Publicité

Mardi 10 novembre 2009
Note de lecture:
Ce texte, hautement symbolique, vaut aussi pour Yayi Boni, le roi bonimenteur qui dirige le Bénin depuis avril 2006. Dans le texte, il suffit de remplacer le nom "Abdoulaye Wade" par Yayi Boni !!!
 
Que ceux qui ont accès au roi change-menteur du Bénin veuillent bien lui transmettre cette lettre ouverte. Démocratiquement, le peuple béninois lui demande de rendre son tablier en 2011. A bon entendeur, demi mot.
 
I.B.
 
 
Lettre ouverte à Maître Abdoulaye Wade
 

Augmenter la police Diminuer la police Imprimer l'article Envoyer l'article à un ami Réagir à l'article
  dimanche 8 novembre 2009

Maître wade,

 

Vous avez mené votre mission du mieux que vous avez pu. Vous nous avez aidés par votre charisme et votre panafricanisme, à redorer l’image du Sénégal.

 

Il s’avère aussi, malheureusement, que les contraintes des alliances politiques, les lourdes charges attachées aux fonctions de Président, les collaborateurs qu’on ne connaît pas bien, les trahisons, l’enrichissement personnel et autres tentations, ont définitivement dégradé le champ pourtant si fertile et prometteur. Si un morceau du terrain est désormais irrémédiablement perdu, une partie de la récolte peut encore être sauvée.

 

Afin de préserver du désastre, afin de pérenniser ce qui est encore bon et ce qui peut l’être encore, je vous demande tout bonnement de faire cesser, ici et maintenant, l’emprise du mal qui caractérise votre régime : la corruption, les affaires, les chantiers inutiles et à outrance, le clientélisme, le gaspillage de fonds publics, le déséquilibre social, etc. En bref, tout ce qui donne à notre jeunesse et à notre peuple un exemple déplorable sur tous les plans : politique, socio-économique et surtout éthique.

Merci Maître Wade ! Grâce à vous nous avons compris la leçon ! Nous savons désormais, tout ce qui ne doit, en aucun cas, être fait au sein d‘une vraie démocratie, tout ce qui doit être évité pour sauver le pays du désastre social et économique où il est désormais plongé.

Nous ne doutons pas que votre sens profond du bien de l’Etat et de la Nation, que votre profond amour du peuple sénégalais ne vous fera pas hésiter un instant et vous dictera la conduite à tenir. Merci, Maître Wade d’accepter d’un cœur généreux et conscient des réalités et des dangers actuels, de vous retirer avec brio, de laisser une nouvelle vague prendre la relève sous votre garde, sous votre patronage. Vous pourrez en effet, grâce au repos et à la distance que vous pourrez enfin prendre, servir encore et toujours la nation sénégalaise par votre expérience, car comme on le dit souvent au Sénégal, l’âge apporte sagesse et expérience et à cet égard, vous représentez désormais plus qu’une grande bibliothèque.

 

Je vous demande, nous vous demandons donc, Maître Wade, de partir la tête haute, et pour le bien du pays, dans le cadre d’une retraite active : en nous conseillant, en nous aidant à comprendre mieux cette mission qui fut la vôtre et à la mettre finalement en œuvre.

 

Maître Wade, j’espère que cette lettre vous parviendra. Ne m’en voulez guère de la faire publier par voie de presse mais je veux que tous puissent la lire et comprendre que je vous aurai, que nous vous aurons donné l’occasion de vous retirer en toute quiétude.

 

J’oubliais. Tout ceci n’a rien à voir avec la politique, il s’agit juste d’un conseil de petit-fils à Mame Deye Banekhou.

Sur ce, Maître Wade, je vous souhaite une bonne fin de règne.

 

Très respectueusement,

 

SAMBA KARA NDIAYE

 

President de la Nouvelle Alliance Democratique du Senegal Nadems



Par illassa.benoit - Publié dans : EDITORIAL
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 9 novembre 2009

Lundi 9 novembre 2009

 

Yayi Boni prend les Parakois pour des feuilles de tôle rouillées 

 

 

Par Laurent YOVO

 

Les échéances de 2011 s’annoncent à grands pas et chacun multiplie de son côté les actions pour attirer le maximum de l’électorat. Dans cette logique le chef de l’Etat s’est rendu il y a quelques jours dans la commune de Parakou pour étendre le réseau électrique aux quartiers périphériques de la commune.

 

 Une opération qui visiblement pouvait l’aider à atteindre son objectif politique si entre temps, il n’y avait pas le nébuleux problème d’énergie électrique à Parakou et la mauvaise prestation de la Sbee qui en fait est la seule structure qui pourra l’aider dans la réalisation de son rêve. En effet, comme partout au Bénin, la quantité d’énergie électrique distribuée dans la ville de Parakou est vraiment insuffisante. Malgré la connexion nord-Togo Nord-Bénin, il se fait que les populations de la cité des Koburu continuent de faire face au phénomène de délestage. De jour comme de nuit à peine les populations trouvent l’énergie chez pendant 12 heures sur les 24 que compte une journée. Trouver l’énergie à plein temps au cours d’une journée à Parakou est un luxe. Et, c’est dans ces conditions que le chef de l’Etat a jugé de l’opportunité d’entendre le réseau aux autres quartiers périphériques de la commune. A cela, il faut ajouter que la Sbee Parakou ne dispose pas de moyen pour faire face aux exigences de sa clientèle. Et pour preuve il y a des gens qui ont adressé des demandes d’abonnement depuis des années mais qui attendent encore simplement parce qu’il n’y a plus de compteurs à la Sbee Parakou. Dans ces conditions, au lieu de parler d’extension du réseau électrique aux populations des quartiers périphériques, Boni Yayi n’a fait que lancer l’implantation des poteaux électriques dans les quartiers toute chose qui en réalité n’aura pas de retombée politique pour lui en 2011. Car, les populations sont désormais des Saint Thomas, d’ailleurs beaucoup chantent déjà qu’avant de croire à son discours de lancement, il lui faudra lui même allumer ses lampes et ses appareils. En dehors de tout ceci, l’autre piège qui attend Yayi dans ce dossier, c’est la mauvaise prestation de la Sbee. Et effet, par la qualité de sa prestation, la Sbee par cette extension ne fera qu’augmenter le nombre de mécontents. Il lui suffira simplement de griller les appareils comme elle en a l’habitude depuis quelques mois à Parakou pour soulever la colère de ces populations qui à l’annonce de cette extension se battent déjà pour se donner un cadre de vie acceptable.

Source: Le Béninois Libéré



Par illassa.benoit - Publié dans : Politique Béninoise
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 9 novembre 2009

Lundi 9 novembre 2009

 

Week-end noir à Djougou, Natitingou et Kouandé: Yayi perd le nord du Bénin  

 

 

 

C était une certitude que la Donga avait laché Yayi au profit de Bio Tchané, certains hésitaient encore à inclure d’autres départements du nord comme le Borgou, l’alibori et l’atacora. Les récents événements tendent à prouver que l’une après l’autre, si ce n’est encore fait, les grandes villes de ces départements basculent dans un autre camp que celui du Changement. Le week-end dernier a plutôt laissé au chef de l’Etat, un goût amer de défaite avant l’heure. Il semble que ses assauts, ses méthodes ou celles de ses hommes ne font plus recettes.

 

