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31/05/2010

 

TORTURÉS PAR LEURS ÉPOUSES: Des hommes brisent le silence

 

 

 

 

La violence faite aux hommes. On en parle rarement. Celle-ci se matérialise sous divers angles. Incursion dans le microcosme des relations conjugales où des hommes vivent « l'enfer ». « Cela fait cinq ans que je vis dans une situation très difficile avec une épouse qui passe tout son temps à m'insulter. Je ne veux pas que les voisins sachent le supplice que je subis. Je n'ai plus envie de vivre avec elle. Si ce n'était pas mes six enfants, j'aurai divorcé depuis longtemps ». Cette stupéfiante confession émane de la bouche d'un enseignant qui souffle le martyr dans son ménage. La voix meurtrie, le visage émacié, les cheveux blanchis par la souffrance pernicieuse dans laquelle il végète, Mor Talla vit mal. Il lui arrive même de penser à se suicider. Intérieurement, quelque chose l'en dissuadait.

C'est cette foi qu'il avait en bandoulière. Interpellé sur les mobiles qui sous-tendent le comportement de sa femme, Mor Talla est formel : « Ce sont mes ennemis qui l'ont maraboutée », lâche-t-il les poings fermés. Le regard hagard, notre interlocuteur se résigne à son sort. N'empêche, il crie sur tous les toits qu'il aime à mort sa femme. Son épouse est d'une forme généreuse qui pourrait même faire abjurer un saint. Autre personne, autre cas.

 

Elle me prive de sexe

 

Moussa, que les intimes appellent "Moïse", fait partie de ces hommes que leurs épouses en font voir de toutes les couleurs. Il se laisse aller à des confidences qui inspirent compassion. Cet homme âgé de près de 65 ans avait la certitude qu'en épousant une fille de 20 ans, il recouvrerait une seconde jeunesse. Que non ! Cette jeune dame l'astreint à une vie difficile. Selon certaines indiscrétions, à chaque fois qu'on entend le vieux râler, c'est qu'il est privé d'une chose capitale : "la nourriture biologique". Le sexagénaire confie à un de ses amis son mal-vivre : « Il m'empêche d'adorer le créateur ».

Une forme imagée et polie pour dire qu'il est sevré de sexe et empêché de satisfaire ses pulsions libidinales. Selon toujours son compagnon, Moïse a commis l'erreur de sa vie en se mariant à une femme qui a l'âge de sa fille. Les mésaventures divergent. Alassane, mécanicien de son état, a eu la malchance de tomber sur une fille qui ne l'aime guère malgré le mariage qui les lie. Il ne cache pas le drame intérieur qui le rend malade. Il ne se fait pas prier pour étaler le détresse : « On ne se marie pas pour vivre dans le malheur de manière permanente.

J'ai une femme qui me torture en me servant des plats désagréables. Elle ne rate jamais l'occasion d'ouvrir le feu sur moi, surtout lorsque je rentre les poches vides. Dès fois, elle n'hésite pas à me donner des coups de poing pour moi qui ai subi deux opérations chirurgicales au ventre. Ses enfants semblent même comprendre son calvaire : « Maman fatigue trop papa », lâche l'une de ses filles. Tous ceux qui ont essayé de le raisonner ont fini par être l'ennemi de son épouse.

Mamadou, l'un de ses frères, semble ne plus se soucier de son malaise : « Mon grand frère ne nous honore point. À cause de son épouse, il a des différends avec tous les membres de notre famille ». Et son frère de témoigner : « La femme d'Alassane crie sur tous les toits qu'elle a dompté son mari. Elle déclare savoir là où le tenir. Et notre interlocuteur de nous chuchoter à l'oreille : « le grand aime les pagnes coquins (béthio en wolof).

 

Assurer le ventre et le bas-ventre

 

Interpellé sur la violence faite aux hommes, Baye Mass, polygame ayant en sa charge quatre épouses est d'avis qu'il y a des fondamentaux à asseoir dans un ménage. Selon lui : « L'Amour doit être d'abord le socle de cette union. Au-delà de ça, il y a deux exigences à assurer : le ventre et le bas-ventre ». Baye Mass s'enorgueillit de ne pas avoir des contradictions majeures avec ses dulcinées ».

En guise de conseils aux femmes, il leur dit ceci : « Vos époux sont vos seigneurs, faites leur plaisir dans tous les domaines. Ainsi, vos progénitures seront récompensées ». Que cela ne tienne ! Pour le chauffeur Serigne Tacko, sa conviction est celle-ci : « je ne peux pas être maltraité par mon patron et à la maison vassalisé par une femme qui est logée, nourrie, blanchie et dorlotée ».

En cette quinzaine de la femme, ces hommes qui sont victimes de violence ont là une excellente occasion pour dire à la gent féminine : « Nous aussi, nous sommes violentés ». Dans tous les cas, la vague de la violence faite aux hommes est loin de s'estomper. Des Sénégalais avaient l'outrecuidance de mettre sur pied une structure dénommée « Association des maris battus ». On ne les entend plus. Peut-être le bâton n'est plus de mise avec la parité.

 

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