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BENIN – Aff. AHOSSI c/ CHABI SIKA : Boni YAYI a été contraint de saisir l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC)

Cotonou, le 30 janvier 2015

Le Secrétaire Général du Gouvernement


Au


Président de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption.
Cotonou
.

Objet : Invitation de votre Institution à se saisir du dossier relatif aux accusations
de l’Honorable Député Léon AHOSSI contre son collègue CHABI SIKA.

Monsieur le Président,


J’ai le plaisir de vous saisir sur instruction de Monsieur le Président de la République sur la lettre ouverte que l’Honorable Député Léon AHOSSI a bien voulu lui adresser dans certains journaux parus le 27 janvier 2015.


Dans sa lettre ouverte du 27 janvier 2015, l’Honorable Député Léon AHOSSI fait état des relations d’affaires que son collègue CHABI SIKA aurait contractées avec l’opérateur technologique GEMALTO qu’il a proposé à COS-LEPI. Cette relation d’affaire aurait débouché sur des versements d’argent à une société dont serait propriétaire majoritaire son collègue CHABI SIKA. Par ces révélations, l’Honorable Député Léon AHOSSI met gravement en cause la probité et l’intégrité de son collègue.
En outre, il insinue dans sa lettre avoir porté ces faits graves à la connaissance du Président de la République dans la lettre qu’il lui a adressée le 09 septembre 2014 sans aucune réaction de ce dernier ce qui témoignerait de la complaisance coupable du Président de la République à l’endroit de l’Honorable CHABI SIKA. La réalité des faits est que contrairement à ce qu’il prétend, dans sa lettre du 09 septembre 2014, le Député AHOSSI n’a aucunement parlé de son collègue CHABI SIKA encore moins de ses relations d’affaire avec GEMALTO.
Ainsi, c’est en lisant dans les journaux du 27 janvier 2015 la lettre ouverte que le Président de la République a pris connaissance des accusations de l’Honorable Député Léon AHOSSI à l’encontre de son collègue. Sa tentative de faire croire qu’il aurait alerté le Président de la République dans sa lettre du 09 septembre 2014 sur le comportement de l’Honorable CHABI SIKA est du pur mensonge, relève de l’intoxication et traduit sa volonté de nuire au Président de la République en semant dans les esprits le doute quant à la volonté du Président de la République de combattre la corruption d’où qu’elle vienne et son socle et corolaire l’impunité.
A ce propos, je voudrais rappeler avec insistance que l’un des fondements de la vision politique, économique et sociale du Président de la République, reste la dialectique entre la lutte contre l’impunité et la lutte pour l’élimination de la pauvreté. Ainsi, dans les conditions de notre pays, il ne saurait avoir de développement sans l’éradication substantielle de la corruption. Et c’est tout le sens du combat soutenu du Président de la République aux côtés des femmes et hommes de bonne volonté pour qu’en son temps, la loi contre la corruption ait été votée dans notre pays et l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption installée.
Le combat contre la corruption et son corolaire l’impunité doit se poursuivre sans autre considération que la recherche et l’atteinte de la justice.
C’est pourquoi, Monsieur le Président de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption, au regard de l’exceptionnelle gravité des faits dont l’Honorable Député Léon AHOSSI accuse son collègue CHABI SIKA, je vous invite instamment et usant des prérogatives que vous confère la loi n° 2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin, à vous saisir diligemment de ce dossier en vue d’écouter tous les protagonistes de cette affaire pour éclairer le peuple Béninois afin que les sanctions, si elles devraient avoir lieu, tombent car nul n’est au-dessus des lois de la République quelles que soient sa condition sociale, son origine ou sa confession religieuse.
Cette diligence hautement salutaire de votre Institution, viendra heureusement conforter l’engagement du Gouvernement qui s’est traduit par l’enquête en cours initiée par le Ministre de l’Economie, des Finances et des Programmes de Dénationalisation à travers l’Inspection Générale des Finances pour vérifier les comptes de COS-LEPI et qui aboutira à un audit général à la fin du mandat de COS-LEPI conformément aux prescriptions de la loi.
En tout état de cause, l’Etat Béninois aura mis à la disposition de COS-LEPI plus de 13,5 milliards de francs CFA. L’importance de cet argent du contribuable Béninois et la morale exigent une reddition de compte qui interviendra immanquablement. Il s’agit d’une obligation qui découle non seulement de la loi mais également de l’engagement du Gouvernement à combattre l’impunité.
Le second volet de l’engagement du Gouvernement à contribuer à faire la lumière sur la gestion qui a cours à COS-LEPI a consisté en la saisine immédiate du Ministre de l’Economie, des Finances et des Programmes de Dénationalisation de son homologue français à la suite des informations parues dans « Jeune Afrique », publication hors-série numéro 2816-2817 du 28 décembre 2014 au 10 janvier 2015. En effet, « Jeune Afrique » a révélé que deux (02) Députés de COS-LEPI seraient dans le collimateur de TRACFIN (Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits Financiers Clandestins) en raison de leurs activités financières peu orthodoxes. Le Bénin est donc en attente des informations demandées. Dès que ces informations parviendront au Gouvernement, elles seront portées à la connaissance de votre Institution afin de contribuer à l’éclairage de notre peuple.
Par ailleurs, Monsieur le Président de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption, il nous parait opportun d’attirer votre attention sur l’information selon laquelle un groupe électrogène aurait été livré au COS-LEPI par la Société Open Vista Technology sous la gestion d’un proche parent de l’Honorable Député Léon AHOSSI. Ce dernier aurait réclamé le loyer du groupe à COS-LEPI par l’entremise d’un huissier de justice nonobstant son état défectueux. Je vous saurai gré des dispositions que vous voudriez bien prendre pour que cette information soit vérifiée et versée au dossier.
D’autre part, il nous parait judicieux et indispensable pour élucider cette affaire de l’Honorable Député Léon AHOSSI contre son collègue CHABI SIKA, que toutes les structures en charge de la lutte contre la corruption se mettent en synergie pour conjuguer leurs efforts car aucune initiative ne sera de trop dans ce combat national contre la mauvaise gouvernance dont votre Institution est en charge au premier chef.
Dans cette perspective, le Procureur de la République devra être sollicité dans la sphère de ses compétences pour connaître également de ce dossier et se joindre ainsi à cette croisade que le Président de la République appelle de tous ses vœux pour le triomphe de la justice et de la vérité dans ce combat implacable contre la corruption en général et singulièrement dans l’affaire Léon AHOSSI/CHABI SIKA/COS-LEPI.
Le peuple Béninois attend aujourd’hui de connaître la vérité et rien que la vérité sur les tenants et les aboutissants de ce dossier. Le Gouvernement est décidé à jouer pleinement sa partition pour que la lumière soit faite. Il est prêt à accompagner, Monsieur le Président, votre Institution pour surmonter les obstacles matériels et financiers afin de parvenir à la manifestation de la vérité et de prononcer les sanctions appropriées.
En espérant que vous mettrez diligemment tout en œuvre pour élucider ces dossiers dans l’impartialité et l’indépendance qui caractérisent votre Institution, je vous renouvelle, Monsieur le Président, au nom du Président de la République, ses vœux de bonne et heureuse année pour vous, votre famille et votre Institution.

Alassani TIGRI

Copie : PR à titre de compte rendu.

BENIN – Aff. AHOSSI c/ CHABI SIKA : Boni YAYI a été contraint de saisir l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC)
Tag(s) : #Politique Béninoise

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