Parti pour rencontrer les populations de Djougou vendredi dernier à 11 heures, le chef de l’Etat à dû s’y prendre par 2 fois avant de pouvoir rencontrer une grappe de badauds motivés pour l’occasion à coup de cfa. Pendant ce temps à Natitingou, où il n’était pas vraiment attendu, il s’est greffé sur une manifestation qui en principe aurait pu se passer d’une présence aussi auguste que celle d’un chef d’Etat pour s’offrir un bain de foule. Le Festico, ouvert le 05 Novembre et devant s’achever le 11 du même mois, mais il fallait sauver la face et surtout faire quelques choses au regard de l’apparente désaffection affichée d’une part par les hommes et femmes de Djougou et de l’autre par les popuations de Natitingou. Alors que les véritables attentes des uns et des autres dans ces villes se trouvent dans les domaines de développement, le staff gouvernemental semble avoir fait le choix de faire dans la dentelle, le superflu. Ainsi à Natitingou, c’est le Festico qui opportunément à reçu la visite du chef de l’Etat, pour la première édition, le promoteur recevra une décoration dans l’ordre du mérite le mercredi prochain. On peut se demander pourquoi, mais il ne faut pas s’en donner la peine, car c’est apparemment le seul moyen trouvé pour intéresser les jeunes de la ville. L’heureux récipiendaire, de la première génération des appelés au drapeau, version Changement, du nom d’Allognon n’en revient pas. Il doit se demander si c’est aussi facile d’être décoré dans l’ordre du mérite de notre pays. Ce choix de décorer le jeune récipiendaire juste pour avoir organisé le festico répond plus à une action de saupoudrage qu’à un véritable encouragement pour service rendu à la nation. Toujours à Natitingou alors que les micros crédits sont devenus une arme électorale, les cas de femmes qui se braquent et refusent d’émarger pour avoir les 30 voire 50 mille francs se multiplient. La cause en est simple, elles ne veulent pas vendre leur conscience. Les problèmes de la ville sont cruciaux et méritent une attention plus soutenue que ces billets distribués contre promesse d’adhésion au Changement. A Kouandé, la rancœur étouffe les cœurs, la roublardise dont le gouvernement a fait preuve dans le cas de Gnimbéré hante toutes les mémoires. Alors que le chef de l’Etat leur avait fait la promesse ferme, à elle et au Roi de Kouandé de la porter au pinacle, c’est plutôt au pilori qu’il les a tous cloués. Sans être haineux, c’est désolés que le peuple et son roi observent la trajectoire du chef de l’Etat, sans le crier, ils attendent les prochaines échéances où ils pourront avoir toute latitude de donner leur avis. Samedi dernier a été une occasion de prendre quelques distances, par rapport à l’unicité de la pensée jusqu’ici affichée. A Djougou, c’est à coup de Cfa que Yayi tente de récupérer les fidèles musulmans. Lesquels ont très vite compris et s’en méfient comme la peste. Le vendredi passé, c’est à eux qu’à voulu faire appel Yayi via l’Imam de la mosquée centrale pour remplir la place prévue pour l’accueillir. Ainsi donc, alors que la prière du vendredi s’achevait, l’imam entreprit d’informer les fidèles de ce que le Chef de l’Etat serait présent et qu’il serait intéressant que les musulmans aillent à sa rencontre. Une clameur sen suit. Les fidèles houspillent l’Imam, ils n’aiment pas cette intrusion de la politique dans les affaires religieuses et ils ne manquent pas de le signifier bruyamment. L’Imam se retranche derrière une petite excuse ; ‘’ Personne ne vous oblige à y aller, c’était juste une information’’. Qu’à cela ne tienne, personne n’ira sauf quelques badauds mobilisés à coup de billets.

Par Fockly

Source: Le Béninois Libéré



Par illassa.benoit - Publié dans : Politique Béninoise
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 9 novembre 2009

La clarification dont le roi Boni 1er ne voulait pas…

 

Par Arimi Choubadé

 

09 novembre 2009

 

 


 

Candidat à la candidature mais pas fossoyeur de l’Union pour la nation. Léhady sur Africa 24 le jeudi 05 novembre 2009 n’a pas fait que revendiquer son brevet d’invention sur le G4. Les Béninois ont découvert un des chantres irréductibles de l’union sacrée contre Yayi. Houngbédji, Idji, Séhouto, Golou ou lui-même Léhady se pliera au choix de UN quel qu’il soit. Pari perdu pour les gourous de la Marina contraints de réfléchir sur un plan B. Le A était celui conçu en fonction d’affrontements croisés entre les différents acteurs du protocole d’union du 1er septembre 2009. On se souvient encore de ce pasteur enflammé qui n’a pu s’empêcher d’implorer le ciel afin que la division s’empare des ennemis de Yayi.

 

Un prêche improvisé à l’occasion d’une séance de prière en l’honneur du chef de l’Etat dans une banlieue de Cotonou dans une atmosphère de ferveur en présence de ministres, de députés et de courtisans littéralement en transe.

 

Parallèlement à la piste des pasteurs, la Marina a essayé la stratégie de la division par l’exemple. A l’image de la fièvre de partis et de mouvements créés tous azimuts afin de ramer à contre courant de la tendance unitaire chez l’adversaire. Sait-on jamais ? Ouinsavi, Tokpanou, Adambi ou Abiola chefs de parti ? Cela pourraient susciter de la jalousie et même de l’envie qui pourrait précipiter la mise à mort de UN. C’en aurait fini du tous contre Yayi. Une cacophonie des ambitions au sein des coalisés équivaudrait à coup sûr à une résurgence des vieux antagonismes. Opportunité grandeur nature pour les émergents de mettre en évidence une nouvelle fois leurs talents de pêcheurs en eaux troubles. Une tactique expérimentée avec panache après les municipales de 2008 et son cortège de violence, d’intimidation, de trucages de résultats, de remise en cause, de terreur tout simplement.

 

La légende de la propagande tissée autour des prétendues velléités personnelles de Léhady s’est effondrée comme un château de mensonge sur le plateau de notre confrère Babilas Boton. Ce n’était ni l’accroc du pouvoir qui brandissait l’arme du chantage : « c’est moi ou ça casse ». En fait d’ambition demeurée, on a eu droit à une ambition saine et contenue du présidentiable prêt à se soumettre aux suffrages internes de ses camarades d’union et à accepter le choix définitif qui aura été fait. Autre cliché qui prend un coup de ride c’est l’accusation du frère aigri et hargneux contre son frère ministre. Les amateurs de fratrie tragique comme dans les mythologies grecques ont été déçues. « Un problème politique se règle politiquement »

.

Le best, c’est lorsque le N°2 de l’hôtel de ville de Cotonou décide de porter l’estocade à la gestion Yayi, sans concession et sans demi-mesure : « échec et immense gâchis ». Un « compliment » destiné à laver les accusations de collabo entretenues à travers certaines causeries. Un condensé du contraste de l’immense espoir déclenché en avril 2006 progressivement mué en un cauchemar sans fin. A voir si après ce lugubre diagnostique, il se trouvera un propagandiste de service qui surferait encore sur de présumés atomes crochus entre Léhady et Yayi. Le premier adjoint au maire de Cotonou s’affranchi du coup du chantage permanent du soutien au régime contre une aide massive pour le développement de la ville. De plus, du haut de sa cinquantaine, Léhady ne risque pas d’être soupçonné de mal vieillir comme il a été dit de son illustre père après le brûlot de ce dernier déclencheur de la lutte contre l’imposture du 06 avril 2006 sur Rfi en avril 2008.

Boton aurait tout simplement constaté que l’anti-yayisme a du vent en poupe…



 

Par illassa.benoit - Publié dans : EDITORIAL
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 9 novembre 2009

9 novembre 2009


Unesco: Pourquoi Noureini Tidjani-Serpos est fâché contre les proches du roi Boni 1er



Les conditions dans lesquelles se sont déroulés la campagne et le retrait de la candidature du Béninois Noureini Tidjani-Serpos à la candidature de la présidence de l’Unesco ont été l’objet de beaucoup de polémiques, notamment quant au rôle réel joué par le pouvoir en place. Quelques semaines après cet évènement, le candidat malheureux revient, à travers un communiqué de presse, sur le déroulement du processus, dénonce la mauvaise foi des ministres Zacharie Chabi, Jean-Marie Ehouzou ainsi que celle des Ambassadeurs Olabiyi Babalola, Joseph Yaï et Albert Agossa et salue l’appui du chef de l’Etat. Lire ci-après l’intégralité de ce communiqué de presse.


1.Je tiens à féliciter Madame Irina Bokova pour sa brillante élection comme Directrice générale de l’UNESCO.

2.Je tiens bien sûr à exprimer mes vifs remerciements au Chef de l’Etat pour la confiance qu’il m’a faite en proposant lui-même ma candidature à ce poste, en s’impliquant personnellement dans les aspects stratégiques de la campagne et en s’informant régulièrement et directement auprès de moi du déroulement de tout le processus électoral.

3. En effet, le 12 mai 2009, le Président de la République a signé la lettre de présentation de ma candidature au poste de Directeur général de l’UNESCO. Dès mon arrivée à Paris, ce courrier a été déposé par mes soins dans la journée du 13 mai au secrétariat du Président du Conseil exécutif de l’UNESCO, Monsieur Olabiyi Babalola Joseph Yaï avec une ampliation au secrétariat de l’Ambassadeur, Délégué Permanent du Bénin, Monsieur Olabiyi Babalola Joseph Yaï et au secrétariat du Directeur général, Monsieur Koïchiro Matsuura.

4. Je tiens également à remercier toutes les personnalités politiques de tout bord qui ont soutenu ma candidature et qui, sur le plan international, ont activé positivement leurs réseaux d’influence. Parmi elles, je voudrais citer le rôle efficace et discret joué par les Présidents Emile Derlin Zinsou, Nicéphore Soglo, Bruno Amoussou, Adrien Houngbédji, le Professeur Albert Tévoédjrè et le Doyen des Lettres béninoises, Monsieur Olympe Bhély Quenum.

