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 L'athéïsme vérité ou illusion transcendantale 

Des centaines de millions de personnes croient en Dieu et malgré la débauche d'énergie et l'énorme production littéraire des plus zélés des croyants, aucun n'a encore pu et ne pourra jamais démontrer l'existence de la moindre parcelle du bout de sa queue. Car, après tout, pourquoi n'aurait-il pas une queue?
Le piège serait de vouloir prouver l'inexistence de Dieu. Il est en effet impossible de démontrer que quelque chose qui, par définition, ne respecte pas les lois de l'Univers et n'interagit pas avec lui, n'existe pas. Inutile, donc, de perdre son temps.
Autre conséquence, on n'a pas besoin de preuve pour ne pas croire que Dieu existe.
C'est aux croyants de prouver son existence.
Si un jour, Dieu daigne se montrer, il sera toujours temps de prendre connaissance de son "programme" et de devenir, selon le cas, un militant, un sympathisant, un indifférent, un opposant ou un esclave, mais en aucun cas un croyant.

L'homme animal
Quelques milliards d'années après le big-bang, l'homme est apparu sur Terre. N'en déplaise à beaucoup, l'homme n'est qu'un animal, certes doté d'une intelligence et d'une conscience plus évoluées que celles de ses voisins et colocataires de la planète. Dans le règne animal, l'intelligence est présente partout, mais à des degrés très différents. De même, entre le premier être vivant monocellulaire et l'homme, il y a place pour de multiples formes de conscience. Mais l'homme est sans doute le seul animal (mais peut-on en être certain ?) qui ait conscience, dès sa jeunesse, de la fin inéluctable de sa propre existence.

De la conscience à la peur
L'homme sait qu'il va mourir et que ses jours sont comptés. Cette idée lui apparaît comme insupportable. C'est une des rares et intangibles certitudes de la vie. Plus l'homme se développe, plus le champ d'investigation de son intelligence s'élargit, plus il découvre sa petitesse et l'étendue de son ignorance. Il n'est qu'un fétu de paille sur l'océan, un grain de sable dans le désert, une poussière dans l'univers. Le décalage entre ses capacités intellectuelles et ce qu'il est réellement est trop important. L'homme a peur, peur de la mort, du néant qui lui succède, des innombrables questions sans réponse, de son ignorance, de ses incertitudes…

De la peur et de l'ignorance aux croyances
Les croyances sont rapidement apparues à l'homme comme les remèdes les plus simples et les plus efficaces contre ses peurs, ses ignorances et ses angoisses. Ces solutions miracles ont comme caractéristiques de ne s'appuyer sur aucun fait réel ou d'être une interprétation erronée de la réalité. C'est le règne du surnaturel, de l'irrationnel, du paranormal, des superstitions, de l'ésotérisme, des préjugés, du "prêt-à-penser"...
Les croyances ont des formes très variées, mais elles ont souvent comme point commun d'apporter une médiation avec l' "Au-delà", c'est-à-dire ce qui est hors de la vie sur terre ou de l'univers connu. L'homme y trouve un réconfort facile par l'espérance en une autre vie après la mort ainsi que des prétendues réponses à toutes ses questions. Mais croire, pour oublier de penser à sa mort, à sa petitesse ou substituer à son ignorance d'encore plus incompréhensible, c'était arrêter de penser. L'homme cessa alors de grandir.

Le temps des dieux
Peu à peu les croyances s'organisèrent, au gré des civilisations, des conquêtes et des empires. Après les esprits des ancêtres, les dieux apparurent, censés apporter aux angoisses humaines une réponse plus cohérente qu'un foisonnement de croyances, souvent locales. Un autre rôle leur fut dévolu : légitimer le pouvoir établi. La religion orchestra peu à peu le pouvoir des dieux sur l'homme (en fait d'hommes sur d'autres hommes), étroitement mêlé au pouvoir politique.
L'évolution suivante conduisit à une simplification, avec un Dieu désormais unique. Les dieux de l'Olympe moururent et devinrent mythologie.

Le règne des religions
Le développement de l'humanité fut retardé de manière durable. Véritables injures à l'intelligence et parasite de la conscience, les religions sont un passage obligé dans l'évolution de l'homme, une étape, un mal nécessaire, une crise d'adolescence. De nombreux auteurs ont réussi à démontrer la supercherie des sectes "petit ou grand public", à mettre en évidence leurs incohérences, leurs contradictions et leurs méfaits. Dans quelques rares pays comme la France, le combat pour la laïcité a permis de reconduire et contenir à peu près la religion en dehors de la vie civique et politique. Cependant le pouvoir des religions et leur emprise sur les consciences sont restés presque intacts.
Parallèlement, d'autres croyances, comme les superstitions, l'astrologie, l'ésotérisme ont survécu et sont parfois florissantes.

