet angle, on doit souhaiter que l’évaluation des  » experts internationaux  » ne soit pas bâclée ou arrangée. C’est le vœu de ceux qui croient en la science et à la technique où la neutralité est un principe fonctionnel.

 

Herbert Houngnibo

 

Source: La Presse du jour

 



 

 
 
 
Par illassa.benoit - Publié dans : EDITORIAL
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 00:59
SENEGAL: «cinq singes + un babouin = un pays en feu»
  
 
Des milliers de Sénégalais se sont rassemblés ce mardi place de l’Obélisque à l’appel du M23
 
 

 

 

   

 
Ce mardi, environ 10.000 personnes ont manifesté à l’appel du Mouvement du 23 juin, qui rassemble partis d’opposition et organisations de la société civile, pour protester contre la validation de la candidature d’Abdoulaye Wade. Des heurts ont éclaté en début de soirée. D’après les médias locaux, le bilan s’élève, mardi soir, à au moins deux morts et plusieurs blessés graves.
 

« Wade n’a qu’à dégager ! Nous ne voulons plus de lui ! », lance Youssou, un étudiant en colère. Ce mardi, ils étaient environ 10.000 à manifester place de l’Obélisque à l’appel du M23 pour dire non à un troisième mandat d’Abdoulaye Wade suite à la validation de sa candidature par les cinq « sages » du Conseil constitutionnel. Des jeunes bien sûr, mais également des femmes et des pères de famille. Parmi les nombreuses pancartes et banderoles, on peut lire : « la Constitution n’est pas un brouillon », « cinq singes + un babouin = un pays en feu » ou encore « nous aurons notre Benghazi ». À l’arrivée des « yenamarristes », la foule s’anime.

 

« Nadem, nadem ! » (« va-t-en » en wolof), reprennent en chœur les manifestants dans une ambiance bon enfant. « Sarkozy doit dire à Wade de partir », insiste Mamadou saluant l’intervention américaine de la veille. Lundi, la porte-parole du département d’Etat avait invité le président sénégalais, 86 ans, à « céder la place à la prochaine génération ».

 

Postés trois cents mètres plus loin en direction du Plateau, le centre administratif et économique de Dakar, environ 150 policiers anti-émeutes, quatre véhicules dont un blindé et un camion surmonté d’un canon à eau veillent au grain. Depuis le matin, des escadrons de surveillance et d’intervention sont garés à chaque rond-point de Dakar ou presque.

 

Qualifié la veille d’« appel à l’insurrection » par Serigne Mbacké Ndiaye, porte-parole de la Présidence, le rassemblement de l’opposition et de la société civile est finalement autorisé à la dernière minute par les autorités. Vers 16 heures, les leaders du M23 dont Macky Sall, Ibrahima Fall, Idrissa Seck ou Moustapha Niasse arrivent sur l’esplanade. Amath Dansokho, secrétaire général du Parti de l’indépendance et du travail (PIT), prend le micro et dénonce le « coup d’Etat constitutionnel » d’Abdoulaye Wade mené « avec la complicité de magistrats corrompus ». « Il faut qu’il comprenne que c’est fini pour lui ! », ajoute-t-il. Alioune Tine, coordonnateur du mouvement du 23 juin, lui succède. Libéré lundi soir après avoir passé 48 heures de garde-à-vue suite au décès d’un policier lors des violences du 27 janvier, le président de la Rencontre africaine de défense des droits de l’homme (Raddho) est très applaudi.

 

La manifestation dispersée dans un nuage lacrymogène

 

La plupart des leaders regagnent leurs véhicules 4x4. Dans la foule, certains manifestants se montrent déçus par la tournure des évènements. « Nos leaders sont des peureux !, estime Saliou Ndiaye, un militant rewmiste (le parti de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck) en quittant les lieux. Il y avait du monde. Il fallait faire une marche pacifique vers le Palais au lieu de rester là à ne rien faire ! » Vers 19 heures, quelques jeunes surchauffés s’en prennent aux policiers. Les grenades lacrymogènes et le canon à eau répondent aux jets de pierres.

 

Parmi les derniers leaders sur place, Moustapha Niasse, candidat à la présidentielle, se réfugie dans une maison pour échapper aux gaz lacrymogènes. Des véhicules pick-up chargés de policiers s’engagent ensuite dans les rues adjacentes à la poursuite de petits groupes de protestataires, dont certains tentent d’ériger des barricades de fortune avec des pneus incendiés. Les affrontements se répandent dans les quartiers de Niary Tally et HLM. D’après plusieurs médias locaux, le bilan s’élève à l’heure où nous écrivons à au moins deux morts, une jeune fille écrasée par un véhicule de la police et un étudiant, et plusieurs blessés graves ce qui porterait à six le nombre de morts dû aux violences politiques en cette période préélectorale dans le pays.