5. Mes remerciements vont aussi au Président et aux membres du Conseil des Béninois de France ainsi qu’aux compatriotes de l’étranger qui, par leurs conseils, leurs avis, la mise à disposition de leur expertise et de leurs réflexions, ont créé un vivier intellectuel et humain dans lequel j’ai puisé une grande force argumentaire.

6. Mes remerciements vont également aux citoyens africains et de la diaspora à tous les niveaux qui m’ont témoigné dans cette campagne de leur profonde sympathie et leur adhésion à ma vision pour l’UNESCO dans laquelle ils ont trouvé des mots et des chemins de l’espérance.

7.Chacun comprendra que je puisse rendre ici un vibrant hommage et exprimer infiniment mes remerciements au pays membre du Conseil exécutif qui m’a accordé sa voix !

8.Ma gratitude va également aux journalistes et aux médias qui m’ont renforcé tout au long de la campagne, de leurs points de vue, de leurs questionnements et de leur sympathie éclairée. La presse nationale, en particulier, a très tôt compris que je m’étais engagé jusqu’à la fin dans un processus mondial d’élection sans que le Ministre des Affaires Etrangères du Bénin ait daigné mettre à ma disposition un seul centime des fonds prévus pour la campagne. Ce n’est que le 25 septembre 2009, alors que tout était fini et que ma candidature avait été retirée après le 2ème tour du scrutin, que l’Ambassadeur Albert Agossou me fera parvenir un chèque de 85.055,79 euros (quatre-vingt cinq mille cinquante cinq euros et soixante dix neuf centimes, soit 55.792.941 CFA) au titre de « remboursement-préfinancements et dépenses de campagne » (annexe I). Le 25 septembre 2009 ! soit 6 jours après le retrait de ma candidature par le Ministre Chabi Zacharie sur une prétendue instruction du Chef de l’Etat, injonction qui se révèlera totalement fausse par la suite. Ma gratitude à la Presse nationale est d’autant plus profonde que sans elle, je n’aurais même pas su combien le Ministre des Finances avait mis diligemment à la disposition du Ministre des Affaires étrangères. Le non paiement d’une avance pour la campagne par ce dernier n’avait-t-il pas pour but inavoué et hautement déstabilisateur de m’empêcher de faire campagne en allant dans les 58 Etats membres du Conseil Exécutif afin de solliciter leurs suffrages ? Le plan de sabotage cynique mis à jour par la presse nationale et leurs questions jugées « indiscrètes » sur l’utilisation d’une somme de 250 millions de CFA dont j’ignorais tout, témoignent de sa volonté manifeste de m’empêcher d’avoir les moyens adéquats pour l’organisation de ma campagne.

9.Je tiens également à remercier la presse nationale parce qu’elle a permis de mettre à nu l’un des arguments fallacieux de dépôt in extremis de ma candidature que les saboteurs de ma campagne ont avancé sans cesse pour justifier leur inaction et leur travail de sape. En effet comme je l’ai signalé, la lettre du Chef de l’Etat ayant pour objet ma candidature a été signée le 12 mai et déposée le 13 mai dès mon arrivée à Paris au Conseil exécutif, à la Délégation permanente du Bénin et à la Direction générale de l’UNESCO. L’Ambassadeur Olabiyi Babalola Joseph Yaï, Président du Conseil exécutif m’a informé qu’il avait reçu des instructions fermes du Ministre des Affaires Etrangères d’ignorer la lettre du Chef de l’Etat qui devait être considérée comme nulle et non avenue. Ce n’est que lorsque le Chef de l’Etat à Syrte, lors du Sommet de la CEN-SAD, a confirmé ma candidature que l’Ambassadeur, Délégué permanent Olabiyi Babalola Joseph Yaï a implicitement accusé réception de mon dépôt du 13 mai en faisant déposer le dimanche 31 mai 2009, dernier délai de recevabilité, la lettre officielle de candidature (annexe II). Ce faisant, le Ministre des Affaires Etrangères et l’Ambassadeur Olabiyi Babalola Joseph Yaï voulaient faire accréditer dans la presse et dans l’opinion publique la thèse d’une candidature de dernière minute et donc peu crédible. Or comme le montre la lettre SCX/2009/150 du 8 juin 2009 (annexe III), envoyée par le Président du Conseil exécutif, Monsieur Olabiyi Babalola Joseph Yaï, si la lettre du Chef de l’Etat déposée le 13 mai avait été enregistrée ce jour-là et non le dimanche 31 mai 2009 (dernier délai !), la candidature béninoise aurait été la 6ème enregistrée. En effet, après le 13 mai, date réelle du dépôt de candidature de notre pays, il y eut la candidature russe (25 mai), celle de l’Equateur (27 mai) et celle de l’Autriche (28 mai).

10.Le plan de sabotage mis en place a atteint le summum de son intensité lorsque la lettre SCX/2009/154 datée du 11 juin 2009 adressée à chacun des neufs candidats pour leur demander de présenter pour le 1er août au plus tard leur vision de l’UNESCO et leur biographie détaillée ne m’est pas parvenue (annexe IV). Elle ne pouvait pas me parvenir puisque le Président du Conseil exécutif, Monsieur Olabiyi Babalola Joseph Yaï, me l’avait expédiée sous couvert de S. EXC. Dr Thomas Boni Yayi, Président de la République du Bénin à Cotonou, ce qui de fait, transforme la Haute Autorité en facteur de son Ambassadeur ! La raison invoquée étant que l’Ambassadeur Olabiyi Babalola Joseph Yaï ne connaissait pas mon adresse postale !

En conclusion, ma candidature au poste de Directeur général a connu des péripéties si nombreuses qu’actuellement, je suis en train d’écrire un ouvrage sur ce thème avec des recommandations précises sur la politique à suivre en matière de placement des nationaux dans les Organisations internationales et régionales.

Mais en attendant, je tenais à faire un point précis sur ce qui s’est passé autour de ma candidature afin d’éclairer l’opinion publique et tous ceux qui, très nombreux, m’ont manifesté leur soutien et à qui je renouvelle, ici, ma très grande gratitude.

Nouréini Tidjani-Serpos

P.J. : 4 annexes

Cotonou, le 05 octobre 2009

Source: LEMATINAL

 

Par illassa.benoit - Publié dans : Politique Béninoise
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 9 novembre 2009

Idées et Opinions


Par Pathé MBODJE


La Francophonie en questions

 

 

07/11/2009

Les Prix Littéraires français 2009 : « Être ou Ne pas être? »

La cuvée 2009 des prix littéraires français (Médicis et Goncourt, principalement) a consacré le vieux rêve identitaire de l'espace francophone. La désignation de Dany Laferrière, Haïtien naturalisé canadien, et celle de la Française Marie Ndiaye, renvoie en effet à Antonine Maillet dont le roman, "Pélagie-la-charrette" paru le 1er août 1979 aux éditions Grasset, fut récompensé la même année par le Prix Goncourt, donnant à son auteur la distinction d'être l'une des deux seules personnalités non européennes (avec Atiq Rahimi en 2008) à qui le prix fut décerné, relèvent certaines sources. 1979 et 2009 sont en effet la consécration de cette recherche effrénée de soi-même par un retour aux racines culturelles et une volonté de vie, une fois la survie acquise, parfois au prix d'errances et de questionnements qui symbolisent la déchirure morale et la transplantation culturelle mal réussie.

La francophonie littéraire est en questions et cherche une réponse. Le prix Médicis au Canadien d'origine haïtienne Dany Laferrière reconnaît l'écrivain de l'exil et de l'espace nord-américain, pour "L'énigme du retour" (Grasset). Ce sont les sempiternels "Cahiers d'un retour au pays natal" quand Laferrière, nom désuet au besoin parce que vieillot, qui renvoie souvent à la Picardie et au midi français dont les habitants ont essaimé en Amérique du Nord et dans les îles du Sud, Laferrière donc retourne en Haïti à la suite de la mort de son père, exilé lui-même dans les années 1960 par le dictateur Papa Doc, le père de Jean-Claude Duvalier. De son côté, Marie Ndiaye confiait au journal "Le Monde", aussitôt le résultat connu, le 2 novembre, que son oeuvre ("Trois femmes puissantes) "est le portrait de trois femmes fortes, chacune à sa manière.

Ce qui les unit, c'est une force profonde, une croyance en qui elles sont, une façon de ne jamais douter de leur propre humanité. Ce sont des femmes tranquillement puissantes". Marie NDiaye a dit espérer que cette récompense permette de mieux faire connaître l'histoire des femmes africaines. "L'histoire des migrants est une histoire déjà souvent relatée, mais si le sort de ces gens peut être encore mieux su et compris, j'en serai très contente." (lemonde.fr du 2 novembre 2009. Le Sénégal avait cru un instant retrouver une compatriote bon teint qui a vécu l'absence d'un père qu'elle ne connut pratiquement pas ; et c'est elle-même qui se résume trois fois par une puissance non encore égalée à être elle-même, de ne jamais douter dans cette sorte d'auto-saisine morale de cette enveloppe physique corporelle qui la maintient débout.

