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06/05/2013

 

Evaux-les-Bains se pique au jeu du bien-être

 

 


C'est un vent nouveau qui souffle sur le Grand Hôtel d'Evaux-les Bains (deux étoiles), petite station thermale de la Creuse qui accueille près de 3 000 curistes chaque année. Ce lieu qui respire la Belle Epoque propose depuis juillet 2010 un spa de 638 m2, partie aqualudique comprise, avec six cabines de soins, un hammam, un jacuzzi et un sauna.



Relié par un ascenseur à l'établissement, Evahona tranche avec l'atmosphère un peu désuète du lieu, même si le code couleurs, blanc et bleu, est encore très inspiré par le cadre thermal. Car la station tient à son positionnement « santé » avec ses deux spécialités phares, la rhumatologie et la phlébologie, assure le médecin et conseiller général François Radigon, à la tête de la Société d'économie mixte qui gère le complexe. Reste à trouver une place au centre de bien-être, sur lequel ses exploitants fondent de grands espoirs de développement.

 

 

« Il faut être prudent : le bien-être n'est toujours pas une activité rentable, mais nous sommes dans un secteur qui bouge énormément. Nous devons sans cesse nous adapter. », admet Alex Gbogbohoundada, le directeur du Grand Hôtel. La Sem a fait appel cette année à une agence de communication pour rajeunir l'image de la station. Un slogan résume le nouveau positionnement : « un complexe 3 en 1 pour votre confort ». Bref, il s'agit d'intégrer commercialement à la fois les thermes, le bien-être et l'hébergement. Ambitieux ? Sans doute, car les publics visés ne sont pas tout à fait les mêmes.

 

« Au départ, nous voulions attirer de nouveaux curistes « 18 jours », pensant que nous avions là une clientèle captive qui remplirait le centre. Mais il nous faut aller plus loin. », ajoute l'hôtelier, qui souhaite toucher les 25/50 ans. Pour cela, il compte sur ses séjours week-end, dont l'un d'entre eux comporte deux nuits, deux jours de soins et un dîner aux chandelles*. Mais la spécialité du complexe thermal sera aussi ses forfaits santé 6, 9 et 12 jours, pour attirer les curistes de trois semaines sur de courtes périodes. Sans prise en charge par la sécurité sociale, cette fois. Un pari que prennent aujourd'hui de nombreuses stations thermales pour diversifier leur clientèle.

 

Une capacité d'hébergement encore réduite

 

A Evaux-les-Bains, ce beau projet bute toutefois sur la capacité d'hébergement de la station : ce sont essentiellement les curistes qui assurent aujourd'hui le remplissage du plus grand hôtel de la Creuse (61 chambres). Et l'établissement ferme l'hiver, tout comme les thermes, alors que le spa continue de fonctionner avec un chiffre d'affaires de 400 000 euros en 2011. Mais ses exploitants tiennent à la continuité de son activité, dont plus de 75% sont réalisés en bons cadeaux au cours du mois de décembre. Preuve que la formule bien-être séduit une clientèle de proximité. « Nous avons voulu rester dans une zone géographique qui est typiquement creusoise. D'abord, parce que notre clientèle est locale. Ensuite, parce que l'offre n'est pas encore suffisamment attractive pour attirer un public plus éloigné. », explique Alex Gbogbohoundada.

 

Depuis 2010, la carte des soins a évolué, plus orientée « rituels du monde » : la marque de cosmétiques naturels Equatoria a été préférée à Sothys, histoire de renforcer le côté « exotique » de l'offre. Les tarifs proposés se situent volontairement dans la moyenne gamme, avec des rituels de deux heures facturés entre 115 et 149 euros. Des tarifs qui ne semblent pas rebuter les clients, même si le spa n'a pas encore le même succès ici, dans l'un des départements les moins peuplés de France, que dans les centres urbains. Mais la concurrence s'annonce rude. Entre le centre aqualudique de la Loue, près de Montluçon, et le futur centre thermoludique de Néris-les-Bains, « Les Nériades », dont l'ouverture est prévue avant l'été 2013, les exploitants d'Evahona auront fort à faire dans les années à venir pour exister. D'autant qu'ils n'ont pas encore utilisé leur principal argument : l'eau thermale, dont le spa en est encore dépourvu pour des raisons techniques. Une incohérence qui devrait être corrigée l'an prochain. Avec, à la clé, un bassin extérieur.

 

Georges Margossian

 

* 279 euros par personne.

 


Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © (2012) SVS Edition.

 

 
 
 
 
 
Tag(s) : #Contribution de la Diaspora

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