 

« C’est comme d’habitude, regrette Alioune Tine, coordonnateur du M23. La police profite de quelques provocateurs pour disperser la foule. Il faut que les forces de l’ordre gardent leur sang-froid. » « La manifestation a été massive et pacifique, poursuit-il. Nous manifestons pacifiquement et nous entendons manifester tous les jours place de l’Obélisque jusqu’au retrait de la candidature d’Abdoulaye Wade. » Entre le président et son opposition, le bras de fer continue. Et les morts s’accumulent.

 

Source: Afrik.com


 

 
 
 
 
Par illassa.benoit - Publié dans : Politique Africaine
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 21:54

Samedi 28 janvier 2012

  

 

Qui sera le futur président de la Commission de l’Union africaine ?

 

 

Par

Jean-Karim Fall

 

 

Au crépuscule, les habitants d’Addis-Abeba, observent médusés les jeux de lumière sur la tour qui domine le nouveau complexe de l’Union africaine. Le drapeau chinois et l’emblème de l’Union africaine claquent au vent. Symbole de l’amitié sino-africaine ce bâtiment aurait coûté aux Chinois 250 millions de dollars.

 

Le nouveau siège de l’Union africaine, a été construit à proximité de l’ancien, sur le site d’une ancienne prison où ont croupi pendant des années les prisonniers politiques de l’ancien dictateur Mengistu Hailé Mariam, aujourd’hui réfugié au Zimbabwe. Dans l’immense salle de conférence, se joue depuis trois jours, un mélodrame qui occupe les esprits, et qui a éclipsé tous les autres questions à l’ordre du jour. Qui sera le futur président de la Commission de l’Union africaine ?

 

Duel Jean Ping /

Dlamini Zuma

 

Le sortant Jean Ping, qui bénéficie du soutien de l’Afrique centrale et la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest). L’actuelle ministre sud-africaine de l’Intérieur, Madame Dlamini Zuma, soutenue par son ex-époux le président Jacob Zuma et les pays de la SADC.

 

La bataille est rude et les partisans des deux candidats tentent de convaincre les indécis, ceux qui feront la différence, à savoir les pays du Maghreb et de l’Afrique de l’Est. Selon un diplomate qui milite pour la réélection de Jean Ping, la désignation du président de la Commission obéit à une règle non écrite qui a toujours été respectée : un grand pays ne peut pas présenter sa candidature à un poste d’une telle importance. « Imaginez un Américain candidat au poste de secrétaire général des Nations unies ! C’est impensable », affirme cette source.

 

Dans l’autre camp, on balaie d’un revers de main cette théorie qui handicape les puissances régionales. Les partisans de Madame Dlamini Zuma soulignent que l’Afrique du Sud est une puissance émergente, membre des BRICS, (coalition informelle de pays émergents, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud), et qu’à ce titre c’est un état respecté sur la scène internationale. « L’Union africaine a tout à gagner et Madame Zuma a démontré des capacités de diplomate », souligne, sous couvert d’anonymat, un ministre d’Afrique australe.

 

Vers un scrutin à plusieurs tours

 

L’équation est simple : le futur président de la Commission de l’Union africaine doit être élu à la majorité des deux tiers, lors d’un vote à bulletin secret. Selon plusieurs ministres, aucun des deux candidats ne devraient atteindre cette majorité des deux tiers à l’issue du premier tour. On s’acheminerait alors vers l’organisation de plusieurs tours jusqu’à l’obtention de cette fameuse majorité des deux tiers…

 

Pour de nombreux observateurs et participants, ce serait le scénario catastrophe, car l’Afrique afficherait publiquement ses divisions. Les partisans de Jean Ping militent activement pour un retrait de Madame Zuma, une hypothèse que les Sud-Africains excluent catégoriquement pour l’instant. « Zuma est intransigeant sur cette question », regrette un ministre d’Afrique centrale, qui redoute un blocage total avec une impossible majorité pour désigner le futur président de la Commission.

 

Mais au-delà de la rivalité entre deux candidats, ce bras de fer illustre la farouche bataille que se livre les deux puissances économiques du sud du Sahara pour représenter le continent, avec en toile de fond la future réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et la perspective d’un ou deux sièges de membre permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité.