Cette absence n’a pas traduit un défaut de socialisation seconde : de nature et de culture, comme dirait Lévi-Strauss qui vient de nous quitter, Marie Ndiaye est retombée sur ses racines, intuitivement, émotivement, de façon raisonnée. Sans recherche, sans mouvement circulaire qui fait tourner en rond. Cette migration, symbolique au fond, cette éternelle recherche de soi et d’un chez soi, ce retour sans cesse renouvelé aux sources premières, finalement cette quête sans cesse renouvelée de soi-même et des autres, les membres du jury Goncourt les avaient magnifiés il y a exactement trente ans avec Antonine Maillet : "En 1755, année de la déportation des Acadiens, Pélagie Bourg dite Le Blanc, devenue esclave en Géorgie, décide de rejoindre l'Acadie, sa terre natale avec ses enfants. Après des années de misère, Pélagie s'achète une charrette. Accompagnée par d'autres exilés, elle part à la rencontre de sa destinée et se
lance dans une longue odyssée de dix ans, faite d'amours et de dangers. De Charleston à Baltimore, à travers la vie de Pélagie, c'est tout son peuple qui vivra la guerre d'Indépendance américaine et souffrira de la haine des protestants de Boston" (Encyclopédie). L’Odyssée de Homère nous revient, avec un Ulysse prenant tous les traits, comme naguère, mâles ou femelles, renvoyant l’humanité à Sisyphe infatigable et à Emile Durkheim de « La division du travail social ». Y aurait-il alors un inconscient collectif (francophone ?) qui revient à intervalles plus ou moins réguliers pour se pencher sur cette recherche identitaire de soi-même et d'ouverture vers les autres ?

Cette angoisse existentialiste ne se retrouve-t-elle également chez les Américains jamais remis de Dien Bien Phu et de la bérézina du Viêt-Nam, et encore frappés par un terrorisme qui remet en cause la non reconnaissance des autres dans leurs droits inaliénables à vivre chez eux, en terre palestinienne, avec cette cohabitation difficile, c’est-à-dire cette non-reconnaissance de l’altéralité hébraïque ? Toutes les aires géographico-culturelles du monde sont en effet marquées par une défaite de départ et la surimposition, au niveau local, de forces étrangères coercitives et castratrices. La France a survécu à César et à Alésia grâce à Astérix qui, d'un minuscule coin de la Gaulle, a permis de sauver le pays, la langue et les cultures françaises.

Le Canada français, principal terre d'exil et de colonisation des Français à partir du XVIIème siècle, survivra à la trahison de la mère-patrie et à la défaite des Acadiens sur les Plaines d’Abraham grâce surtout à la forte prégnance de l'Eglise qui imposera une revanche des berceaux pour renverser les "Dix petits nègres dans les colonies" préférables "à quelques arpents de neige", selon la célèbre formule de Montesquieu durant le siècle des despotes éclairés.

Antonine Maillet reviendra sur la volonté de la communauté anglosaxonne du Canada de maintenir l'autre peuple fondateur dans son éternel rôle de porteur d'eau et de scieur de bois en disséminant les Acadiens le long des côtés américaines jusque loin dans le sud profond. La révolte des Patriotes, au Manitoba, en 1827, la pendaison de Louis Riel, trois ans plus tard, la crise du Labrador, en 1927, investiront le Québec du rôle historique de creuset de survie du peuple francophone du Canada. La Louisiane, la Géorgie, l'océan anglophone n'engloutiront jamais l'archipel de résistance que constituent la Belle Province, l'Acadie (le Nouveau-Brunswick) et, accessoirement, le Manitoba.

Au questionnement existentialiste de l'Anglophone Macbeth, Antonine Maillet, Dany Laferrière, Marie Ndiaye et les autres répondent être et demeurer à travers les âges et le temps en ce qu'ils sont, en leur force, en leur foi de ne jamais douter de leur humanité pendant que l'autre les prenait pour des sous-hommes incapables d'histoire.

Par Pathé MBODJE, Journaliste, sociologue



Par illassa.benoit - Publié dans : EDITORIAL
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 8 novembre 2009
Au Burkina Faso, les moustiquaires antipaludiques sont trop vite remisées
 
 
LE MONDE | 07.11.09
 

ontre le paludisme, responsable chaque année de plus de deux millions de décès, dont 90 % en Afrique, les moustiquaires imprégnées d'insecticide demeurent le meilleur moyen de lutte. Encore faut-il qu'elles soient utilisées à bon escient par les populations. D'où l'intérêt des campagnes de sensibilisation et de distributions gratuites, dont l'effet immédiat est avéré. Mais l'impact de ces campagnes, à plus long terme, n'avait jamais été évalué.
 

 

Au Burkina Faso, c'est désormais chose faite. Et le résultat est inquiétant : selon les chercheurs de l'Institut français de recherche pour le développement (IRD) et du centre Muraz/Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) du Burkina Faso, une personne sur trois arrête d'utiliser les moustiquaires au bout de six mois.

 

Pour aboutir à ce constat, les membres de l'équipe dirigée par l'anthropologue Marc-Eric Gruénais (IRD) ont passé trois ans dans le village de Soumousso, au sud-ouest du pays, où le paludisme est endémique. Ils y ont observé l'organisation de l'espace domestique dans 200 maisons, et interviewé, chaque mois, une centaine d'hommes et de femmes âgés de 15 à 60 ans. Au sortir de cette enquête, ils ont mieux compris pourquoi une telle proportion de la population, pourtant consciente du danger que représente le paludisme, abandonne l'usage des moustiquaires.

 

RISQUES D'INCENDIE

 

Outre une certaine confusion sur les modes de transmission de la maladie (selon l'acception locale, elle peut certes être contractée par la piqûre d'un moustique, mais aussi s'il fait froid ou si l'on mange certains aliments), la réticence à utiliser cette protection de tissu provient pour l'essentiel des inconvénients que pose son utilisation quotidienne dans des maisons de petite taille, composées d'une ou deux pièces tout au plus.

 

"Durant la journée, expliquent les chercheurs, les nattes sont rangées le long d'un mur, tandis que les ustensiles de cuisine, les condiments et la nourriture sont répartis dans la pièce. La nuit, les objets sont placés dans les coins et les nattes sont étalées au centre." Laisser la moustiquaire suspendue pendant la journée est donc fort incommode. Et non sans danger, compte tenu des risques d'incendie provenant du feu de cuisine.

 

Loin d'être anecdotique, cette é

tude montre la nécessité, si l'on veut accroître leur efficacité, de rendre les moustiquaires plus pratiques à utiliser dans le contexte familial. Elle suggère également que soient menées, auprès des populations, des campagnes d'information plus approfondies sur les risques et les modes de transmission du paludisme.

Cet impératif est d'autant plus grand au Burkina Faso que ce pays voit actuellement les moustiques devenir de plus en plus résistants aux insecticides, du fait de leur utilisation massive pour la production de coton. Le gouvernement a dû s'adapter à cette nouvelle donne : en 2010, il prévoit de distribuer gratuitement 6,6 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticides différents de ceux utilisés actuellement, et dont "l'efficacité sur les moustiques des zones de production du coton est avérée". Coût estimé : plus de 18 milliards de francs CFA (27,4 millions d'euros).

 

Dans ce pays de 15 millions d'habitants, classé parmi les plus pauvres du monde, le paludisme tue 15 000 personnes par an. Essentiellement des enfants de moins de 5 ans.


