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Le président français Nicolas Sarkozy et son homologue sénégalais Abdoulaye Wade, le 26 juillet à Dakar
© AFP Patrick Kovarik
DAKAR (AFP) - jeudi 26 juillet 2007 - 17h40 - Le président français Nicolas Sarkozy, en provenance de Libye, a entamé jeudi son premier voyage de chef d'Etat en Afrique subsaharienne avec comme première étape le Sénégal, où il doit détailler les grands axes de la nouvelle politique africaine de la France.

Arrivé en début d'après-midi à Dakar, M. Sarkozy a été accueilli à l'aéroport Léopold Sédar Senghor par son homologue sénégalais Abdoulaye Wade. Il devait ensuite rejoindre le centre-ville où plusieurs centaines de personnes munies de fanions sénégalais et français se préparaient à recevoir les deux chefs d'Etat.

Après des entretiens avec M. Wade à la présidence, le président français doit exposer en fin de journée sa vision du nouveau "partenariat" qu'il appelle de ses voeux entre la France et le continent africain, dans un discours à l'université Cheikh Anta Diop.

"J'ai le souci de moderniser les relations qu'entretient la France avec ses partenaires africains (...) et d'en chasser les vieux démons du clientélisme, du paternalisme et de l'assistanat", a-t-il déclaré dans un entretien accordé au quotidien pro-gouvernemental sénégalais Le Soleil paru jeudi.

"Ces nouveaux rapports doivent se traduire par des relations amicales, constructives et décomplexées", a poursuivi M. Sarkozy, élu le 6 mai dernier.

"Nous ne devons plus accepter que l'aide au développement puisse devenir une prime à la mauvaise gouvernance", a-t-il également expliqué dans un autre entretien accordé au quotidien privé Wal-Fadjiri.

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La carte du Sénégal
© AFP/infographie
Des propos apparemment bien accueillis au Sénégal en dépit des tensions provoquées par le durcissement de la politique migratoire de la France.

"Nous attendons de la France une coopération plus concrète et plus pragmatique, comme le souhaite M. Sarkozy. Cela ira dans le sens d'une plus grande clarté de l'engagement français en Afrique", a déclaré à l'AFP Amadou Sall, porte-parole de la présidence sénégalaise.

Nicolas Sarkozy est également attendu sur le dossier du jugement au Sénégal de l'ancien dictateur tchadien Hissène Habré, accusé de crimes contre l'humanité. M. Habré est exilé à Dakar depuis son renversement en 1990.

Plusieurs ONG internationales et de victimes tchadiennes ont exhorté ces derniers jours le président français à encourager son homologue sénégalais dans le sens de la mise en place rapide d'un calendrier pour une procédure, au point mort depuis plusieurs mois.

L'Assemblée sénégalaise a voté fin janvier des lois introduisant une compétence universelle ouvrant la voie à un procès Habré devant la justice locale, mais celle-ci tarde à annoncer la date du début de l'instruction.

Présente à Dakar, la secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme, Rama Yade, a annoncé qu'elle allait "aborder" le cas Habré et proposer notamment "une aide matérielle et logistique de la France pour organiser et financer le procès", dans un entretien au quotidien français Le Figaro paru jeudi.

"Le président Wade a indiqué que le procès aura lieu d'ici trois ans. Cela ne satisfait pas les parties civiles tchadiennes. Ce délai est, il est vrai, trop long, car les victimes ne peuvent plus attendre. Certaines sont déjà mortes; il n'y a pas de temps à perdre", a-t-elle assuré.

D'origine sénégalaise, Mme Yade accompagne M. Sarkozy au sein d'une délégation comprenant également le secrétaire d'Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel, mais pas Brice Hortefeux (Immigration et Identité nationale).

La délégation se rendra ensuite vendredi matin au Gabon, autre ancienne colonie française avec laquelle la France entretient des relations privilégiées. M. Sarkozy devrait rejoindre Paris vendredi soir, selon le programme publié par l'Elysée.

 

 

Tag(s) : #Politique Internationale

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