 

Boni Yayi sera investi président en exercice de l’UA pour un an

 

Le Nigeria et son président Goodluck Jonathan militent activement pour la réélection de Jean Ping. Selon plusieurs ministres, Abuja a tenté, en vain de prendre le contrôle de la présidence tournante de l’organisation, actuellement occupée par la Guinée équatoriale. Cette tentative a échoué samedi soir, notamment grâce au Ghana qui a été l’artisan de l’échec nigérian.

 

Dans un premier temps le président ghanéen Atta Mills a réuni autour de lui ses homologues nigérian et béninois. Selon une source diplomatique le président Atta Mills aurait fait comprendre à Goodluck Jonathan qu’il ne pouvait pas se présenter à la dernière minute et sans en informer ses pairs. Un peu plus tard, dans une salle exigüe, les chefs d’Etat de la Cédéao se sont retrouvés dans une atmosphère tendue. Au bout de quelques minutes les présidents ivoirien, burkinabè, ghanéen et béninois sont sortis de cette salle pour s’isoler dans une autre pièce. C’est là que le choix définitif du Bénin s’est joué. Au bout de quelques minutes le président Boni Yayi est sorti, sourire aux lèvres. Il sera investi, dimanche par ses pairs, président en exercice de l’UA pour un an.

 

Source RFI

 

 



 
 
 
 

L'Union africaine inaugure dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, ce samedi 28 janvier, son nouveau siège, financé et construit par la Chine. Un 18ème sommet marqué par la bataille que se livre en coulisses le président sortant de la Commission, le Gabonais Jean Ping, candidat à sa propre succession, et sa concurrente, l'ancienne ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Dlamini Zuma, pour la présidence de l'organisation.

 

Par illassa.benoit - Publié dans : Politique Africaine
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 21:36

28/01/2012 à 20h:13

  

  

 

Bénin: Boni Yayi prend la présidence tournante de l'UA

 

Par Anne Kappès-Grangé, envoyée spéciale

 

Même s'il était le mieux placé, Boni Yayi a dû batailler pour remporter la présidence de l'UA. 

 

La nouvelle sera officielle à l'ouverture du sommet de l'Union africaine, ce dimanche à Addis Abeba : c'est le Béninois Boni Yayi qui prend la présidence tournante de l'institution pour un an. Reste à déterminer qui occupera la présidence de la Commission pour les quatre années à venir.

 

Une partie du suspense a été levé à Addis-Abeba, où s’ouvre ce dimanche le 18e sommet de l’Union africaine (UA). On ne sait toujours pas qui, du Gabonais Jean Ping ou de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, prendra la tête de la Commission de l’UA, mais c’est bien le Bénin qui exercera pour un an la présidence tournante de l’UA.

 

Le président Boni Yayi a pourtant bien cru que le poste allait lui échapper. Un temps intéressée, la Guinée et la Gambie s'étaient certes retirées de la course, laissant le Bénin seul en lice (puisqu’il était entendu que le poste devait revenir a l’Afrique de l’Ouest).

 

Mais en milieu de semaine, sans en informer au préalable son voisin et sans faire officiellement acte de candidature, le Nigeria avait a son tour manifesté son souhait d’entrer dans la course.

 

 

Soutien du Ghana et du Burkina Faso

 

Très contrarié, Boni Yayi a multiplié les consultations dans la capitale éthiopienne et reçu le soutien public du Ghana et du Burkina Faso. Et ce sont les pays membres de la Cedeao, réunis samedi soir à huis-clos, qui ont finalement tranché. « Ça a été chaud, raconte un participant, mais c’est finalement le Ghana qui a convaincu le Nigeria de se désister ».

 

« Accra, poursuit un diplomate ouest-africain, a simplement été légaliste, en faisant valoir qu’Abuja ne s'était pas officiellement porté candidat. » Cela signifie-t-il que le Bénin renonce à prétendre au secrétariat exécutif de la Cedeao – poste convoité à la fois par Cotonou et par Ouagadougou ?

« Certainement pas, tranche un membre de la délégation béninoise. Cela ne fait pas partie du deal et il est clair qu’aucune décision concernant la Cedeao ne sera prise ici, a Addis. Nous nous retrouverons le 16 fevrier à Abuja ; nous déciderons à ce moment là ».