Catherine Vincent
Article paru dans l'édition du 08.11.09



Par illassa.benoit - Publié dans : Politique Africaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 8 novembre 2009

 

BTP : timide rapport du Sénat sur le magot des caisses de congé

Par illassa.benoit - Publié dans : POLITIQUE FRANCAISE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 8 novembre 2009


Lettre ouverte à ceux qui feignent de croire en l’indépendance du parquet

« Le parquet n’étouffe pas les affaires. » Jean-Claude MARIN, procureur de la République de Paris le 10 novembre 2005

 

« Il serait erroné de conclure de la hiérarchie réelle et indispensable du parquet que ses décisions sont nécessairement celles de la hiérarchie. Dans les sociétés modernes, le propre du chef est d’aider à l’émergence des bonnes décisions, en favorisant le dialogue et l’échange. Il n’est bien sûr pas question d’imposer d’en haut des décisions toutes faites. Cela ne fonctionnerait pas. » Laurent LE MESLE, procureur général de Paris Le 9 janvier 2009

 

« Enterrer des affaires, je ne vois pas pourquoi, et je ne vois pas surtout comment. » Michèle ALLIOT-MARIE, garde des sceaux Le 5 juillet 2009

 

« Croyez-vous que, aujourd’hui, on puisse arrêter une affaire sensible ? C’est impossible et c’est heureux. » Nicolas SARKOZY, président de la République Le 8 juillet 2009

 

« Je remarque que, dans le passé, même s’il y a eu des tentatives de bloquer certaines enquêtes, elles n’ont jamais atteint leur but puisque les médias s’en sont saisis. » Rachida DATI, député européen Le 29 août 2009

 

« La nature ainsi que la structure du parquet donnent aux magistrats la possibilité d’agir selon les principes de hiérarchisation interne, d’indivisibilité et d’indépendance. » Rapport dit du « comité Léger » Le 1er septembre 2009

 

Mesdames et Messieurs les représentants du pouvoir exécutif, Messieurs les hauts procureurs,  

Par vos déclarations angéliques tout entières au service d’un projet politique d’asservissement de la justice, vous contribuez, avec l’autorité qui est la vôtre, à mystifier le peuple français. Vous n’hésitez pas, alors que se joue le destin d’une institution, le juge d’instruction - qui, malgré ses défauts, dont nous étions prêts à discuter, présentait l’immense avantage d’une certaine indépendance - à fausser les termes d’un débat essentiel en affectant de croire que le ministère public, qui vous est tout acquis, pourra mener toutes les enquêtes avec la même indépendance que le juge que vous entendez supprimer.

Vous avez une conscience aiguë, aux fonctions qui sont les vôtres, de la duplicité de votre discours. Vous percevez parfaitement l’un des enjeux principaux de votre réforme, qui est d’anéantir l’une des principales garanties du système pénal actuel, et de contrôler sans réserve toute la justice, alors même que vous savez que son indépendance a été pensée au bénéfice du peuple et non à celui de ses juges.

Le droit comparé vous enseigne que le parquet français est celui dont le rapport entre l’étendue de ses pouvoirs et la précarité de son statut est le moins porteur de garanties pour le justiciable. La Cour européenne des droits de l’Homme vous l’a clairement dit : le ministère public ne présente pas les caractéristiques d’une autorité judiciaire parce qu’il n’est pas indépendant du pouvoir exécutif. Qu’à cela ne tienne : vous renforcez encore son pouvoir sans changer son statut.

Nous n’ignorons pas plus que vous les objectifs de votre discours, parce que nous travaillons chaque jour dans vos parquets, ou à côté, comme juges du siège, mais également au ministère de la justice, où se décide chaque jour le sort des affaires que vous appelez « sensibles ». Nous savons qu’il s’agit pour vous de garder le contrôle absolu de ces affaires, quelles qu’en soit le coût pour la démocratie.

Aujourd’hui, afin que chacun puisse se faire une opinion qui ne soit pas faussée par votre propagande, nous rappelons les faits qui confortent nos inquiétudes et que vous ne sauriez honnêtement contredire : tel qu’il est conçu et tel qu’il fonctionne, le parquet français n’offre pas les garanties minimales d’indépendance et d’impartialité qui vous permettraient de lui confier la direction de toutes les enquêtes.

 

Meaux, avril 2004. Un juge d’instruction, saisi deux ans plus tôt pour crimes contre l’humanité dans l’affaire dite des « disparus du Beach », a réuni suffisamment d’éléments pour penser que Jean-François N’DENGUE, le chef de la police congolaise à l’époque des faits, a participé aux crimes sur lesquels il enquête. Celui-ci est interpellé le 1er avril 2004, déféré le lendemain, mis en examen et placé en détention provisoire, eu égard aux risques évidents de fuite, aux risques de concertation et à la gravité des faits. De manière surprenante au regard des pratiques quotidiennes des parquets, le ministère public n’a pas requis cette incarcération. Comme la défense de Jean-François N’DENGUE, le parquet fera appel du placement en détention, de façon complètement inaccoutumée. Plus grave, avec une diligence extraordinaire, le parquet général réussira à faire juger cet appel à deux heures du matin, dans la nuit du 2 au 3 avril 2004, réunissant en catimini un greffier et trois magistrats. Est-ce une survivance de la Françafrique ?

 

Basse Terre, depuis 2006 : des plaintes sont déposées par plusieurs associations pour « administration de substances nuisibles », s’agissant de l’utilisation, postérieurement à son interdiction en 1993, du chlordécone, un pesticide destiné à éradiquer un parasite des bananiers, dont l’utilisation a provoqué la mort de nombreuses personnes. Stratégie du parquet devant cette affaire de santé publique qui, aux Antilles, a traumatisé la population : contester, jusque devant la Cour de cassation, la recevabilité à agir des parties civiles, afin de faire annuler l’ensemble du dossier. Il est vrai que ce dossier a été ouvert sur constitution de partie civile en 2006, devant l’inertie du ministère public. Bien sûr, la Cour de Cassation a donné tort au parquet, et l’enquête a pu se poursuivre, délocalisée au pôle de santé publique de Paris. Détail : les possibles mis en cause dans cette affaire sont de riches industriels, tout l’opposé, en somme, des victimes…

 

Paris, tribunal aux armées, 6 février 2006 : par ordonnance, la juge d’instruction de ce tribunal estime recevables quatre plaintes accusant l’armée française, lors de l’opération Turquoise, de complicité de génocide au RWANDA en 1994. Ce faisant, elle s’oppose frontalement au parquet qui a pris des réquisitions contraires et qui, fait assez rare, décide de faire appel de cette décision sur la recevabilité. Le 29 mai 2006, malgré des réquisitions contraires, la chambre de l’instruction devait définitivement valider ces plaintes. Le parquet avait déjà tout fait pour ne pas enquêter sur cette affaire : saisi des plaintes avec constitution de partie civile, il avait, là encore de façon inaccoutumée, refusé d’ouvrir une information judiciaire, au prétexte que les plaintes n’étaient pas suffisamment étayées – alors que justement, l’objet de l’information judiciaire aurait été d’étayer ces plaintes ! Question : les conséquences politiques prévisibles d’une telle affaire sont-elles dénuées de tout lien avec l’abdication par le parquet dans ce dossier de son rôle d’autorité de poursuite ?

 

Paris, octobre 2006, affaire BORREL. Sophie CLEMENT, la juge qui instruit ce dossier, recueille des indices graves ou concordants contre deux ressortissants de Djibouti, soupçonnés d’avoir participé à l’assassinat du juge Bernard BORREL. Comme ces deux individus sont en fuite, elle demande au parquet de PARIS de se prononcer sur la délivrance de mandats d’arrêt. Le parquet répond que cette délivrance est prématurée, alors que le crime date d’octobre 1996, et que l’ADN de l’un de ces individus a été retrouvé sur le vêtement du défunt ! Maître MORICE, l’avocat de la veuve BORREL, évoque une « obstruction systématique du parquet dans la recherche de la vérité ». II est vrai que dans une affaire connexe de subornation de témoins, le parquet général de VERSAILLES s’était déjà opposé à la délivrance de deux mandats d’arrêt contre le Procureur et le chef des services secrets de Djibouti, sans, bien sûr, être suivi par la chambre de l’instruction, qui avait confirmé la délivrance de ces mandats. A partir de mai 2007, toujours extrêmement « indépendant » de l’exécutif, qui soutient désormais la thèse de l’assassinat, le procureur de Paris prend un communiqué dans lequel il explique pourquoi il fait sienne la thèse criminelle.

 

Créteil, juin 2007. Des écoutes téléphoniques laissent penser que Christian PONCELET, alors président du Sénat, pourrait être intervenu pour obtenir des marchés publics en faveur d’un homme d’affaires, moyennant finances. Ces écoutes sont transmises au parquet de Paris, qui décide prudemment de ne pas ouvrir d’information judiciaire. Ce n’est que près de deux ans plus tard, en mars 2009, alors qu’il avait quitté ses hautes fonctions depuis plusieurs mois, que Christian PONCELET sera entendu, hors garde à vue, par la police. La décision de ne pas saisir un juge d’instruction, et le train de sénateur pris par l’enquête, n’ont évidemment rien à voir avec quelque mansuétude que ce soit pour un homme alors au pouvoir.

 

Versailles, octobre 2007 : après avoir terminé d’instruire l’affaire dite « de la fondation Hamon », dans laquelle Charles PASQUA, André SANTINI et une quinzaine de personnes étaient mis en examen pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt, la juge d’instruction communique le dossier au parquet pour règlement. Un an plus tard, c’est-à-dire quatre fois le délai légal et nonobstant le caractère sensible du dossier (André SANTINI étant par ailleurs secrétaire d’Etat), le parquet adresse au juge un réquisitoire supplétif. Mais comme la juge d’instruction estime avoir suffisamment d’éléments, elle refuse de reprendre ses investigations, qui ne lui paraissent pas de nature à faire avancer la vérité, mais plutôt à retarder le dossier. Le procureur de la République fait alors appel de son ordonnance, soutenu par le procureur général. Le 20 mars 2009, la chambre de l’instruction ordonne le supplément d’information. La belle constance du parquet et de la chambre de l’instruction à vouloir faire perdre encore plusieurs mois à une affaire déjà vieille de six ans, afin d’affûter les charges contre un secrétaire d’Etat et un ancien ministre, ne peut que susciter l’admiration.

