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Samedi 30 mai 2009


ASSURANCE- MALADIE : Quelle couverture médicale pour les non-salariés ?


 

Les Omd visent à porter à 50% la population assurée en 2015. Un ambitieux objectif dans la mesure où au Sénégal la couverture maladie peine à atteindre les 20%. Et elle ne concerne que les salariés, retraités et leurs familles.

 

Système d’assurance discriminatoire !

 

Ainsi peut-on qualifier l’assurance-maladie au Sénégal. En effet, la couverture du risque maladie y est très faible. Elle touche moins de 20 % de la population à savoir les salariés, retraités et leurs familles. Lesquels sont répartis entre l’Etat, les Ipm (Institutions de prévoyance maladie) et les assurances privées. Les 80 % restants sont laissés à eux-mêmes. Ils ne bénéficient d’aucune couverture maladie. « Il ne reste alors que les mutuelles pour assurer la couverture médicale de la majorité de la population », soutient le docteur Fily Wagué du ministère de la Santé, de la Prévention et de l’Hygiène publique. Mais, elle reconnaît d’emblée la complexité de la tâche, notamment avec « le secteur informel qui, argumente-t-elle, est difficile à gérer ».

 

Alors, comment arriver à étendre la couverture maladie à tous ? C’est sur cette question que s’est articulé le symposium sur l’assurance-maladie au Sénégal, qui a été, jeudi 28 mai 2009, l’un des temps forts des journées médicales de l’Hôpital Principal de Dakar (28-30 mai 2009). « Il faut d’abord une volonté politique », lance Mme Couty Fall. Dans sa présentation sur : « Problématique du financement de l’assurance-maladie : quelles réformes à envisager », elle indique que la solidarité et l’équité sont aussi d’autres canaux à emprunter pour arriver à une extension de la couverture maladie au Sénégal. Aussi, estime-t-elle que « le système doit être simple et les cotisations accessibles ». En plus, l’implication de tous (assureurs, assurés, prestataires) est une nécessité.

 

Protection sociale

 

Pour Youssoupha Wade, président du Conseil national pour le dialogue social (Cnds), il se pose globalement au Sénégal, un problème de protection sociale dans la mesure où l’on évolue dans un contexte dont l’offre est marquée par une absence de politique cohérente et une demande devant faire face aux coûts d’accès aux soins de santé très élevés.

Evoquant l’expérience réussie avec les transporteurs qui sont parvenus à mettre en place une mutuelle de santé, M. Wade, qui a articulé son exposé sur « L’assurance-maladie dans les pays en voie de développement », a démontré que malgré les difficultés, il existe bien des solutions. Et il a donné l’exemple de la création d’un cadre de concertation plus large pour promouvoir le dialogue. Ce qui a permis de réussir l’expérience tentée avec les transports, laquelle intéresse aujourd’hui les ruraux.

Selon le président du Cnds, la mutuelle des chauffeurs, qui regroupe 400.000 membres, se porte bien. « Ils ont juste besoin d’encadrement », a-t-il dit. Mais, l’enjeu est d’arriver aujourd’hui, selon Mme Couty Fall, à proposer un système de micro assurance/santé avec une gestion professionnalisée, un schéma financier à moyen terme et moyennant des cotisations accessibles. Seulement, si on veut promouvoir la micro assurance et la généraliser, « il faut quelqu’un qui finance », indique l’ex-directrice de la Caisse de sécurité sociale.

Il s’agit incontestablement de l’Etat, d’autant qu’il a l’obligation de veiller à la bonne marche des Ipm, mutuelles, etc. Et elle préconise de prélever des taxes sur les billets d’avion comme on a fait pour financer la construction de l’aéroport Blaise Diagne de Diass.

 

Améliorer le taux de couverture

 

Arriver à une assurance-maladie universelle relevant pour l’instant d’une utopie, des stratégies sont initiées pour améliorer le taux de couverture. Entre autres, le Dr Fily Wagué du ministère de la Santé, de la Prévention et de l’Hygiène publique, cite le système de gratuité avec le plan « Sésame », la gratuité des césariennes et accouchements, la prise en charge des indigents. Elle pense aussi qu’il faut réformer les textes sur l’assurance maladie obligatoire et développer l’assurance maladie volontaire.

Selon elle, l’extension de la couverture médicale passe aussi par une collaboration avec les collectivités locales notamment dans le cadre de la décentralisation de l’assurance maladie.

Quant à Couty Fall, elle estime que la solution réside dans le rééquilibrage du dispositif. « Il faut du contrôle médical et de la régulation », affirme-t-elle. Et elle donne l’exemple des Ipm qui collectent beaucoup de fonds. « Mais, qui contrôle ? », s’interroge-t-elle. Et d’ajouter : « pour une gouvernance des systèmes d’assurance, il y a nécessité d’un corps professionnel de contrôle : des médecins conseils ».

 


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Tag(s) : #Politique Africaine

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