 


Source: Jeuneafrique.com

 



 

 
 
 
 
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 20:59

Jeudi 26 janvier, 2012

  

 

SENEGAL: Cheikh Tidiane Diakhaté, l’entêtement d’un juge récidiviste, à la loyauté presque compulsive envers Abdoulaye Wade

 

 

Par Souleymane Jules Diop

 

 

« Il n’y a d’opposition qu’inconditionnelle
dès lors qu’il s’agit de substituer
un système de gouvernement à un autre.
Retoucher, aménager le pouvoir absolu,
c’est déjà composer avec lui »


François MITTERRAND

 

 

Pour la première fois depuis fort longtemps, ce n’est pas ce que va faire Abdoulaye Wade qui va compter pour nous sénégalais, mais ce que va dire Cheikh Tidiane Diakhaté. Depuis deux ans, nous tentons de pousser le chef de l’Etat au choix qui nous semble le meilleur, le seul qui l’honore vraiment, qui le ferait entrer dans le petit cercle des chefs d’Etat africains ayant quitté le pouvoir par la voie pacifique. C’est à la mesure des dangers auxquels nous expose un troisième mandat sollicité en violation de la Constitution, à bientôt 90 ans.

 

D’abord en petit groupe, nous avons ensuite été rejoints par toutes les forces vives de ce pays et la quasi-totalité de nos partenaires au développement. Abdoulaye Wade s’est montré défiant envers son peuple, qui s’est soulevé plusieurs fois pour arrêter ses velléités monarchiques. Il emploie aujourd’hui son chauvinisme déplacé et son arrogance passionnée contre l’administration Obama, dans des termes qui rappellent ceux du sanguinaire Bachar El Assad et du tyrannique Ahmedinejad. Aucun homme religieux ne le défend, aucune organisation crédible ne l’appuie, aucun parti politique sérieux ne soutient son projet. C’est reclus dans son palais avec quelques souteneurs zélés qu’il a confectionné son dossier de candidature à la hâte, dans une précipitation qui révèle l’amateurisme de ses hommes et la gêne qu’ils éprouvent. Et nous voilà, à la veille d’une grande confrontation, soumis à l’attente éprouvante des délibérations du Conseil constitutionnel et de son président. C’est de ces cinq hommes qu’Abdoulaye Wade et ses hommes de main ont pris en otage en faisant semblant de les protéger, que dépend désormais l’avenir du pays. A Cheikh Tidiane Diakhaté aussi, nous avons fait entrevoir la portée de sa décision, qui lui fera entrer dans l’histoire s’il fait preuve courage et d’indépendance en désavouant Abdoulaye Wade. La communauté internationale est trop impliquée dans cette élection, pour qu’il puisse lui arriver quoi que ce soit d’épouvantable, s’il rendait un arrêt défavorable au président Abdoulaye Wade.

 

Mais nous n’avons rien pu faire contre l’entêtement d’un juge récidiviste, à la loyauté presque compulsive envers Abdoulaye Wade et d’une traitrise maladive quand il s’agit de son peuple. Les appels de ses nombreux amis, la peur des membres de sa famille de le voir trahir n’ont en rien entamé sa détermination à se déshonorer. Cheikh Tidiane Diakhaté assume que le coup tordu qu’il se prépare à asséner au peuple sénégalais sera sans conséquence. « Les gens vont manifester un peu et après ils vont se calmer », a-t-il assuré au chef d’Etat octogénaire, content de noter chez son juge un « esprit positif ».

 

Face à une nuée aussi fangeuse que nauséabonde, point besoin d’être plus long. Il faut être court, précis et déterminé : chacun doit se préparer à sacrifier sa vie pour le bien de son peuple. Je dis bien chacun, à commencer par les candidats à la présidence de la République. S’ils veulent justifier le bien fondé de leur prétention à diriger la République, ils doivent commencer par la défendre quand elle est menacée. J’avais dit ailleurs que c’est aux juges du Conseil constitutionnel de dire ce qui doit être, c’est à nous de dire ce qui va être.

 

Tout se résume donc à ce principe kantien qui doit être au cœur de la foi militante de chacun, « agis comme si tout dépend de toi ». J’ajouterai que si Ousmane Ngom nous refuse notre liberté, c’est à nous de la prendre.

 

PS :

Je vais faire un petit commentaire suite à notre défaite en Coupe d’Afrique des Nations, pour dire ceci : les entraîneurs comme les présidents, il convient de bien les choisir.

 

Nous avons désigné un homme qui n’a jamais été brillant en tant que footballeur, se contentant de piètres performances en divisions inférieures. Mais surtout, il n’a jamais pu trouver une place en équipe nationale et nous avons voulu en faire l’entraîneur de cette équipe. Pour terminer, j’ajouterai ceci et que ceux qui sont endeuillés par la défaite de mercredi me pardonnent : c’est avec pieds qu’on joue au foot, mais c’est avec le cœur qu’on gagne un match. Que tout le monde s’y mette pour chasser Abdoulaye Wade du pouvoir et tout ira mieux. C’est un porteur de poisse.

 

SJD

source:

Seneweb.com

 

 



 
 
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