 

Paris, octobre 2007 : Le casino « indépendant » de Gujan-Mestras, en Gironde a déposé plainte avec constitution de partie civile en mars 2007 pour favoritisme. Il soupçonne le ministère de l’intérieur d’avoir protégé les intérêts financiers des grands groupes que sont Partouche et Barrière, à son détriment. Ce « petit casino » a en effet obtenu devant les juridictions administratives plusieurs annulations de décisions en défaveur du ministère de l’intérieur, relatives à l’exploitation de machines à sous supplémentaires. La gérante du casino avait peu d’espoir de voir sa plainte aboutir. Agacée, elle dépose en octobre 2007 une autre plainte pour extorsions contre Bernard LAPORTE, très en cour à Paris, qui s’était vanté de pouvoir lui obtenir, moyennant finances, la précieuse autorisation. Il s’agissait, d’après lui, d’une « plaisanterie ». Elle n’a pas été déçue : le 7 mars 2008, le parquet de Paris classe purement et simplement cette plainte. S’agissant du premier dossier, le procureur de la République demande à la doyenne Françoise NEHER de déclarer la plainte irrecevable, ce que celle-ci refuse de faire. Appel du parquet. Le 11 avril 2008, malgré les réquisitions contraires du procureur général, la chambre de l’instruction confirme que la plainte est recevable et que l’affaire doit être instruite. Le procureur de Paris a eu raison de se méfier : le 17 septembre 2008, la juge d’instruction Françoise DESSET a fait une perquisition place Beauvau…

 

Nanterre, février 2008. Le juge d’instruction qui enquête sur les emplois fictifs de la ville de Paris souhaite se dessaisir de son dossier au profit d’une juge d’instruction parisienne qui enquête sur l’affaire dite des « chargés de mission » de la même ville. Problème : cette dernière a mis, dans ce dossier, Jacques CHIRAC en examen au mois de novembre précédent, et elle ne fait pas partie des juges qui se laissent impressionner. Dans un bel élan de solidarité avec la défense, le parquet de Nanterre s’oppose - fait rarissime - au dessaisissement. Le juge ne suit pas ses réquisitions, et le parquet fait appel de l’ordonnance – cas sans doute unique dans l’histoire judiciaire française. La Cour d’appel confirme le dessaisissement : le parquet général se pourvoit en cassation et obtiendra enfin gain de cause… Il n’en demeure pas moins qu’en s’opposant à la jonction, le procureur de Nanterre et le procureur générale de Versailles ont été salués par Maître VEIL, l’avocat de Jacques CHIRAC. En effet, celui-ci ne pouvait pas juridiquement faire appel de l’ordonnance de dessaisissement : heureusement que le ministère public veillait.

 

Paris, 12 février 2008. Deux juges d’instruction, en charge de l’affaire dite des faux électeurs du cinquième arrondissement, renvoient notamment Jean et Xavière TIBERI devant le tribunal correctionnel. Depuis avril 2006, ces magistrats attendaient les réquisitions du parquet qui ne sont jamais venues. Furieux de ce renvoi, le procureur de la République Jean-Claude MARIN n’a pas hésité à dénoncer avec un aplomb incroyable « une immixtion des juges dans la campagne électorale. Je note que les juges auraient pu renvoyer Jean TIBERI plus tôt, pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? ». Ce magistrat oubliait de dire que, le 23 novembre 2007, les juges d’instruction lui avaient signifié qu’ils rendraient leur ordonnance sans les réquisitions si celles-ci n’arrivaient pas. Il serait évidemment excessif d’analyser l’étonnante lenteur du parquet comme une volonté de faire traîner encore un peu plus une procédure ouverte depuis plus de dix ans…

 

Créteil, janvier 2009 : le tribunal correctionnel condamne quatre policiers à huit mois d’emprisonnement avec sursis pour des violences aggravées, condamnation dont ils font appel. Le parquet n’avait pourtant pas épargné ses efforts pour éviter que cette affaire arrive entre les mains du tribunal, requérant deux non-lieux pendant l’instruction, et ne demandant pas de peine lors de l’audience. Cette affaire ne susciterait aucun commentaire s’il n’était observé que le parquet ne manifeste pas une telle mansuétude dans les affaires quotidiennes de violences.

 

Créteil, avril 2009 : le procureur de la République requiert un non-lieu au bénéfice de René DAHAN. Le 27 octobre 2006, ce commerçant et sa femme sont agressés chez eux par trois individus. Au terme d’une bagarre, René DAHAN se saisit de l’arme d’un des agresseurs, provoquant leur fuite. Il tire trois balles dans de dos de l’un d’eux qui meurt. René DAHAN est mis en examen pour meurtre et placé quelques jours en détention provisoire à la demande du parquet. Nicolas SARKOZY, alors ministre de l’intérieur, écrit un courrier au ministère de la justice, pour s’offusquer de cette détention : « cette affaire suscite une émotion considérable parmi nos concitoyens, qui ont du mal à admettre qu’un honnête homme, agressé chez lui, menacé de mort avec une arme soit en retour mis en examen et placé en détention provisoire ». Durant la première partie de l’information judiciaire, c’est-à-dire avant les propos de Nicolas SARKOZY, le parquet avait réfuté la thèse de la légitime défense. Mais, bien sûr, analyser les réquisitions de non-lieu, inhabituellement signées par le procureur de la République en personne, comme un gage donné aux plus hautes autorités de l’Etat relève de la plus insigne mauvaise foi.

 

Paris, 7 mai 2009 : le parquet fait appel de l’ordonnance de recevabilité des plaintes avec constitution de partie civile déposées contre des chefs d’état africains pour recel et complicité de détournements de biens publics et privés. Pourtant, au moment des dépôts de plaintes simples en mars 2007, le parquet les avait jugées parfaitement recevables, puisqu’une enquête avait été diligentée, classée en novembre 2007 pour cause « d’infraction insuffisamment caractérisée ». C’est donc des plaintes avec constitution de partie civile que les associations Transparence Internationale, Sherpa, ainsi qu’un citoyen gabonais étaient contraints de déposer en décembre 2008, plaintes déclarées recevables le 5 mai 2009 par la doyenne des juges d’instruction. Le 17 septembre 2009, la chambre de l’instruction a examiné la recevabilité de ces plaintes et le représentant du parquet général a requis avec un aplomb assez remarquable leur irrecevabilité. Il a en effet soutenu que cette affaire relevait de l’intérêt général, dont seul le ministère public pouvait assurer la défense. Or, justement, le ministère public avait décidé de ne pas agir dans ce dossier. Ou comment préserver les relations avec nos amis chefs d’Etats africains…

 

Rennes, 9 mai 2009 : une motarde, qui circule sur une bretelle d’autoroute entre Rennes et Lorient, est dangereusement doublée par un gros 4X4 qui s’amusait à la coller au point d’avoir touché le coffre arrière de la motocyclette. Le véhicule prend la fuite et, d’après la plaignante, ses occupants lui font un bras d’honneur. Elle parvient à relever le numéro d’immatriculation et dépose plainte. La police effectue alors ses recherches et comprend qu’il s’agit d’un véhicule appartenant au premier ministre François FILLON, et que le conducteur n’était autre qu’un de ses fils. Celui-ci a été convoqué pour un… rappel à la loi. La lutte contre l’insécurité routière, priorité affichée du gouvernement, trouve parfois des limites.

 

Paris, juin 2009 : Qui a commandité l’attentat de Karachi le 8 mai 2002, dans lequel quatorze personnes dont onze français ont trouvé la mort ? Al Qaïda comme l’enquête s’acharne à le démontrer ? Cet attentat n’est-il pas au contraire le résultat de représailles à la suite de l’arrêt en 1995 du versement de commissions au Pakistan dans la foulée de contrats de livraison de sous-marins, commissions ayant pu générer des rétro-commissions ayant servi à financer la campagne électorale d’Edouard BALLADUR en 1995 ? Ce qui est certain en revanche, c’est que plusieurs éléments qui militaient en ce sens, parvenus à la connaissance du parquet, n’ont pas été joints au dossier des magistrats instructeurs. Quoi qu’il en soit, le chef de l’Etat, qui avait un rôle essentiel dans la campagne d’Edouard BALLADUR en 1995, a qualifié cette hypothèse de « fable ». Le parquet de Paris lui a immédiatement emboîté le pas en publiant un communiqué pour affirmer qu’aucun « élément objectif » ne reliait l’attentat à un contentieux franco-pakistanais.