"Crédule-business"
L'athée qui flâne dans les librairies a de quoi être stupéfait par la quantité de livres publiés les défenseurs d'une religion, d'un Dieu ou d'une croyance quelconque, en profitant du désarroi des lecteurs auxquels ils s'adressent, pour faire du "crédule-business".
Heureusement la quantité ne fait pas la qualité. Mais celui qui est prêt à se raccrocher à n'importe quelle imposture intellectuelle parée de "merveilleux" pour soulager son mal-être est-il en mesure de choisir en connaissance de cause?

Nausée
Face à cette débauche littéraire on peut être pris d'une profonde nausée.
Nausée de voir autant d'énergie déployée pour une cause vaine. Nausée de voir tant d'hommes, en toute bonne foi, gâcher leur vie pour prier le néant. Nausée devant ces millions d'hommes qui, chaque jour, s'humilient en s'agenouillant ou en se prosternant devant leurs idoles et leurs totems. Nausée de toutes ces guerres de religion passées, présentes et, à venir. Nausée devant tous ces morts au nom de Dieu, c'est-à-dire de rien.
Pour un peu, l'athée écoeuré serait prêt à s'écrier: "Dieu! Montre-toi et dis-leur que tu n'existes pas et que tout cela est vain."

Un jour viendra
Heureusement, l'intelligence de l'homme permet à la connaissance de se développer, de reculer sans cesse les frontières de la science et de repousser Dieu dans ses derniers retranchements. Mais cela n'est pas suffisant pour tuer les croyances. L'homme doit aussi apprendre à penser par lui-même et à faire preuve d'un esprit critique, sans cesse aux aguets, afin de repérer toutes les formes de manipulation et d'endormissement de la raison. Seule une éducation pour tous, laïque et avec des moyens suffisants permettra à l'homme d'amener son sens critique à maturité et de l'exercer pleinement, en toutes circonstances.
Un jour viendra où l'homme sera enfin majuscule, c'est-à-dire adulte et rangera définitivement les Dieux, les croyances et les religions au fond de la cave, dans le coffre des mythologies.

Le deuil de son immortalité
Horrifiés, les croyants ne manqueront pas de s'écrier : "On ne peut pas vivre sans Dieu, sans foi!"
Ce qu'ils oublient, c'est que des millions d'athées dans le monde vivent déjà sans Dieu. C'est donc possible, de même que vivre sans foi est possible. Il y a cependant une condition, un point de passage obligé. Mettre la religion à la corbeille est le plus facile, mais tuer Dieu, c'est un peu se tuer soi-même ou, plus exactement, c'est renoncer à l'espérance de l'éternité. Celui qui ne croit pas se retrouve face à lui-même, simple mortel, grain de poussière dans l'immensité qui l'entoure. La mort l'attend. Il le sait, comme il sait qu'il n'y a rien après. De même que l'on fait le deuil d'un être cher disparu, l'athée doit faire, par anticipation, son propre deuil, ou plus exactement le deuil de son immortalité et accepter de n'être qu'un simple mortel. C'est ce deuil, ce moment d'infinie humilité qui lui permettra de s'épanouir dans la vie terrestre, la vraie, la seule, à la recherche du bonheur et du progrès de l'humanité.

Morale
L'athée n'est pas un homme immoral, contrairement à ce que pensent souvent ou voudraient faire admettre les croyants. Bien que ce soit un de leur fond de commerce, les religions n'ont pas le monopole de la morale ou de l'éthique. Elles ont le monopole d'une morale contre nature qui méprise et avilit l'individu. Les règles permettant aux individus de vivre de manière harmonieuse ou en "bonne intelligence" au sein de la société, peuvent être produites par la société elle-même, sous forme de lois, diffusées par l'éducation, la famille… et complétées, dans le respect d'autrui, par l'individu lui-même. La morale n'a nul besoin d'être dictée par une prétendue autorité divine.

Laïcité
L'athée respecte les principes de la laïcité : liberté de conscience (chaque homme est libre de ses croyances), liberté d'expression, tolérance réciproque, droit à la différence, qui sont les seules façons de garantir la paix civile. Il veille à l'indépendance absolue des affaires publiques et de la politique par rapport à la religion et à la stricte séparation des Eglises et des Etats. Il n'est pas anti-religieux, il est anti-clérical, c'est-à-dire contre l'ambition des religions de dominer la vie civique.

Athéisme
L'athéisme n'est pas une foi. Avoir la foi, c'est croire. Au contraire, affirmer sa non-croyance en quelque chose qui est énoncé sans preuve, n'est pas une croyance.
L'athéisme militant a deux objectifs principaux:
- combattre, au côté des laïques, le cléricalisme, c'est-à-dire l'emprise de la religion sur la société civile, en particulier sur l'éducation;
- réveiller, dans un débat d'idées, l'esprit critique des croyants, c'est le meilleur moyen pour les amener à ouvrir les yeux.
Tag(s) : #COUPS DE COEUR

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