 

Paris, juillet 2009 : révélations sur l’affaire dite des moines de Tibéhirine. En 1996, sept moines français sont exécutés en Algérie. A l’époque, le drame est attribué aux Groupes Islamistes Armés. Aucune enquête n’aura lieu, contrairement à la pratique la plus systématique lorsqu’un ressortissant français meurt à l’étranger de mort violente. En juillet 2009, un témoignage vient conforter une thèse qui affleurait déjà dans le dossier : ces assassinats pourraient résulter d’une « erreur » de l’armée ou des services secrets algériens. Alain MARSAUD, ancien juge d’instruction antiterroriste et ancien député UMP, affirme : « c’est une affaire qui a été enterrée volontairement ». Il rappelle qu’en 1996, il avait reçu des informations essentielles mettant en cause l’Etat algérien dans ce dossier. Il s’en était ouvert à Jacques TOUBON, alors garde des sceaux, qui lui avait dit qu’il « n’était pas question d’ouvrir une information judiciaire ». Effectivement, l’information judiciaire ne sera pas ouverte avant… 2004, soient huit ans après les faits. Ce qui n’empêche pas aujourd’hui certains d’affirmer que le parquet peut, à sa guise, ouvrir des informations judiciaires et que le garde des sceaux n’a absolument pas le pouvoir de s’y opposer.

 

Ajaccio, 31 juillet 2009 : le juge d’instruction Jean-Bastien RISSON renvoie devant le tribunal correctionnel plusieurs individus pour des vols de yachts de luxe. Parmi ces mis en examen, Imad et Moez TRABELSI, neveux du président tunisien BEN ALI. Le parquet décide alors de ne pas convoquer à l’audience les deux neveux, décidant de disjoindre leur sort, et assurant qu’il seront « jugés rapidement en Tunisie ». Le 30 septembre 2009, le tribunal a donc condamné les seconds couteaux, mais pas les frères TRABELSI. Cette attitude incroyable du parquet, en totale contradiction avec l’ordonnance du juge d’instruction, peut-elle s’analyser autrement que comme une volonté de soustraire deux dignitaires du régime tunisien à la justice Française ?

 

Pornic, 26 août 2009, un individu est mis en garde à vue pour refus d’obtempérer : il a roulé largement au dessus de la vitesse autorisée, et ne s’est pas arrêté lorsque les gendarmes ont voulu l’interpeller. Ces derniers comprennent vite que l’intéressé n’est pas n’importe qui : il est le frère de Jean-Marie HUET, directeur des affaires criminelles et des grâces de Michèle ALLIOT-MARIE. Ils informent immédiatement le parquet de Saint-Nazaire, qui leur demande de remettre cet homme de bonne fratrie en liberté, et « que la procédure lui soit transmise sous pli fermé ». Les gendarmes ajoutent dans leur rapport : « un classement sans suite est déjà décidé par l’autorité judiciaire ». Tellement énervés, les gendarmes, qu’ils ont fait paraître la nouvelle dans leur revue mensuelle. Enervés par quoi, d’ailleurs ?

 

Paris, septembre 2009, ouverture du procès dit « Clearstream ». Le procureur de la République tient lui-même le siège de l’accusation. Quelques jours plus tôt, il a affirmé sur une radio que Dominique de VILLEPIN avait été « un bénéficiaire parfaitement conscient » de la falsification de fichiers nominatifs. A l’époque pourtant où celui-ci était premier ministre, le parquet de Paris développait une vision très différente du dossier, rapportée par le Canard Enchaîné : « Dominique de Villepin ne pouvait imaginer que Jean-Louis GERGORIN ait mis sa réputation en jeu en utilisant des listings qu’il savait faux ». Relever que l’argumentation juridique du parquet de Paris dans cette affaire sert opportunément mais systématiquement les intérêts du pouvoir en place relève, à l’évidence, de la calomnie.

 

Paris, 1er septembre 2009 : le parquet classe sans suite l’enquête ouverte contre François PEROL pour prise illégale d’intérêt. Au début de l’année 2009, le secrétaire général adjoint de l’Elysée a été nommé à la tête des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, sans que la Commission de Déontologie ne soit saisie. Le président de la République avait alors affirmé faussement que la commission avait été saisie. Devant l’ampleur des protestations, une enquête a donc été ouverte. Deux mois plus tard, le député Jérôme CAHUZAC a indiqué qu’ « aucune audition n’avait eu lieu dans le cadre de cette enquête », accusant le pouvoir de vouloir l’étouffer. Qui pourra encore accuser le parquet de Paris d’une trop grande sévérité envers les justiciables ?

 

Nanterre, septembre 2009. Dans la procédure opposant Liliane BETTENCOURT et sa fille Françoise, le journal Le Monde titre : « Affaire BETTENCOURT : le parquet tente de bloquer la procédure ». En effet, lors de l’audience du 3 septembre 2009 où Françoise BETTENCOURT poursuivait le photographe François-Marie BANIER pour abus de faiblesse par voie de citation directe, le parquet a pris des réquisitions tendant à contester la recevabilité de la partie civile. Le tribunal n’a pas suivi ces réquisitions, et le parquet a immédiatement fait appel. La cour d’appel, par arrêt du 18 septembre 2009, a débouté le parquet de son appel. Il est vrai qu’imaginer que le soutien du parquet à la cause de la femme la plus riche de France ne résulte pas que d’une application scrupuleuse des règles de droit serait parfaitement inconvenant. Selon que vous serez puissant ou misérable…

 

Nanterre : l’enlisement des dossiers… Affaire de l’informatisation des collèges des Hauts-de-Seine, affaire du marché du chauffage du grand quartier d’affaire, affaires de la SEM92, de la SEM Coopération, affaire de la rénovation des collèges du département… Le procureur de Nanterre, Philippe COURROYE, nommé contre l’avis du CSM et décoré par le Président de la République, ne manque pas de travail. Il a pourtant choisi de conserver la maîtrise de certains de ces dossiers en ne confiant pas les enquêtes à un juge d’instruction. Lorsqu’il l’a fait, c’est d’ailleurs la police qui a cessé de travailler, comme l’a révélé un courrier d’une juge versé dans un dossier. Comme le remarque le journal Le Point en septembre 2008 : « La plupart des dossiers progressent peu depuis deux ans. Nommé en mars 2007 à la tête du parquet de Nanterre, le procureur, a surpris par son manque de pugnacité ». Surpris, vraiment ?

 

Paris, la valse des non-lieux. Ces derniers mois, on ne compte plus les dossiers sensibles dans lesquels le procureur de Paris a demandé aux juges d’instruction de prononcer des non-lieux. L’affaire des 3 millions d’euros dont auraient bénéficié Charles PASQUA et Jean-Charles MARCHIANI de la part des frères SAFA ? Non-lieu requis le 30 juin 2009. L’affaire « pétrole contre nourriture » et ses 22 mis en examen ? Non-lieu requis pour Charles PASQUA, Christophe de MARGERIE et son équipe, malgré le projet de renvoi au correctionnel du substitut régleur, croit savoir Charlie-Hebdo.

 

 L’affaire VIVENDI ? Non-lieu général requis en janvier 2009, malgré les conclusions de l’AMF. Ce qui vaut à Jean-Claude MARIN le surnom, dans ce même journal, de « roi des fossoyeurs ». Celui là même qui jurait naguère, la main sur le cœur, que « le parquet n’étouffe pas les affaires ».

 

Paris, 28 septembre 2009. Mais l’affaire d’entre les affaires, celle dans laquelle le parquet ne se sera rien épargné pour qu’elle n’aboutisse pas, c’est évidemment celle dite des « chargés de mission de la Ville de Paris », dans laquelle Jacques CHIRAC et de nombreuses personnalités sont mises en examen pour avoir fait payer par la ville de PARIS des employés qui travaillaient en réalité à tout autre chose. Jugeons-en plutôt : à la suite de la réception d’un courrier anonyme par un juge d’instruction de Créteil, qui le transmet à PARIS, une minuscule enquête est ouverte par le parquet, presque immédiatement classée sans suite. En 1998, grâce à la pugnacité d’un contribuable parisien, l’enquête redémarre sur plainte avec constitution de partie civile. A la faveur de la loi sur l’immunité pénale du chef de l’Etat, elle est mise en attente pendant quelques années. Début 2009, la juge d’instruction Xavière SIMEONI, qui a achevé son enquête, transmet le dossier au parquet pour réquisitions. Surprise : durant le procès CLEARSTREAM, Jean-Claude MARIN trouve le temps de signer un réquisitoire de non-lieu général. Quelques éléments de contexte : le procureur de la République de Paris, qui a signé ces réquisitions, a été directeur des affaires criminelles et des grâces de Dominique PERBEN. Surtout, Laurent LE MESLE, son supérieur hiérarchique, a été le propre conseiller de Jacques CHIRAC pour les affaires judiciaires à l’Elysée. Comment concilier ces fonctions passées avec l’apparence d’impartialité qui doit s’attacher aux fonctions de magistrat ? Le Canard Enchaîné s’est amusé à décrire les contorsions auxquelles s’est livré Jean-Claude MARIN (« créez votre emploi fictif grâce au proc’ de Paris »). Il reviendra à la juge d’instruction de dire le droit dans cette affaire : ce n’est pas tous les jours que la question se pose de renvoyer un ancien président de la République devant le tribunal. Pour cela, il ne faut qu’un principe : l’impartialité, et qu’une qualité : l’indépendance.

 

Ne cherchez pas de scoop, il n’y en a pas. La presse s’est déjà fait l’écho de ces faits, ce qui n’a pas empêché leur répétition... Une actualité chassant l’autre, la mémoire nous fait parfois défaut et on omet d’analyser tous les ressorts de ces affaires judiciaires. Cette compilation ne révèle qu’une chose : la totale hypocrisie de votre discours. Il est aujourd’hui très difficile qu’une affaire sensible prospère devant un tribunal correctionnel lorsque le parquet ne l’a pas souhaité. Demain, avec la suppression annoncée du juge d’instruction, il faudra un miracle. Mais tout cela, vous le savez, puisque c’est essentiellement dans cet objectif que vous l’avez décidée.

 

LE SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE

Source: http://www.respectdeslois.fr/

 

 

 

Par illassa.benoit - Publié dans : Veille juridique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 7 novembre 2009

Lignes Ennemies
par Souleymane Jules Diop

 

 

 


Wade, vous êtes donc mortel ?


 

«?Le président de la République ne saurait
être confondu avec aucune fraction. Il doit être
l’homme de la nation tout entière,
exprimer et servir le seul intérêt national?»

Charles de GAULLE

 

 

On a les idées qu’on peut ?! A ses 85 ans révolus, Abdoulaye Wade se contente de tous les prétextes. Comme cette idée de rassembler toute la seigneurie étatique à l’inauguration d’une usine déjà inaugurée. C’est une situation humiliante. Mais elle est reposante au milieu des vitupérations de ces dernières semaines, des mines éplorées de ses propres collaborateurs, qui pensaient que leur vieux féticheur était déjà mort. Il aura donc fallu Alex Segura et sa mallette remplie de billets pour que le président de la République se rappelle enfin qu’au lieu d’être un Dieu vénéré, il est un vieillard barbouillé sans avenir. Ce n’est pourtant pas l’âge qui le décourage. Quand on pense que 2012 lui est inatteignable, Abdoulaye Wade se projette 50 ans plus loin et chevauche les décennies les unes après les autres. Si je ne survis pas, survivez-moi. Ainsi peut se résumer son éruption phraseuse aux allures de testament politique.


C’est dire qu’au lieu de penser à l’héritage qu’il va léguer au peuple sénégalais, l’homme de Kébémer pense à sa propre famille ; qu’au lieu de penser à ce que deviendra son pays, il pense à ce que deviendra son parti. Sa cleptomanie a souffert ces derniers jours de la clameur populaire, mais sa mégalomanie, elle, est intacte. Il lui fallait un assentiment flatteur de sa petite Cour, au milieu de l’indignation qu’il a suscitée dans le monde entier. La comparaison au prophète Abraham était un minimum sacrificiel que son égo exigeait. Idrissa Seck le lui a bien rendu, dans un discours que je trouve d’une pauvreté et en même temps d’une gravité préoccupante. Nous sommes en République, nous ne sommes pas dans une paroisse. Ce discours filial trempé dans la théologie ancienne est dangereux et malvenu. Du maire de Thiès, je n’attendais pas mieux. Il aime ces assemblages blasphématoires dans lesquels Wade et Dieu s’assoient côte-à-côte et se tutoient. Je pensais, en revanche, qu’il se faisait une plus haute idée de sa personne. On ne peut pas s’aplatir un si grand nombre de fois pour tout le temps se ramasser par terre. Avant lui, Iba Der Thiam s’était déjà illustré par une déclaration similaire, pour dire que des hommes de la trempe d’Abdoulaye Wade, la nature n’en fabrique qu’une fois par siècle. Kwame Nrumah, Martin Luther King et Nelson Mandela ont donc eu tort de venir en même temps. Le Pythagore des temps modernes ne souffre aucune comparaison.


La levée des excommunications qu’Abdoulaye Wade avait prononcées contre ses enfants «?égarés?» n’obéit qu’à sa logique de conservation. L’appel à Macky Sall et Jean Paul Dias, s’il est sincère, ne va pas au-delà de son pouvoirisme archaïque. C’est parce que son propre fils ne peut lui être d’aucun secours qu’Abdoulaye Wade bat le rappel de ceux qu’il traitait hier de bandits et de voleurs. Idrissa Seck n’a rien à perdre dans ces retrouvailles, pour une raison que je m’en vais vous donner tout de suite?: il?a déjà tout perdu. Ce n’est pas le cas de Macky Sall. Je pense que le leader de l’Apr a fait preuve jusqu’ici d’un courage et d’une constance qui ont forcé l’admiration de tous. Dans la vague de levées des excommunications, il est malheureusement le prochain sur le carrousel du pape. S’il s’obstine, les dignitaires religieux à la solde du Sopi l’acculeront jusqu’à ce que son grand corps se courbe devant la seule constante. La poursuite de la bamboula présidentielle est à ce prix là. Sont oubliées les accusations de détournement d’argent, les procès en sorcellerie manigancées depuis la présidence de la République. Mercredi, Idrissa Seck et Farba Senghor se sont fait des accolades comme à leur première rencontre. On ne saura jamais quelle est la part de mensonge, dans cette comédie sordide qui nous a tenus en haleine pendant six ans. Ce que nous pouvons dire, c’est qu’Abdoulaye Wade, s’il est sorti affaibli de ses multiples affaires, n’a rien perdu de sa rigidité impériale. Il a demandé plus de discrétion à son fils. Sa femme elle-même a quitté le pays et c’est à cette seule condition que la réhabilitation de sa vieille garde est envisageable. Mais sur l’essentiel, il fait preuve du même aveuglement.


Le regard projeté en permanence sur l’avenir le dispense de toute rétrospective sur sa gestion désastreuse.
Qu’il nous dise d’abord de ce qu’il a fait des douze années passées à la tête du pays. Mais avant de solliciter nos voix, il s’est déjà déclaré vainqueur avec son clan. Même dans les dictatures les plus vulgaires, un chef d’Etat n’a fait preuve d’autant de légèreté dans l’exercice de ses fonctions. Depuis le 27 février 2000, nous sortons d’une campagne électorale pour nous engager dans une autre, avec une frénésie qui ne nous laisse aucun répit.


Sur fond de pourriture et de déchéance, les libéraux nous montrent qu’ils ne sont mus que par leurs intérêts bassement matériels, loin des questions qui occupent les Sénégalais. Il n’a été question que de victoire électorale, de conservation du pouvoir au cours de leur randonnée festive. A aucun moment il n’a été question de l’avenir du Sénégal. Il y a, dans cette conspiration généralisée qui se prépare, une jonction inédite entre les puissances religieuses, les puissances d’argent et les puissances maçonniques. Le temple, le trône et les tentes n’ont jamais fait aussi bon ménage. C’est ce qui fait de Mbackiou Faye, businessman véreux, un grand représentant religieux. Ce bâtisseur de monument est aussi constructeur de mosquée, figurez-vous?! Un cumul de fonctions inédit dans l’histoire de la jurisprudence confrérique. Le 12 décembre prochain, chefs religieux, francs-maçons et hommes d’affaires s’uniront pour inaugurer ce qui fait le symbole de cette unité, la statue de la renaissance. Avant le 12 décembre, il y a la marche de l’opposition du 6 novembre. Je suis d’avis que ce qui nous unit au-delà des contingences partisanes, c’est l’amour que nous avons pour ce pays et notre peur de le voir tomber en déchéance. Nous avions pensé de Senghor et Abdou Diouf qu’ils étaient de mauvais présidents. Abdoulaye Wade n’est pas un mauvais président. Il n’est pas un président du tout. C’est un chef de clan. Accablé par ses propres performances, il semble qu’il veuille terminer sa carrière dans la comédie.
SJD

 


Seneweb.com - Copyright � 1999 - 2008 , Tous droits r�serv�s.

 





Par illassa.benoit - Publié dans : EDITORIAL
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Recommander

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés